L'église syrienne saint Marc, au nord du mont Sion, première église chrétienne
L'Eglise syriennne orthodoxe de St. Marc, située au nord du Mont Sion a été choisie par les Saints Apôtres pour être la première domus ecclesiae = maison particulière devenant une première "paroisse" dépendant de l'Eglise du dernier souper à cause de sa proximité avec les importants événements comme le Dernier Souper, le Lavement des pieds et la Pentecôte (descente du St Esprit sur les Saints Apôtres).
Mais ne s'agit-il pas d'un excès de références pour une tradition qui recouvre l'Eglise saint Jacques des Arméniens et l'emplacement traditionnel de la Salle Haute du dernier repas à côté du tombeau de David auquel les Actes font allusion?
Que l'on ait là une des premières - voire la première- "domus ecclesiae" après celle de Sion ne doit pas faire doute. Mais ce n'est pas une raison pour tout lui attribuer, y compris d'être le lieu de la Dormition. La tradition de celle-ci au jardin des Oliviers et de la tombe de David à côté de la chambre Haute (Actes 2, 29) est trop attestée pour que ces lieux ne soient pas confondus avec le lieu de la maison de Marie, la mère de Marc, bien plus près de la prison. Or on trouve Marc au jardin des Oliviers (Mc14, 51) et Simon-Pierre aux trois lieux.
La maison de l'évangéliste Marc et le Lieu du "Dernier Souper"...
L'inscription gravée sur le pilier nord à l'entrée droite de l'église du sixième siècle est la plus grande preuve de ce qu'on vient de mentionner. Une autre preuve ce sont les écrits d'un pèlerin anonyme de Bordeaux qui visita les Lieux-Saints en 333; puis ceux de l'évêque Cyrille en 348 enfin la religieuse espagnole Ethérie en 385.
Nous avons aussi d'autres témoignages de personnes éminentes comme St. Epiphane qui écrit à la fin du 4eme siècle, que la maison de Marc ainsi que plusieurs autres églises et synagogues n'ont pas été détruites.
Le pèlerin Théodosios en 530 a clairement déclaré que le lieu élevé a été la maison de Marc l'Evangéliste. Mais ceci confirme que les maisons de Lazare (chambre Haute à Sion, maison de Marc et de Gethsémani en plus de la maison de Béthanie) ont vu passer Marc probablement comme au service de Lazare.
Les prêtres de St Saba habitant le désert de Bethléem en 610, écrivent de même; d'autres écrits encore l'attestent:
a) en 700 l'évêque Arcolofe qui visita les Lieux Saints; et entre autres L'église de la Dormition;
b) entre l'an 721 et 727 l'évêque Willibald qui visita les Lieux-Saints; et entre autres l'église où la Sainte Vierge est morte, église dite de la Ste Sion;
c) Bernard dit le Franc, qui visita Jérusalem en 867 ; il en donne un point de vue apparemment complètement différent et un fait qui sépare cette première paroisse de l'Eglise Mère de la Sainte Sion :
" A Jérusalem et au Mont de Sion, il y a une église bâtie au nom de Simon Pierre où Jésus avait lavé les pieds de ses disciples et pris son dernier repas et où précisément est morte la Sainte Vierge."
Il assure aussi que la Couronne d'épines posée sur la Tête de Jésus le jour de la Crucifixion a été accrochée au mur de l'église. Ceci est cohérent avec la possesion par les judéo-chrétiens (de langue araméenne-syriaque) des reliques de la Passion dans leur église de la chambre haute, obligeant la hiérarchie grecque à construire la basilique de Sainte Sion un peu plus loin (elle y est toujours restaurée et reconstruite) et à y fixer la Dormition en contradiction avec l'éloignement de l'Eglise dite du "tombeau de la Vierge".
En fait, les "Syriaques" successeurs des Judéo-chrétiens n'ont pu avoir que quelques miettes de monuments et ont concentré dans l'église saint Marc tous les lieux devenus pour eux inaccessibles et célèbrés là par des liturgies spéciales.
