La liturgie célèbre la seigneurie du Christ sur les coeurs et sur l'histoire.
Les lectures de ce jour nous ouvrent plusieurs perspectives de réflexion mariale
Dans la première lecture, il est dit : « Toutes les tribus d'Israël vinrent auprès de David à Hébron et dirent: "Vois! Nous sommes de tes os et de ta chair." [...] Tous les anciens d'Israël vinrent donc auprès du roi à Hébron, le roi David conclut un pacte avec eux à Hébron, en présence de Yahvé, et ils oignirent David comme roi sur Israël » (2Samuel 5, 1-3)
Même s'il n'y pas entre eux un lien de parenté biologique, les habitants reconnaissent David comme étant leur roi en exprimant un lien de parenté : "Vois! Nous sommes de tes os et de ta chair." De même, lorsque les chrétiens reconnaissent Jésus comme étant leur roi, ils reconnaissent avec lui un lien de parenté. Choisir que Jésus est notre roi, c'est aussi dire que nous sommes de sa famille. Ainsi la mère du roi est notre mère.
Au temps de David, la reine n'est pas l'épouse du roi, mais la mère du roi. De même, la mère de Jésus, le nouveau David, et notre reine.
La seconde lecture, Colossiens 1, 15-20, nous montre le mystère du Christ : «C'est en lui qu'ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre » (Col 1, 16) et « Dieu s'est plu à faire habiter en lui toute la Plénitude et par lui à réconcilier tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix. (Col 1, 19-20).
Il semblerait que le Christ fasse tout et que la réponse de l'humanité ne soit pas décisive. Mais nous faut lire ce qui est dit au centre de cet hymne : « Il est aussi la Tête du Corps, c'est-à-dire de l'Eglise » (Col 1, 18). L'image de « la tête du Corps » exprime l'importance du Christ, et il exprime aussi l'importance de l'Eglise : il n'y a pas de tête vivante sans un corps vivant, la tête ne fait rien sans le corps. Cette image montre donc, discrètement, la place de l'Eglise, et de Marie, dans le règne du Christ : une place seconde, mais essentielle.
L'Evangile selon saint Luc nous montre Jésus en croix, un écriteau proclame sa royauté (Lc 23, 35).
Nous avons l'image d'un Jésus qui est roi, dont les chefs disent qu'il en a sauvé d'autres. « Les chefs, eux, se moquaient: "Il en a sauvé d'autres, disaient-ils; qu'il se sauve lui-même, s'il est le Christ de Dieu, l'Elu ! » (Luc 23, 34). Les chefs disent cela en se moquant, mais c'est une réalité : Jésus en a sauvé d'autres, et il ne pense pas à se sauver lui-même. Jésus pense à implorer la miséricorde de Dieu pour continuer d'en sauver d'autres. Le « bon larron » crucifié à côté de Jésus, l'a bien compris. Il disait : « "Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait: "Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." » (Luc 23, 40-41).
Jésus est roi d'amour et sauveur des pécheurs. Sa mère est reine de miséricorde : quand nous demandons à Marie de régner en nous, elle nous conduit à la reconstruction et à la vie éternelle.
En célébrant le Christ roi de l'univers, l'Eglise ne peut pas oublier que « la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Ap 19,16), victorieux du péché et de la mort.» (Vatican II, Lumen Gentium 59).
C'est pourquoi l'Eglise a aussi institué la mémoire de "Marie Reine", le 22 août.
Synthèse Françoise Breynaert