Le Père

Le Père, notre Père

La révélation chrétienne :

Un jour, en réponse à la demande de ses disciples ("Seigneur, apprends-nous à prier"), Jésus leur confie la prière chrétienne fondamentale du "Notre Père" que saint Luc nous a transmise avec cinq demandes (Lc 11, 2-4) et saint Matthieu avec sept demandes (Mt 6, 9-13).

Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne...

Lorsqu'il fut rejeté et mis en croix, Jésus s'est senti abandonné a ressenti des douleurs "infernales", jusqu'à se sentir senti abandonné de Dieu son Père :

« mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46).

Ce n'est pas n'importe quel cri d'abandon. Jésus récite le grand Psaume d'Israël souffrant parce que Dieu est caché (Ps 22). Le cri d'angoisse se transforme en une profession de confiance, bien plus, c'est, sur trois versets, l'anticipation et la célébration d'un grand exaucement (louange v. 26 et rassasiement v. 27 ; universalité du salut v. 28). (1)

L'évangéliste saint Luc a retenu le passage de se croire abandonné à s'abandonner :

« Père entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23, 45).

Ce passage, Jésus l'a vécu pour chacun de nous. Afin que pour moi aussi, le sentiment d'abandon, d'exclusion, puisse se changer en certitude de sécurité dans les bras du Père, Abba.

 

A Marie Madeleine le Ressuscité dit :

« Va trouver mes frères et dis-leur: je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » (Jn 20, 17)

Le rapport de Jésus à Dieu le Père est unique car Jésus est Dieu, mais les disciples deviennent frères de Jésus, c'est-à-dire fils dans le Fils !

 

Purifier l'image paternelle ou maternelle :

"L'humilité nous fait reconnaître que "nul ne connaît le Père, si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler", c'est-à-dire "aux tout petits" (Mt 11,25-27).

La purification du cœur concerne les images paternelles ou maternelles, issues de notre histoire personnelle et culturelle, et qui influencent notre relation à Dieu. Dieu notre Père transcende les catégories du monde créé. Transposer sur lui, ou contre lui, nos idées en ce domaine serait fabriquer des idoles, à adorer ou à abattre. Prier le Père c'est entrer dans son mystère, tel qu'Il est, et tel que le Fils nous l'a révélé."

(Catéchisme de l'Eglise catholique § 2779)

 

Prier le Père dans le Fils et l'Esprit Saint :

"Jésus nous donne non seulement les paroles de notre prière filiale, il nous donne en même temps l'Esprit par qui elles deviennent en nous "esprit et vie" (Jn 6,63). Plus encore: la preuve et la possibilité de notre prière filiale c'est que le Père "a envoyé dans nos cœurs l'Esprit de son Fils qui crie: 'Abba, Père!'" (Ga 4,6). Puisque notre prière interprète nos désirs auprès de Dieu, c'est encore "Celui qui sonde les coeurs", le Père, qui "sait le désir de l'Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu" (Rm 8,27). La prière à Notre Père s'insère dans la mission mystérieuse du Fils et de l'Esprit."

(Catéchisme de l'Eglise catholique § 2766)

 

Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ,

qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles,

aux cieux, dans le Christ. [...]

C'est en lui que vous aussi,

après avoir entendu la Parole de vérité, l'Evangile de votre salut, et y avoir cru,

vous avez été marqués d'un sceau par l'Esprit de la Promesse,

cet Esprit Saint qui constitue les arrhes de notre héritage,

et prépare la rédemption du Peuple que Dieu s'est acquis,

pour la louange de sa gloire.

(Ephésiens 1, 3. 13. 14)

 

Par son lien très fort au Christ et à l'Esprit Saint, la Vierge Marie est aussi dans une relation très forte avec Dieu le Père, c'est pourquoi elle nous y conduit.

 


(1) Cf. Joseph Ratzinger, Benoît XVI, Jésus de Nazareth. De l'entrée à Jérusalem à la Résurrection. Parole et Silence, Paris 2011, p. 235-245


Françoise Breynaert