La foi communique avec Dieu en toutes circonstances

La foi communique avec Dieu en toutes circonstances

La foi dit en toute circonstance : "C'est le Seigneur !"

« Vous ne voyez pas ? Vous ne comprenez pas  encore ? » Si nous percions le voile, et si nous étions vigilants et attentifs, Dieu se révélerait sans cesse à nous, et nous jouirions de son action en tout ce qui nous arrive ; à chaque chose, nous dirions : « C'est le Seigneur ! » (Jn 21,7).

Et nous trouverions dans toutes les circonstances que nous recevons un don de Dieu. Nous considérerions les créatures comme de très faibles instruments entre les mains d'un tout-puissant ouvrier ; et nous reconnaîtrions sans peine que rien ne nous manque, et que le soin continuel de Dieu le porte à nous départir, à chaque instant, ce qui nous convient.

Si nous avions la foi, nous saurions bon gré à toutes les créatures ; nous les caresserions, et nous les remercierions intérieurement de ce qu'elles servent et se rendent si favorables à notre perfection, appliquée par la main de Dieu.

 

La foi communique continuellement avec Dieu

Si nous vivions sans interruption de la vie de la foi, nous serions dans un commerce continuel avec Dieu ; nous lui parlerions bouche à bouche.

La foi est l’interprète de Dieu : sans les éclaircissements qu'elle donne, on n'entend rien au langage des créatures. C'est une écriture en chiffres, où on ne voit que confusion ; c'est un amas d'épines, du milieu desquelles on ne soupçonne pas que Dieu puisse parler.

Mais la foi nous fait voir, comme à Moïse, le feu de la divine charité brûlant au sein de ces épines (Ex 3,2) ; elle nous donne la clef de ces chiffres, et nous fait découvrir dans cette confusion les merveilles de la sagesse d'en haut.

 

La foi donne une face céleste à toute la terre ; c'est par elle que le cœur est transporté, ravi, pour converser dans le ciel…

C'est la clef des trésors, la clef de l'abîme, la clef de la science de Dieu.

 


Extraits de :

Jean Pierre de Caussade (1675 - 1751),

L’Abandon à la Providence divine, II, 1, §26