La nativité de Jésus
« Elle devint enceinte de l'enfant puis elle se retira avec lui dans un lieu éloigné. Les douleurs la surprirent auprès du tronc du palmier. Elle dit : "Malheur à moi ! Que ne suis-je déjà morte, totalement oubliée !".
L'enfant qui se trouvait à ses pieds l'appela : "Ne t'attriste pas ! Ton Seigneur a fait jaillir un ruisseau à tes pieds. Secoue vers toi le tronc du palmier ; il fera tomber sur, toi des dattes fraîches et mûres. Mange, bois et cesse de pleurer.
Lorsque tu verras quelque mortel, dis : "J'ai voué un jeûne au Miséricordieux ; je ne parlerai à personne aujourd'hui" »
(Coran 19, 22-26)
Douleurs de l'enfantement, consolations reçues de Jésus lui-même, eau courante et dattes fraîches enfin proposées pour tout oublier : tout se passe dans l'intimité d'un premier dialogue entre la mère et l'enfant, avant que ne soit promis le grand "jeûne de la parole".
Les calomnies subies par Marie
On sait que, très tôt, des traditions juives ont accusé Marie des fautes les plus graves : fornication, maternité illégitime, etc... ; le Coran se fait l'écho de ces calomnies et prend farouchement la défense de Marie. Celle-ci, soupçonnée par les siens, semble inviter le nouveau-né à prendre sa défense.
« Elle se rendit auprès des siens, en portant l'enfant.
Ils dirent : "O Marie ! Tu as fait quelque chose de monstrueux ! O soeur d'Aaron ! Ton père n'était pas un homme mauvais et ta mère n'était pas une prostituée".
Elle fit signe au nouveau-né et ils dirent alors : "Comment parlerions-nous à un petit enfant au berceau ?".
Celui-ci dit : "Je suis, en vérité, le serviteur de Dieu. Il m'a donné le Livre ; il a fait de moi un Prophète ; il m'a béni, où que je sois. Il m'a recommandé la prière et l'aumône - tant que je vivrai -et la bonté envers ma mère. Il ne m'a fait ni violent ni malheureux.
Que la Paix soit sur moi, le jour où je naquis ; le jour où je mourrai ; le jour où je serai ressuscité" »
(Coran 19,27-33)
Le Coran souligne, à dessein, le tragique de la situation : Dieu comble de Sa paix l'enfant et sa mère, qu'Il a faits doux, l'un et l'autre, tandis qu'Il maudit les Juifs « parce qu'ils ont proféré une horrible calomnie contre Marie » (Coran 4,156b).
Preuve supplémentaire, s'il en était besoin, que pour le Coran et l'Islam, Marie est vierge quand elle conçoit.
N.B. Notons combien la paix est associée au nom de Jésus, et ceci dès le commencement de sa vie.
Père Maurice Borrmans