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Marie dans l'Ecriture
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Vue d’ensemble du livre de l’Apocalypse

Une interprétation équilibrée de la femme de l'Apocalypse (Ap 12) demande une vue d'ensemble de ce livre.

La voici très brièvement :

 

L'Apocalypse s'ouvre sur une contemplation du Christ Jésus : comme un fils d'homme, le visage comme le soleil, il a dans la bouche une épée à deux tranchants (la parole de Dieu), il était mort mais il vit (Ap 1).

 

Jésus parle aux Eglises qui vivent au temps de l'auteur, dans l'Asie mineure. Les chrétiens d'origine païenne y sont déjà très nombreux, et, parmi eux, certains Nicolaïtes menacent de détruire l'Eglise d'Ephèse et celle de Pergame (Ap 1, 6.15). Des difficultés viennent aussi de certains chrétiens d'origine juive, notamment dans l'Eglise de Smyrne (Ap 2,9). Avec tendresse, Jésus montre à chacune le défaut à combattre, et quelle sera la récompense du vainqueur, au ciel (Ap 2-3).

 

La vision suivante est justement celle du Ciel. Au Ciel, dans une splendide liturgie, est adoré Dieu le Créateur qui règne, assis sur le trône (Ap 4). Il y a aussi un Agneau immolé devant lequel tous se prosternent : c'est Jésus [1].

Il ouvre les sept sceaux d'un livre scellé (Ap 5).
"Le Livre ouvert est remis à Jean (Ap 10, 8-9) et, à travers lui, à l'Église entière." [2]

 

Jésus, le Verbe de Dieu  interprète l'histoire du salut (Ap 6).

Cette histoire est faite de guerre, de famine et de peste, mais aussi de la justice que réclame le sang des martyrs, et finalement des signes et des fléaux qui correspondent aux discours apocalyptiques des évangiles (cf. Mc 13 et //).

Mais l'histoire du salut n'est pas un échec (Ap 7) : "La victoire est à notre Dieu qui siège sur le trône, et à l'Agneau" chante un grand nombre de fils d'Israël avec une foule innombrable venue d'ailleurs, la foule des nations entrées dans l'histoire du salut.

 

Il y a un silence (Ap 8,1), tout n'est pas dit d'avance. Il y a la prière des saints. Il y a ensuite des bouleversements cosmiques et des fléaux, un jugement (Ap 8-9).

 

Une explication est donnée dans un petit livre (Ap 10, 10). Elle semble ne concerner d'abord que Jérusalem, "la grande ville [...] où le Seigneur fut crucifié" (Ap 11,8). Cette ville est partiellement détruite par un tremblement de terre, il y a un jugement, des chants, puis le temple céleste s'ouvre. Mais l'expression "la grande ville" concerne aussi le monde entier : ce qui est advenu pour Jérusalem arrivera aussi pour le monde entier. Les idoles vont tomber et le monde (Babylone) sera jugé, les marchands de la terre pleureront la chute de Babylone l'idolâtre (Ap 18,11).

 

Le Christ est enfanté dans les douleurs et menacé par le diable (Ap 12, 1-4). Il doit mener les nations avec un sceptre de fer (Ap 12, 5 ; 19, 5), un pouvoir qu'il partagera avec le vainqueur, "celui qui fera mes œuvres jusqu'au bout" (Ap 2, 26-27).

 

Le Christ est surtout l'Agneau, qui vient pour épouser la fiancée, la nouvelle Jérusalem qui descend "d'auprès de Dieu, toute prête, comme une fiancée parée pour son époux" (Ap 21, 2).

Elle descend du ciel parce que c'est une réalité qui va au-delà de tout ce que l'homme peut faire; elle est un don de Dieu qui s'accomplira dans les derniers temps. Mais elle n'est pas une utopie: elle est une réalité déjà présente. C'est ce qu'indique le verbe au présent utilisé par Dieu - "Voici que je fais toutes choses nouvelles" (Ap 21, 5) - avec la précision qui suit : "Tout est réalisé désormais" (21, 6). " [3]

 


[1]Dans l'Apocalypse revient sans cesse l'image de l'Agneau pour parler de Jésus.

[2]JEAN PAUL II, Exhortation apostolique Ecclesia in Europa, 28 juin 2003, § 44

[3]JEAN PAUL II, ibid. § 106

 

F. Breynaert

Extraits de F. Breynaert, A l'écoute de Marie, Préface Mgr Rey, Brive 2007

 

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