Dans les diverses destructions de Jérusalem par les conquérants, l'église de St Marc n'a pas été épargnée :
En 70 par Titus l'Empereur romain; puis par les Perses au 7e siècle. Or nous savons que l'Eglise judéo-chrétienne de la Sainte Sion a été épargnée en 70 et retrouvée non détruite lorsque les judéo-chrétiens revinrent de Pella.
Peut-être cette église syriaque a-t-elle été abîmée quand, en 1009 l'église de Saint Marc a été détruite par le Khalifé égyptien Al Hakem Al Fatimi?
A-t-elle été restaurée ou reconstruite par les croisés comme le Saint Sépulcre, qui fut reconstruit de fond en comble.
Les dernières restaurations ont été autorisées par les Arabes après le départ des Croisés à cause des souvenirs qui y étaient attachés et alors qu'ils détruisent ou récupèrent les maisons appartenant aux chrétiens latins dont Sion.
Tous les évêques Syriaques qui se sont succédés jusqu'à nos jours (1) y ont en tout cas vénéré le lieu où Pierre, après sa libération miraculeuse par l'ange qui l'accompagna jusqu'à la porte de la ville, alla à cette maison de la mère de Marc, ce qui a été confirmé par les historiens, puisque la maison de Marc est située près de la prison et d'une porte de la ville. Cependant on doit dire que cet ensemble de traditions mélange plusieurs sources et plusieurs lieux.
Autre fait ajoutant à l'importance de cette église, l'icône placée au dessus du baptistère de cette église, peinture de la Sainte Vierge attribuée à l'évangéliste St Luc, comme beaucoup d'icônes très anciennes remontant par décalque à une peinture d'époque apostolique. Il est dit aussi que là, la Sainte Vierge elle-même fut baptisée par les Sts apôtres dans certains apocryphes, bien que cette tradition soit opposée à la tradition constante de la Vierge parfaitement pure.
La langue utilisée par les liturgies dans cette église continue la tradition du syriaque liturgique, langue parlée du temps de Jésus. La liturgie syriaque a ainsi célébré tous les souvenirs qui n'étaient plus accessibles aux syriaques.
Le Couvent de saint Marc :
L'histoire du couvent de St. Marc et de l'église de même nom est la même ; elle est bien claire et connue ; elle a été, avec beaucoup d'autres églises et couvents, la propriété des communautés judéo-chrétiennes parlant Syriaque (araméen) ; elles leurs ont été prises au cours des siècles.
Ce couvent a été habité par des ermites, parce que c'était un lieu idéal pour le don de soi à Dieu et pour les pénitences. Et malgré toutes ces raisons, l'histoire de sa fondation commence après l'occupation de la Ville Sainte par les croisés ; et il est vrai que certains historiens disent que
"Ce couvent a été occupé par les Croisés et remis aux Syriens après un accord entre eux, la Custodie de la Terre Sainte et l'église du Saint Sépulcre".
Parmi ces historiens on peut citer Elino Moor. Les Syriens, après avoir perdu tous leurs églises et couvents, et leur place en Terre Sainte, sont revenus et ce sont installés au couvent St. Marc ; leur premier évêque fut Aghnatios III en 1471.
Ce couvent plusieurs fois détruit, fut chaque fois reconstruit. Le premier évêque qui entreprit de le reconstruire fut Gregorios Simon en 1718. Puis l'évêque Abdul Ahad Ben Fineh en 1719 qui prêta un grand intérêt aux écrits du couvent.
En 1738 l'évêque Gregorios reconstruit les murs extérieurs du couvent. En 1780, 1833, 1858 et 1940, le couvent a été restauré par les évêques suivants: Bishara, Abdul Ahad Al Dagali, Abed Al Nur et Jaques Al Salhi. A partir de 1858, le couvent est resté tel quel à l'exception de quelques chambres ajoutées récemment.
(extrait du livre St Mark’s Church and Monastery in Jérusalem)
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(1) Le présent Evêque Marc Dionisios Bahnam Jijjawi est le cent vingtième évêque de la communauté araméophone de Jérusalem.