La profession de foi d'Israël évoque le Dieu Un et Trois

Le Dieu trinitaire est UN (ehad) mais pas solitaire (yahid)

Les Juifs récitent le « Chema Israël » (« Écoute Israël »), chaque jour ; ils l'écrivent sur les poteaux des portes (Mezouza), et ils se l'attachent au bras et à la tête (Tefillins). Cette affirmation est ce que l'enfant apprend à dire en premier et elle constitue les derniers mots que le Juif prononce avant de mourir.

Le texte essentiel vient de Deutéronome 6,4 : c’est la profession de foi d’Israël. Le nom de Dieu qui est évoqué 3 fois  (cf. les mots en vert : 1°/ le tétragramme, 2°/ Elohenou : « les dieux à nous », 3° le tétragramme encore) est dit « UN » (ehad) mais ce terme ne signifie pas « unique » ou « solitaire » (ce serait le terme « yahid ») : il signifie au contraire l’union indissociable de réalités distinctes.

Deutéronome 6,4 : Écoute, Israël: l'Éternel, notre Dieu, l'Éternel est un (ehad) !

שְׁמַע, יִשְׂרָאֵל: יְהוָה אֱלֹהֵינוּ, יְהוָה אֶחָד

Littéralement : "Ecoute Israël : Dieu, Dieu, Dieu : UN"

Cette triple répétition du nom du Seigneur est contraire aux règles habituelles de la grammaire et au génie de la langue hébraïque : il s’agit d’un élément tout à fait volontaire qui indique que sont UNES, c’est-à-dire indissociablement unies, les 3 « lumières », « numérations », « entités » ou « voies » de Dieu (cf. d’innombrables passages antiques du Zohar notamment sur ces thèmes longuement décrits dans les 1500 pages des ouvrages du rabbin converti Paul Drach).

D’autres citations bibliques montrent parfaitement cette signification du mot UN (ehad) :

  • En Genèse 1,5 la lumière et les ténèbres sont dits UN dans le jour indivis
  • En Genèse 2,4 l’homme et la femme sont dits UN dans le mariage indissoluble (cf. Mt 19,3-6)
  • En Ezéchiel 37,17 deux pièces distinctes sont invités à faire UN dans la main du prophète
  • En Esdras 2,64 une communauté très nombreuse est décrite comme UNE en sa communion

Genèse 1,5 : Dieu appela la lumière jour, et les ténèbres, il les appela Nuit. Il fut soir, il fut matin, un jour (ehad). 

 וַיִּקְרָא אֱלֹהִים לָאוֹר יוֹם, וְלַחֹשֶׁךְ קָרָא לָיְלָה; וַיְהִי-עֶרֶב וַיְהִי-בֹקֶר, יוֹם אֶחָד

Genèse 2,24 : C'est pourquoi l'homme abandonne son père et sa mère; il s'unit à sa femme, et ils deviennent une seule chair (ehad).

עַל-כֵּן, יַעֲזָב-אִישׁ, אֶת-אָבִיו, וְאֶת-אִמּוֹ; וְדָבַק בְּאִשְׁתּוֹ, וְהָיוּ לְבָשָׂר אֶחָד

Ezéchiel 37,17 : Rapproche ces pièces l'une de l'autre, pour n'avoir qu'une pièce unique (ehad) ; et elles seront réunies dans ta main

וְקָרַב אֹתָם אֶחָד אֶל-אֶחָד, לְךָ--לְעֵץ אֶחָד; וְהָיוּ לַאֲחָדִים, בְּיָדֶךָ

Esdras 2,64 : Toute la communauté réunie (ehad) comptait quarante-deux mille trois cent soixante individus

כָּל-הַקָּהָל, כְּאֶחָד--אַרְבַּע רִבּוֹא, אַלְפַּיִם שְׁלֹשׁ-מֵאוֹת שִׁשִּׁים

Bref, la profession de foi d’Israël est tout à fait en phase avec le mystère de la Trinité, c’est-à-dire l’unité indissoluble et parfaite de Dieu en ses trois « hypostases ».

Cette union indissoluble exprimée par le mot « ehad » est ce à quoi Jésus fait référence quand il parle du mariage :

Matthieu 19,3-6 : « Des Pharisiens s'approchèrent de Jésus et lui dirent, pour le mettre à l'épreuve: "Est-il permis de répudier sa femme pour n'importe quel motif?" Il répondit: "N'avez-vous pas lu que le Créateur, dès l'origine, les fit homme et femme, et qu'il a dit: Ainsi donc l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair? Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Eh bien! ce que Dieu a uni, l'homme ne doit point le séparer"

Il s’agit bien d’une union indissoluble qui est proclamée comme telle en référence à l’indissolubilité de l’union divine dans le texte de la Genèse.

Pour en savoir plus : 

Le Tétragramme révèle-t-il la Trinité et le plan de salut de Dieu ?

Le pluriel est associé à Dieu de bien des manières dans la Bible