Consécration des charismes

Viens Esprit créateur !

« A chacun la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun. A l'un, c'est un discours de sagesse qui est donné par l'Esprit; à tel autre un discours de science, selon le même Esprit; à un autre la foi, dans le même Esprit; à tel autre les dons de guérisons, dans l'unique Esprit; à tel autre la puissance d'opérer des miracles; à tel autre la prophétie; à tel autre le discernement des esprits; à un autre les diversités de langues, à tel autre le don de les interpréter.

Mais tout cela, c'est l'unique et même Esprit qui l'opère, distribuant ses dons à chacun en particulier comme il l'entend. De même, en effet, que le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et que tous les membres du corps, en dépit de leur pluralité, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ. »

(1Corinthiens 12, 7-12)


Les biens charismatiques apportent de nombreux avantages :
D'une part la santé est rendue aux malades, lé délivrance des possédés, la résurrection des morts, la prophétie qui avertit les hommes, etc.
D'autre part Dieu est connu et glorifié par ses œuvres, par celui qui les accomplit, par ceux en faveur de qui ou e présence de qui elles s'accomplissent.[1]

Mais ces œuvres peuvent être accomplies par quelqu'un qui n'est pas en état de grâce et ne possède pas la charité.
Jésus avertit : « Beaucoup me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé? En ton nom que nous avons chassé les démons? En ton nom que nous avons fait bien des miracles? Alors je leur dirai en face: Jamais je ne vous ai connus; écartez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. » (Matthieu 7, 22-23)

C'est pourquoi, c'est toujours de la charité qu'il faut se réjouir, et non pas des œuvres et des charismes.
Si l'on met sa joie dans l'estime que l'on fait de ces œuvres merveilleuses, le jugement est obscurcit, et cette joie pousse à faire ces œuvres en dehors du temps voulu. [2]
Et l'âme fait grand cas de ces miracles, elle se détourne beaucoup de l'habitude substantielle de la foi, qui est une habitude obscure. [3]

Comme Marie, la mère de Jésus :
La présence de la mère de Jésus a opéré le premier miracle de l'Esprit Saint dans l'ordre de la grâce : la sanctification de Jean le Baptiste (Lc 1, 44).
La présence de la mère de Jésus a aussi opéré le premier miracle de l'Esprit Saint dans l'ordre temporel : le miracle de l'eau changée en vin aux noces de Cana (Jn 2).
Marie intercéda au cénacle de la Pentecôte pour que soit accordé sur l'Eglise naissante l'effusion de l'Esprit Saint avec tous ses charismes.
Marie a un cœur pur et simple, elle nous stimule la foi simple qui fait des miracles.

Marie a recherché l'union à Dieu, l'union au Christ, plus encore que ses miracles. Aussi a-t-elle suivi Jésus quand il montait au calvaire sans faire aucune œuvre de puissance, sans descendre de la croix...

Rechercher l'union à Dieu plus que ses miracles, c'est ce qui a conduit Marie aux sommets de la sainteté, et c'est ce qui lui a donné le centuple : combien de miracles n'ont-ils pas été attribués à son humble prière au cours de ces deux millénaires ? Dans le « Je vous salue Marie », nous l'appelons « pleine de grâce » et nous lui demandons de prier pour nous, car incessamment l'Eglise fait l'expérience de la puissance de son intercession.

Ainsi, l'exemple de Marie montre que les charismes et les miracles sont des grands biens qu'il faut accueillir, mais n'y attachons pas notre volonté, mettons notre joie plus haut, en Dieu seul :
« Quand l'âme dégage sa volonté de toute affection aux témoignages et signes sensibles, elle s'élève à une foi plus pure que Dieu lui infuse et élève à un degré beaucoup plus éminent. Il augmente en même temps en elle les deux autres vertus théologales : l'espérance et la charité. »[4]

Prière :
Sainte Marie, mère de Jésus, je désire ardemment te ressembler.
Avec toi au cénacle je demande l'Esprit Saint et ses charismes.
Avec toi je remets tout cela à Dieu, qui est si proche, lui qui est l'auteur de tout bien et le but ultime de la vie.

« Je te choisis aujourd'hui, ô Marie pour ma mère et ma reine, je te livre et consacre en toute soumission et amour, mes biens charismatiques, selon ton bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et l'éternité. »
(Inspiré de saint L-M de Montfort, A.S.E. 225)


[1] Extraits de Jean de la Croix, La montée du Carmel, Livre III, chapitre XXIX

[2] Extraits de Jean de la Croix, La montée du Carmel, Livre III, chapitre XXX

[3] Extraits de Jean de la Croix, La montée du Carmel, Livre III, chapitre XXX

[4] Extraits de Jean de la Croix, La montée du Carmel, Livre III, chapitre XXXI


Extraits de F. Breynaert, "Trente-trois jours pour se consacrer à Jésus-Christ par Marie",

EDB, Paris, 2012 (Nihil Obstat)

Breynaert (Françoise Breynaert)


A propos de l’auteur

Breynaert (Françoise Breynaert) Voir toutes ses publications

Née en 1963. Docteur en théologie (Marianum, Rome). J'ai rencontré les fondateurs du projet "Marie de Nazareth" en septembre 2001 et je me suis mise à leur service en partant à Rome dès le mois d'octobre. J'ai étudié à la faculté pontificale de théologie "Marianum", en apportant au projet des fiches de synthèse en français, entre les années 2002 et 2005. Pendant ces années à Rome, en 2004, j'ai soutenu une thèse de doctorat "L'arbre de vie, symbole de la spiritualité de saint L-M de Montfort", avec la mention Summum cum laude (mention suprême).
En 2006, j'ai donné la formation mariologique au séminaire franciscain de Jérusalem (en italien). Entre temps, j'ai aussi parfois donné des sessions de formations dans des communautés classiques ou dans d... Voir plus