1973 : Les pollens sur le Linceul de Turin

Les pollens sur le Linceul de Turin

29 espèces caractéristiques de pollens du Moyen-Orient ont été retrouvées sur le Linge de Turin, dont 3 spécifiques qui ne peuvent provenir que des rives du Jourdain. et de la Mer Morte.

En résumé :

Une analyse palynologique a été effectuée par le professeur Max Frei, puis vérifiée par J.L. Beaulieu (de l’université de Marseille) : 29 types de pollens retrouvés sur le Linceul de Turin sont caractéristiques des régions d’origine et de celles traversées par le Linceul, selon son histoire connue : Moyen-Orient, Mer Morte, Anatolie, Turquie (taxons méditerranéens de régions sub-désertiques et des steppes d’Anatolie).

Les plus intéressants sont, sans conteste, les pollens typiques de plantes ne poussant que dans la vallée du Jourdain et des 3 taxons de plantes typiques de la flore des sols désertiques (plantes xérophiles) et salés (plantes halophytes) spécifiques de la Mer Morte.

L'analyse palynologique du Professeur Max Frei: 

Le docteur Max Frei était considéré comme un criminologiste de réputation internationale. Directeur du laboratoire de criminologie de Zurich en Suisse, il s'était spécialisé dans les micro-analyses sur prélèvement de sang, de poussières, de pollens, etc...

Il avait publié une étude sur les trucages photographiques, et c'est pour cette raison, qu'en 1969, le custode du Linceul de Turin, Mgr Caramello l'avait invité avec deux autres experts pour contrôler la structure des ombres des images de la toile du Linceul. C'est en travaillant sur des photographies à fort grossissement, fournies par l'archevêque, qu'il découvrit des particules de poussières qui éveillèrent son attention de criminologiste habitué à l'analyse des microparticules. Il demanda l'autorisation d'effectuer des prélèvements de ces poussières sur le Linceul afin de les analyser.

En novembre 1973, lors de l'ostension du Linceul que l'on avait retiré de son reliquaire pour être présenté à la télévision, il réalisa son projet. Devant témoins, il préleva des poussières selon les techniques en usage pour les analyses scientifiques de la police criminelle, à l'aide de morceaux de ruban adhésif qu'il posa d'une manière répartie sur la surface de la toile. Les prélèvements furent mis dans des sachets scellés puis emmenés dans son laboratoire de Zurich.

C'est en étudiant ces poussières qu'il découvrit les pollens parmi les spores de bactéries et de cryptogames. Etant botaniste de formation, il s'intéressa à ces pollens et chercha à les identifier. Les grains de pollens ont la particularité de vieillir très lentement et de garder leur aspect extérieur pendant plusieurs dizaines de milliers d'années. Cette propriété est utilisée, en archéologie par exemple, pour déterminer le climat en fonction de la végétation identifiée par les pollens. L'ancienneté présumée du Linceul ne posait donc aucun problème pour Max Frei. Il s'employa à les identifier pour savoir s'ils pouvaient fournir des renseignements sur les zones géographiques que le Linceul aurait traversées dans ses voyages, tout en sachant qu'ils ne pourraient fournir aucune indication sur leur état d'ancienneté.

C'est donc sans à priori favorable qu'il se mit à l'ouvrage

Il ne fallait s'attendre à aucune concession en faveur du Linceul au travers de sa démarche, Max Frei étant de confession protestante, d'une église très éloignée de la pensée catholique et hostile à tout "culte des reliques". C'est donc sans à priori favorable qu'il se mit à l'ouvrage.

Ses analyses s'effectuèrent au cours des années 1974-75 selon le temps dont il pouvait disposer entre deux dossiers d'analyse scientifique de police criminelle. La recherche à laquelle il s'était attelé présentait d'énormes difficultés: il fallait nécessairement identifier des plantes spécifiques d'une région et non des plantes communes à plusieurs zones géographiques, tout en tenant compte des introductions, dans les parties européennes concernant le Linceul, de plantes d'espèces orientales communes à la Palestine ou la Turquie.

La difficulté de sa recherche s'est trouvée fortement amplifiée du fait que beaucoup de sortes de pollens , en particulier orientaux, n'étaient pas encore tous classifiés et qu'il fallait tenir compte des transports possibles de pollens légers par les vents dominants dans des régions éloignées de leur habitat naturel.

Conscient de l'importance de son travail et de ses résultats qui confirmaient le trajet traditionnellement admis pour le Linceul de Turin, il publia en mars 1976 un rapport provisoire sur ses découvertes, mais son souci d'exactitude l'amena à continuer ses recherches, en particulier sur des pollens non-identifiés. Dans ce but, il effectua plusieurs voyages au Moyen-Orient sur différentes périodes de l’année pour recueillir les pollens de plantes selon leur période de floraison et les comparer avec ceux qu'il avait prélevés sur le linceul et ainsi les identifier.

Mais déjà, dans son communiqué de presse du 8 mars 1976, il affirmait que l'identification de pollens qu'il avait obtenue lui permettait "de conclure définitivement que le Saint-Suaire (de Turin) n'est pas un faux"...cette conclusion fit à l'époque sensation sachant qu'elle provenait d'un criminologiste de renom et de surcroît prudent de réputation.

En 1983, la mort interrompit ses recherches qui étaient loin d'être terminées et l'empêcha de publier la suite de ses travaux. Sa veuve transmit les prélèvements non encore analysés à l'archéologue américain Paul Malonay pour la poursuite des travaux, tandis que le laboratoire de botanique historique et de palynologie de l'université de Marseille vérifia les résultats de Max Frei sous la direction de J.L.de Beaulieu.

Malgré une restriction du nombre de plantes retenues comme étant spécifiques du trajet du Linceul par une sélection très sévère ( 29 au lieu de 49), la conclusion de J.L de Baulieu, le 6-4-1987, fut la même que celle de Max Frei: "Une forte proportion de genres indiqués ne peut prêter à confusion et correspond indiscutablement à des taxons (types) des régions méditerranéennes subdésertiques tout à fait en faveur de l'origine Moyen-Orientale du Suaire (de Turin)".