Les trésors de la Doctrine sociale de l'Eglise

La Doctrine sociale de l'Eglise (DSE) est un trésor méconnu.

Née de la réflexion de l’Église sur les temps modernes et leurs difficultés particulières, elle s’est développée du pape Léon XIII à nos jours, abordant avec une grande sagesse et une vision très profonde les grandes questions qui se posent à l'homme, à l'entreprise et à la société.

Cette doctrine élaborée en de nombreux textes et sur de longues périodes doit être synthétisée

Mille pages de textes, une histoire qui s’étend sur plus d’un siècle, de 1891 à 2014, la succession de huit papes, un Concile et plusieurs Synodes. La DSE a été rendue publique dans des documents parfois peu accessibles : Constitutions conciliaires, encycliques, lettres apostoliques, radio-messages, déclarations diverses. La difficulté majeure tient dans le fait que cette Doctrine sociale a dû elle-même évoluer, se compléter, s’adapter, s’ouvrir, comprendre les mécanismes souvent complexes relatifs aux évolutions profondes et rapides de la société contemporaine elle-même : que de différences entre les années 1890 et aujourd’hui ! Ainsi, à chaque étape, l’Église a dû affiner sa réflexion et surtout intégrer les multiples nouveautés d’une société mondiale en perpétuelle accélération.

La DSE s’est développée en 3 grandes étapes depuis Léon XIII

Son histoire est liée à celle de la société contemporaine.  

  • Première étape : « la DSE de la première génération », si je puis dire, est consacrée à la condition ouvrière et aux idéologies politiques. Léon XIII (1878-1903) publie Rerum Novarum (1891) sur « la condition des ouvriers », puis Pie XI (1922-1939) écrivit Quadragesimo anno (1931) à propos de l’instauration d’un nouvel ordre social, avec un élargissement de la DSE à la condamnation de nouvelles idéologies : Mit brennender Sorge (1937) contre les nazis et Divini Redemptoris (1937) contre les bolcheviques.             
  • Deuxième étape : la DSE de la « deuxième génération », de 1960 à 1980 avec une sorte d’âge d’or autour d’un séisme spirituel : le concile Vatican II (1962-1965), et deux documents clés Gaudium et Spes (1965), sur l’Église dans le monde de ce temps et Lumen Gentium (1964) sur l’Église « lumière des nations ». Deux très grands papes assurent ce développement : Jean XXIII (1958-1963) avec Mater et Magistra (1961) « mère et éducatrice » puis Pacem in terris (1963) sur « la paix entre les nations », et Paul VI (1963-1978) avec Populorum progressio (1967) sur « le développement des peuples » et Octogesima adveniens (1971) « en réponse aux besoins nouveaux du monde »
  • Troisième étape contemporaine, qui confirme tout ceci en 1992 par la publication du Catéchisme de l’Église Catholique et en 2008 par le Compendium de la DSE, avec enfin la proclamation de grands principes : l’Église qui se proclame accueillante à l’ensemble de la société humaine et qui affirme la vocation sociale de l’homme dans le monde d’aujourd’hui.