Les sept douleurs de la Sainte Vierge

Les sept douleurs de la Sainte Vierge

Première douleur : La prophétie de Siméon

A mesure que Jésus croissait en âge... A mesure qu'approchait le temps marqué pour la Passion de son Fils, elle sentait en son cœur de Mère plus cruellement déchiré par le glaive prédit par Siméon dans le temple.

Si donc Jésus, notre Roi, et sa très Mère, n'ont pas refusé, par amour pour nous, d'endurer durant toute leur vie, une peine si amère, avons-nous le droit de nous lamenter, quand nous avons quelque chose à souffrir ?

Deuxième douleur : La fuite en Egypte

Comme c'était l'hiver, il fallut supporter la neige, la pluie, le vent, par des chemins raides et boueux. Marie, alors âgée de quinze ans, était une vierge délicate, nullement habituée à de pareilles fatigues. La famille n'avait personne pour la servir. Apprenons à embrasser courageusement les croix, car on ne peut vivre en ce monde sans souffrir.

Troisième douleur : La perte de Jésus dans le temple

Il en est qui assurent que cette douleur fut la plus grande... Dans les autres douleurs, Marie avait Jésus avec elle, tandis qu'ici, elle souffre loin de Jésus, sans même savoir où il est. Ah ! qu'ils furent longs pour Marie ces trois jours ! Ils lui parurent trois siècles. Jours de douleur pure, jours sans consolation possible.

Quatrième douleur : La rencontre de Jésus allant à la mort

Elle était sa mère et sa servante ; il était son Fils et son Dieu. Ce mélange de qualités si diverses produisait dans le cœur de Marie un incendie d'amour composé de mille incendies. Mais au temps de la Passion, cet incendie d'amour se changea en un océan de douleur.

Cinquième douleur : La mort de Jésus

Les mères craignent d'être présentes à l'agonie de leurs enfants, et si l'une d'elles est contrainte de demeurer près de son fils qui se meurt, elle s'efforce de lui donner tous les soulagements possibles. Elle arrange son lit pour lui donner une position plus commode, elle lui présente des rafraîchissements : ainsi la pauvre mère console-t-elle sa douleur. Mais vous, ô Marie, ô Mère la plus affligée de toutes les mères, vous devez être présente à l'agonie de votre Fils, et il ne vous est pas permis de lui donner le moindre soulagement.

Sixième douleur : Jésus percé d'une lance et descendu de la croix

La lance, dit saint Bernard, en entrant dans le cœur de Jésus, traversa l'âme de Marie, car cette âme bénie ne pouvait se détacher du Cœur de Jésus. Auparavant, Marie avait son Fils pour compatir à ses souffrances, maintenant elle ne l'a plus.

Les disciples détachèrent d'abord les mains, puis les pieds. Ensuite, l'un soutenant le corps d'en haut, l'autre d'en bas, tous deux le descendent de la croix. La Mère de douleurs se dresse sur la pointe des pieds et étend les bras pour recevoir son Fils bien-aimé. Elle l'embrasse et s'assied au pied de la croix. Elle considère la bouche entrouverte de Jésus et ses yeux éteints ; elle parcourt du regard, l'un après l'autre, ses membres déchirés et ses os mis à découverts. Elle ôte la couronne et voit les blessures faites par les épines dans sa tête sacrée...

Septième douleur : La sépulture de Jésus

Au retour du sépulcre, passant devant la croix encore teinte du sang de son Jésus, Marie s'arrêta et fut ainsi la première à l'adorer. « O croix , dit-elle, je te baise et je t'adore. Tu n'es plus maintenant un bois infâme, tu es un trône d'amour et l'autel de la miséricorde, consacré par le sang de l'Agneau divin qui a été immolé sur toi pour le salut du monde. »

Demande-lui que du moins elle te permette de pleurer avec elle : Faites que je pleure avec vous ! Elle pleure par amour ; toi pleure par la douleur de tes péchés.

Ainsi, tu pourras obtenir le même bonheur que le religieux dont il est question dans l'exemple suivant.

Exemple

Un religieux était tellement tourmenté de scrupule, qu'il semblait parfois près de sombrer dans le désespoir. Mais il avait une grande dévotion à Notre Dame des Sept Douleurs. Aussi, dans ses angoisses, ne manquait-il pas de recourir à elle. Et, en méditant les souffrances de la Vierge, il sentait renaître son courage.

Lorsqu'il fut à l'article de la mort, le démon vint plus que jamais l'assaillir de scrupules et le tenter par le désespoir. Mais la Mère de miséricorde, voyant son pauvre enfant tourmenté de la sorte, lui apparut et lui dit :

« Mon fils, pourquoi craindre et de désoler ainsi, toi qui m'as si souvent consolée en compatissant à mes douleurs ? Voici que Jésus m'envoie pour te consoler à mon tour. Allons, réjouis-toi et viens avec moi en paradis. »


Saint Alphonse De Liguori,

Les gloires de Marie, Réflexions sur les sept douleurs de la Vierge,

(éditions saint Paul, Paris 1987, p. 341-378),

synthèse F. Breynaert.