Les paroles de l'Evangile selon saint Luc :
« Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie. Il entra et lui dit: "Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi." (Lc 1, 26-28)
De là vient la première phrase du « Je vous salue Marie ». « Réjouis-toi, Marie, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » ou bien : « Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous » (à partir du latin « Ave... » : je vous salue)
« En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. Elle entra chez Zacharie et salua Elisabeth. Et il advint, dès qu'Elisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l'enfant tressaillit dans son sein et Elisabeth fut remplie d'Esprit Saint. Alors elle poussa un grand cri et dit: "Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein! (Luc 1, 39-42)
De là vient la seconde phrase du « Je vous salue Marie ». « vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni »
Et c'est ainsi que la tradition en rapprochant les paroles de l'Ange lors de l'Annonciation et celles d'Elisabeth lors de la Visitation a formé « la salutation angélique », commune à l'Eglise d'Orient (depuis le IV° ou V° siècle), et d'Occident (à partir de saint Grégoire le grand †604), orthodoxe et catholique.
La seconde partie de l'Ave Maria en Orient :
Très tôt, l' Eglise d'Orient ajoute aux paroles de l'Evangile :
« tu as donné naissance au sauveur de nos âmes. »
La seconde partie de l'Ave Maria en Occident :
En l'an 1568, avec saint Pie V ajoute aux paroles de l'Evangile :
« Sainte Marie, mère de Dieu, prie pour nous maintenant et à l'heure de notre mort. »
Explication :
Dans l'Evangile, Elisabeth dit à Marie : « Oui, bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur! » (Luc 1, 45), c'est en quelque sorte la « béatification de Marie » ou sa « canonisation ».
Dans le Nouveau Testament, les disciples adorent Jésus et reconnaissent sa divinité, à Alexandrie un papyrus très ancien adresse une prière à Marie « Mère de Dieu », et le concile œcuménique d'Ephèse a donnée à Marie ce titre, qui ne signifie pas "mère de la divinité" mais qui signifie "mère du Verbe incarné."
- « Prie pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort ».
L'Eglise fait l'expérience de l'intercession de Marie. Cette intercession se lit dans l'Evangile des noces de Cana (Jn 2) ; l'Eglise primitive en fait l'expérience (cf. le papyrus du troisième siècle avec la prière « Sub tuum praesidium : Sous l'abri de ta miséricorde »), et cette expérience se poursuit tout au long des siècles.
Françoise Breynaert