Jérémie
Un contexte dramatique
Jérémie avait accompagné Josias dans sa réforme,
mais Josias meurt au combat en -609.
Le malheur arrive alors que l’on s’était converti, qu’on était juste !
Jérusalem est en flammes, le temple est détruit, le roi est déporté à Babylone...
Le chemin spirituel de Jérémie
Quand la parole est donnée au vrai prophète, il ne sait plus parler, il se cache; mais la parole de Dieu le brûle (Jr 20); il dit « je ne sais pas parler » (Jr 1,6), il entre dans une sorte de retraite (Jr 42).
Le "donnant-donnant" des théologies précédentes devient écrasant. C’est incompréhensible selon les anciennes catégories; on a vu Dieu trop petit !
Ses belles pensées sur le royaume, le temple, la réforme, la terre sainte, tout cela s’obscurcit.
Son cœur se laisse labourer par l’événement de l’absence. Il affronte la parole de Dieu. Mais il garde l’espérance, le « contact » avec Yahvé.
Il crie sa détresse au Seigneur, il se plaint :
« Reconnais que je subis l’opprobre pour ta cause. Quand tes paroles se présentaient, je les dévorais: ta parole était mon ravissement et l’allégresse de mon cœur. Car c’est ton Nom que je portais, Yahvé, Dieu Sabaot.[…] Pourquoi ma souffrance est-elle continue, ma blessure incurable, rebelle aux soins ? Vraiment tu es pour moi comme un ruisseau trompeur aux eaux décevantes ! » (Jr 15, 15-18)
Et voici la réponse que Dieu fit à Jérémie :
« Alors Yahvé répondit: Si tu reviens, et que je te fais revenir, tu te tiendras devant moi. Si de ce qui est vil tu tires ce qui est noble, tu seras comme ma bouche. Eux reviendront vers toi, mais toi, tu n’as pas à revenir vers eux ! Je ferai de toi, pour ce peuple-là, un rempart de bronze fortifié. » (Jr 15, 19-20)
Il annonce la décadence de l'Alliance qui mènera à l’exil par la "ceinture pourrie", par son célibat, (Jr 16), par la parabole du potier (Jr 18). Pour avoir annoncé la ruine de Jérusalem, on veut le mettre à mort (Jr 26), mais la foi en Dieu fait de Jérémie une forteresse (Jr 15, 20)
Jérémie ne cherche pas la cause du malheur dans le péché des pères, mais plus humblement dans les nôtres. Le peuple est resté sourd aux appels de conversion (7,24s, 11,8 ...)
Jérémie se tait devant Dieu, il attend, il achète un champ (Jr 32, 6-15), tout s'est écroulé mais l'Esprit saint est encore là, l'amour de Dieu est encore là.
Jérémie croit que Dieu ramènera les captifs de Babylone (Jr 32, 41. 44).
« 17 Mon âme est exclue de la paix, j'ai oublié le bonheur ! (…)
21 Voici ce qu'à mon coeur je rappellerai pour reprendre espoir :
22 Les faveurs de Yahvé ne sont pas finies, ni ses compassions épuisées ;
23 elles se renouvellent chaque matin, grande est sa fidélité ! »
(Lamentations 3,17-21)
Bibliographie:
Cahier Evangile n°40, Le livre de Jérémie, Cerf Cahier Evangile n° 38, Ezéquiel, Cerf André NEHER, L’exil de la Parole, Seuil, 1980.
Synthèse F. Breynaert