3 temps dans la prédication des Apôtres

La prédication des Apôtres s'est développés en 3 temps logiques :
1°/ l’annonce de la Résurrection du Christ et du mystère de la Rédemption,
2°/ puis le récit de la vie publique dont ils ont été les témoins
3°/ enfin de le mystère de l’Incarnation dont la Vierge Marie gardait le récit en le méditant en son coeur

Il est important de repartir de la Pentecôte et de suivre les Actes des Apôtres pour voir comment la première prédication chrétienne s’est naturellement mise en place, en 3 temps : 

Temps 1 :

Les Apôtres sont des témoins qui prêchent d’abord sur le mystère de la Rédemption

Dans un premier temps après les Pentecôte, les Apôtres ont d’abord prêché, comme on le lit dans les Actes des Apôtres, autour du kérygme, sur la Passion et la Résurrection du Christ dont ils ont été les témoins directs. Toute la première catéchèse de Pierre après la Pentecôte porte sur le mystère de la Rédemption et le témoignage personnel que les Apôtres peuvent en donner, et cela suffit à convertir les foules.

Temps 2 :

Les Apôtres rapportent ensuite ce qu’ils ont vu et entendu, « depuis le Baptême de Jean »

Dans un deuxième temps, il a fallu organiser la catéchèse des 3.000 personnes baptisées le jour de la Pentecôte et de tous les nouveaux convertis qui les ont rejoints dans les semaines, les mois et les années suivantes. Quand il s’agit de remplacer Judas, Pierre indique qu’il faut "un de ces hommes qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu au milieu de nous, en commençant au baptême de Jean" afin de devenir avec eux "témoin de sa Résurrection."

Les Apôtres donnent leur témoignage comme le Christ le leur a demandé, et ils le font deux par deux, selon les normes juridiques juives, pour que le témoignage soit valide. Mais ils ne peuvent témoigner que de ce qu’ils ont vu et entendu, c'est-à-dire de tout ce qui s’est passé depuis le Baptême de Jean-Baptiste.

Temps 3 :

On en vient logiquement à devoir préciser « Qui était vraiment ce Christ Jésus ? »

Les Évangiles de Matthieu et Marc sont très proches, et ils rapportent tous des Paroles et des Actes du Christ qui manifestent explicitement qu’il n’y a pas de limite à la Seigneurie du Christ, mais ils restent muets sur la préexistence et l’Incarnation du Fils de Dieu. Ces annonces synoptiques ont été composées pour évangéliser dans le cadre d’une première annonce ou pour les catéchumènes mais elles conduisent inévitablement les juifs à poser des questions et à renforcer sans doute leurs accusations de blasphème. Il fallait une explication. Qui était vraiment Jésus ? Les deux premiers Évangiles n’apportaient pas de réponse parfaitement claire sur ce point : ils ne disaient pas grand-chose du mystère de l’Incarnation et on peut imaginer un petit moment de crise. L’Évangile de Luc puis finalement l’Évangile de Jean viennent apporter la réponse décisive à ces interrogations. Marie, source et seule témoin de ces événements, qu’elle a « gardé et médité dans son cœur » (Lc 2,19 et 2,51) jusqu’à l’heure de Dieu a donné d’une certaine manière son récit à Luc et sa méditation à Jean. Et en plus du récit de l’Annonciation et de la Nativité qui donnent les premières clés de l’Incarnation, Luc confortait et complétait aussi toutes les Paroles et Actes de Jésus rapportées en Matthieu et Marc, après avoir précisé à Théophile, que tout a été soigneusement vérifié et qu’il s’agit bien d’enseignements très sûr.

Jean et Paul expliciteront ensuite davantage la divinité du Christ

Après cette révélation publique de l’Incarnation, viennent les écrits de Paul (à partir de 51) et de Jean qui sont beaucoup plus explicites sur le mystère du Fils unique, préexistant, Créateur, descendu du Ciel. Jean bouclera son Évangile à la fin de sa vie vers l’an 100, mais il aura évidemment commencé à enseigné les disciples déjà formé dès après la Pentecôte. Avec l’aide de la Vierge Marie, il mettra au point progressivement son enseignement approfondi jusqu’aux années 50 avant de le délivrer ensuite à tous les responsables des Églises pendant plus 50 ans.

L’aigle Jean, qui voit plus loin et plus profond que les autres, est le disciple bien-aimé, - c’est-à-dire, d’après la tradition orientale, celui qui comprend le mieux le maître, et qui est capable de restituer plus parfaitement son enseignement, avec les mots mêmes du maître : il rapportera donc aussi plus complètement et plus précisément que tous les autres les faits importants qu’il juge oubliés, les débuts de la prédication publique du Christ, mais aussi ses Paroles les plus complexes ou mystérieuses, qui n’avaient pas, du fait de leur mystère, été retenues, comprises ou jugées publiables pour une première annonce publique par les autres.

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