Le contexte historique
Le premier Isaїe voit la guerre fratricide (-735) et la chute de Samarie (-721) aux mains de l’Assyrie (Is 28).
Une étape spirituelle qui est un tournant
Son récit de vocation témoigne de l’étape spirituelle nouvelle que Dieu lui fait franchir :
« Va, et tu diras à ce peuple : Ecoutez, écoutez, et ne comprenez pas ; regardez, regardez, et ne discernez pas… »
(Is 6,9)
Ce texte signifie que le peuple ne doit pas revenir à l’ancienne manière de comprendre, au temps des juges ou du roi David, quand les victoires et la réussite de l'histoire était le signe que Dieu était avec nous. Désormais mieux vaut ne pas adorer plutôt que d'adorer un "Dieu" tellement semblable à notre désir qu'il n'est plus qu'une idole.
Dans le temple, Isaїe a une vision : Dieu est Roi
Dieu est saint (Is 6,1-13), c’est-à-dire séparé, autre que ce que l’on croit savoir.
Il est sur un « trône » comme un Roi céleste (c'est la première fois dans la Bible).
Sa gloire ("Kabod") « remplit toute la terre » : Yahvé a un tel poids de présence, qu'il fait le poids de tous les autres rois.
Maître du monde (6,3), il règne même sur les puissances étrangères (Is 10,5-15).
Dieu a un plan pour toutes les nations (14,26-27) et attirera toutes les nations à Jérusalem (2,2-5).
Cette vision a plusieurs conséquences pour le peuple :
Face aux événements et à la sainteté de Dieu il faut reconnaître le péché : péché à propos du culte et sur le plan social ; orgueil (2,11-22 ; 29,13-16) ; aveuglement politique (7,1-9 ; 22,9-12).
Le peuple doit rester ferme dans sa foi : Dieu règne.
Isaїe se situe dans le registre de l’amour : Dieu est l’époux qui aime et soigne Juda comme sa vigne. Isaїe chante l’ami qui prend la défense de l’époux contre sa femme infidèle.
Le salut passe par le roi, descendant de David. Dieu est fidèle à la promesse faite à David par Nathan (Is 38,5, cf. 2S 7).
Déçu par le roi Achaz, Isaïe espère en son fils Ezéquias dont il est probablement le précepteur, et en qui il voit un roi selon le cœur de Dieu (2R 18,1-7).
Isaïe croit au roi qui correspond au Roi céleste, Yahvé. L’avènement de ce roi est annoncé comme un signe du Seigneur (Is 7,10-25). Son règne sera un règne de paix et de prospérité (Is 9,1-6 et 11,1-9).
Cf. Cahier de l’Evangile n°23, Isaїe 1-39
Synthèse F. Breynaert