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Vie à Nazareth au quotidien
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Les patriarches, mon père était un Araméen errant

Questions historiques (1) :

L'Ancien Testament, comme toute la littérature antique, n'a pas les critères d'historicité que nous avons aujourd'hui. Le présent était projeté sur le passé. On trouve par exemple dans l'Ancien Testament des récits évoquant l'usage du chameau à l'époque des patriarches, or nous savons que le chameau ne fut domestiqué qu'à l'âge du fer. Ou encore, les rapports entre Israël et les Edomites sont projetés sur l'histoire des rapports entre Jacob et Esaü (Gn 25, 27-34).

Il y a donc une partie des récits bibliques concernant les patriarches qui reflètent une étape ultérieure de l'histoire du salut et de la révélation.

 

Patriarches et matriarches :

L'histoire du salut implique les hommes et les femmes. La Bible associe les patriarches aux matriarches. :

Abraham et Sarah.

Isaac et Rebecca.

Jacob et Léa et Rachèle.

 

Les matriarches sont importantes et valorisées, elles sont les mères en Israël.

L'histoire de la révélation s'incarne dans une humanité réelle, riche, équilibrée.

 

"Mon père était un Araméen errant" (2) :

Le Deutéronome (Dt 26, 5-6) comporte une profession de foi qui nous informe que toutes les tribus d'Israël se reconnaissent comme ayant des ancêtres semi-nomades.

 

"Mon père était un Araméen errant qui descendit en Egypte, et c'est en petit nombre qu'il y séjourna, avant d'y devenir une nation grande, puissante et nombreuse. Les Egyptiens nous maltraitèrent, nous brimèrent et nous imposèrent une dure servitude. Nous avons fait appel à Yahvé le Dieu de nos pères. Yahvé entendit notre voix, il vit notre misère, notre peine et notre oppression, et Yahvé nous fit sortir d'Egypte à main forte et à bras étendu, par une grande terreur, des signes et des prodiges. Il nous a conduits ici et nous a donné cette terre, terre qui ruisselle de lait et de miel. Voici que j'apporte maintenant les prémices des produits du sol que tu m'as donné, Yahvé."

(Deutéronome 26, 5-9)

 

Les patriarches fréquentaient les pâturages du désert quand il pleut et recherchaient ensuite une nourriture derrière les moissonneurs des zones cultivées. Ces semi-nomades faisaient donc des transhumances, probablement vers la Syrie, et aussi, comme le dit le texte, vers l'Egypte. A la saison des pluies, avant de pénétrer dans le désert, l'aspersion du troupeau avec le sang d'un agneau était un rite pastoral de protection du troupeau. Les conflits autour des points d'eau étaient cruciaux, par exemple le conflit contre les Amalécites (Ex 17, 8-16). Pendant les sécheresses, le seul refuge était la région du Nil, dont la fertilité ne dépendait pas des pluies.

 

La terre où ces "Araméens errants" se sont sédentarisés est perçue comme un don de Dieu, un don de Yahvé, le Dieu des pères.

Ce Dieu des patriarches est désigné comme

- « le Dieu d'Abraham »,

- « La terreur d'Isaac » (Gn 31, 42.53),

- « le Puissant de Jacob » (Gn 49, 24).

 

Yahvé, le Dieu des pères, se manifestait à eux avec une puissance extraordinaire.

La caractéristique du Dieu des pères est sans doute son lien avec des personnes (et non pas avec des lieux) et le fait qu'il guide l'histoire.

 

Relectures ultérieures :

La ligature d'Isaac est un récit qui reflète l'interdiction des sacrifices d'enfants au Moloch, rites magiques cananéens liés à l'agriculture (donc à la sédentarisation).

La ligature d'Isaac reflète aussi le sursaut de foi et d'espérance quand la descendance d'Israël est menacée par les invasions des grands empires d'Assyrie et de Babylone.

Finalement, la ligature d'Isaac sera perçue par les chrétiens comme une figure du Christ, et les chrétiens se reconnaissent comme fils d'Abraham :

 

Pour rassembler l’humanité dispersée, Dieu élit Abram en l’appelant "hors de son pays, de sa parenté et de sa maison" (Gn 12, 1), pour faire de lui Abraham, c’est-à-dire "le père d’une multitude de nations" (Gn 17, 5) : "En toi seront bénies toutes les nations de la terre" (Gn 12, 3 LXX ; cf. Ga 3, 8).

Catéchisme de l'Eglise catholique 59

 

Le peuple issu d’Abraham sera le dépositaire de la promesse faite aux patriarches, le peuple de l’élection (cf. Rm 11, 28), appelé à préparer le rassemblement, un jour, de tous les enfants de Dieu dans l’unité de l’Église (cf. Jn 11, 52 ; 10, 16) ; il sera la racine sur laquelle seront greffés les païens devenus croyants (cf. Rm 11, 17-18. 24).

Catéchisme de l'Eglise catholique 60

 


Cf. Martin Metzger, Breve storia di Israele, editrice queriniana, Brescia 1985, p.28

Cf. Martin Metzger, Breve storia di Israele, editrice queriniana, Brescia 1985, p. 27-40


Françoise Breynart

 

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