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Vie à Nazareth au quotidien
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L'Exode ou sortie d'Egypte

Le mot « Exode » signifie « sortie au dehors ».

 

Pour se repérer dans la Bible :

Il y a un livre de la Bible qui s’appelle l’Exode et qui raconte la sortie d'Egypte.

Il y a aussi des références au miracle de la mer des roseaux dans le livre de Josué (Jos 4 ; Jos 24). Le récit de l'Exode est repris aussi dans le livre des Nombres ou celui de la Sagesse (très tardif).

 

Moïse et le miracle de la mer :

Les historiens confirment que le nom de Moïse est un nom égyptien (Ex 2, 10).

Moïse eut un différent avec les Egyptiens, et s'enfuit chez les Madianites où il se maria.

Il eut alors une révélation de Yahvé à l'Horeb, et retourna en Egypte : au nom de Yahvé, il appela les descendants des Israélites, qui étaient alors en servitude, à sortir.

En sortant d'Egypte, il  y eut une victoire inespérée, attribuée à Yahvé :

"Les chars de Pharaon et son armée, il les a jetés à la mer, l'élite de ses officiers, la mer des Roseaux l'a engloutie."

(Exode 15, 4)

 

Toutes les tribus n'ont pas participé au miracle de la mer :

Les listes de fils de Jacob ne coïncident pas exactement (Gn 29, 30.49 ou Dt 33). Certains noms bibliques sont des vraiment des noms de personnes, leur structure est connue dans la langue araméenne : Jacob, Isaac, Dan, Gad, Laban...

Mais :

Issachar signifie « l'âne de charge » (Gn 49, 14-15), c'est-à-dire travailleur soumis au tribut : les tables d'Armana indiquent que cette région était cultivée pour le compte de l'Egypte. Ce nom ne remonte donc pas à la période du semi-nomadisme des patriarches mais à l'époque de la sédentarisation.

D'autres noms sont des noms de lieu : Juda, Ephraïm, Nephtali sont des noms de lieu. Donc des clans familiaux ne se sont constitués en tribus qu'après la sédentarisation. De même Benjamin signifie « au sud » : ce sont ceux qui se sont installés au sud des autres.

Ainsi, si ces noms n'ont pu exister qu'après la sédentarisation, il devient difficile de savoir qui a vécu le miracle de mer des roseaux.

 

Il est en général admis que la tradition du miracle de la mer est portée par les fils de Rachel (la maison de Joseph, Ephraim et Benjamin) parce que c'est d'abord à Gilgal, près du Jourdain qu'est commémoré le miracle de la « mer des roseaux » (Jos 4, 23), dans le territoire des fils de Rachel.

 

Au miracle de la mer des Roseaux est associé la traversée du Jourdain, miraculeuse elle aussi (Jos 4).


L'union des tribus autour d'un Credo commun ; l'importance de Débora la prophétesse.

S'il est vrai que les fils de Rachel portent la tradition du miracle de la mer des roseaux, quand ces tribus entrent en Canaan, elles apportent une grande espérance aux autres tribus qui souffrent de la domination des cités-états des plaines cananéennes, et se souviennent de l'incursion du pharaon Merneptah.

Il est aussi possible que les tribus de Léa aient aussi participé à un pèlerinage au Sinaï et vénèrent Yahvé, le Dieu du désert.

 

Selon S.Hermann, c'est Débora, une prophétesse, qui aurait rassemblé pour la première fois les "fils de Léa" et les "fils de Rachel" pour la bataille en Canaan. Le chant de Débora (Jg 5) ne présuppose pas l'union des tribus, mais il y appelle.

 

La "mer des Roseaux", c'est un marais, ou un lac salé. Le miracle est comparable à celui qui a eu lieu avec Débora (Jg 5) quand le Qishon a débordé et que les chars des Cananéens se sont embourbés. Les récits se ressemblent, l'histoire des fils de Rachel devient commune à tous, et un Credo commun se constitue.

 

Signification spirituelle :

Les tribus semi-nomades, soumises aux famines pendant lesquelles elles trouvaient de la nourriture en Egypte, sont sorties de la domination sociale et spirituelle des pharaons et des rois cananéens.

Attachées au Dieu du désert qui donne la manne, les cailles, et guide son peuple, elles ont vécue une révélation si forte qu'elles se sont distancées du mythe et de l’idolâtrie.

 

La période de l’Exode est  marquée par les miracles de Dieu, "ses hauts faits".

La traversée de la mer rouge est racontée comme une création du monde (en Mésopotamie les dieux créent en fendant la mer).

Cette dimension souligne que seule une initiative de Dieu et la rencontre avec le Dieu vivant est à l’origine de l’Exode.

 

Le livre de l'Exode souligne les rencontres avec le Dieu vivant, notamment, pour Moїse dans le Buisson ardent, pour tout le peuple dans le feu et la nuée du Sinaї, dans la colonne de nuée lors de la marche au désert, etc.

 

Cette histoire nous concerne tous :

L’idole est un miroir, une oeuvre humaine qui reflète les pensées humaines. L'Exode est une sortie de soi.

Il y a aussi dans nos vies des évènements où Dieu nous bouscule, avec un Avant et un Après...

 

Spiritualité de l'Exode, logique de l'histoire :

On peut parler de la spiritualité de l’Exode jusqu'à David et même jusqu'à Elie qui constitue une charnière.

Durant toute cette période,  la victoire et la délivrance donnent au peuple l’assurance d’avoir suivi le bon chemin en sortant de la magie et de l’idolâtrie et en se tournant vers le Dieu de l’Alliance.

 

Les annonces de Marie :

Pour parler le la Vierge Marie, l’Eglise reprendra les grands symboles de cette période de l’histoire :

L’Arche d’Alliance symbolise la marche de l’Exode en la présence de Dieu. Marie est l’Arche d’Alliance car elle porte Dieu.

Marie est aussi le buisson ardent car elle porte Dieu sans se consumer.

Le rôle de Débora dans le rassemblement du peuple préfigure aussi l'importance de Marie pour le rassemblement de l'Eglise.

 


Bibliographie :

Martin Metzger, Breve storia di Israele, editrice queriniana, Brescia 1985, p. 43-66

Jacques Bernard, Les seuils de la foi. Les fondements bibliques. Parole et Silence 2010.


Françoise Breynaert

 


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