La sourate 5, 116 critique les chrétiens en pensant, à tort, qu’ils adorent (au sens fort de l’adoration « de latrie ») trois divinités : le Père, la Mère (la Vierge Marie) et le Fils (Jésus).
Cette mauvaise compréhension du christianisme peut être due au souvenir de l’existence des Choloridiens qui faisaient des offrandes à Marie : en effet, en Arabie, au IV° siècle, lors d’une fête annuelle, quelques femmes offraient à la Sainte Vierge des tartes confectionnées avec des ingrédients spéciaux appelées « Choloridi ».
La cérémonie, réservée exclusivement aux femmes, suscita la réprobation et la correction de saint Epiphane (315-403), évêque de Salamine à Chypre.
« Le corps de Marie était certainement saint, mais il n'était pas Dieu. La Vierge était sûrement vierge et digne d’honneur; cependant elle n'a pas été donnée aux hommes pour être adorée. Mieux, elle a été elle-même l’adoratrice de Celui qui, selon la chair, est né d'elle, mais qui était descendu du Ciel et du Sein du divin Père. »
(Saint Epiphane, Panarion, 79,4)
Ce culte fut alors délaissé et remplacé par un mouvement anti-marial, authentiquement hérétique, avec l’excès inverse, il considérait Marie comme une femme commune en lui niant tout culte et toute vénération.
F. Breynaert
Extrait de :
F. Breynaert, Marie et l'islam, dans « Miles Immaculatae », Anno XLIV, fasc I, 2008