Jérusalem, sainte Anne

Situation géographique

L’église sainte Anne, tenue par l’église catholique romaine, et la maison sainte Anne, tenue par l’église grec-orthodoxe sont situées dans le quartier musulman de la Vieille Ville,

- à côté de l'actuelle esplanade des mosquées, qui, à l'époque de la Vierge Marie était le mont du Temple.

- à côté de l'actuelle porte du Lion, appelée aussi la porte de saint Etienne car on y accède au lieu du martyre du diacre Etienne.

- à côté du site archéologique de la piscine (probatique) de Béthesda où, selon les Evangiles, le Christ guérit un paralytique, révélant son intimité avec Dieu le Père (Jn 5).

La mémoire du lieu de la naissance de Marie [1]

La tradition orientale, à quelques très rares exceptions, est constante à affirmer la naissance de Marie à Jérusalem près de la piscine probatique.

Les premiers témoignages ne sont pas antérieurs à la première moitié du VI° siècle, après la construction d'une église construite au milieu du V° siècle.

  • Le guide de Théodosius et le récit de l'anonyme de Plaisance évoquent l'église sainte Marie construite à côté de la Probatique.

  • Sophrone de Jérusalem écrit : « Entrant à la sainte Probatique où la toute renommée Anne enfanta Marie... Pénétrant dans le temple nouveau de la très pure mère de Dieu... la place où la princesse naquit dans la chambre de ses pères »[2].

Cette église est détruite lors du passage du calife Al-Hakim en 1009.

N.B. La tradition occidentale a parfois situé la naissance de Marie :

- à Bethléèm : Tertullien, Cyrille d'Alexandrie, etc...

- à Nazareth : De Nativitate Mariae (IX° siècle), qui prend un argument tiré de l'Evangile (Marie a vécu à Nazareth).

- à Sépphoris : c'est une thèse tardive qui date de l'époque des Croisés en Terre sainte.

L'actuel sanctuaire byzantin

Les chrétiens de rite byzantin ont un sanctuaire appelé « Mary birthplace », juste à côté de l’entrée de l’église sainte Anne, en descendant vers la porte des lions.

Au rez-de-chaussée, une chapelle permet de chanter un office, et plusieurs icônes rappellent l’importance de sainte Hélène, la mère de l’empereur Constantin, pour l’identification et la mise en honneur des lieux saints, au IV° siècle.

Au premier sous-sol, nous entrons dans une chambre qui serait le lieu de la naissance de Marie, un lieu marqué par quelques icônes et des lampes à huiles. Ce lieu est matériellement tout proche de la crypte de l’église latine où est aussi vénérée la naissance de Marie.

Au second sous-sol, assez profondément sous terre, nous vénérons les tombes de Zacharie et Anne.

L'actuel sanctuaire latin

En 1140, les Croisés construisent la belle église romane de Sainte-Anne pour commémorer la maison natale de la Vierge. Bientôt trop petite pour contenir une communauté toujours croissante, la façade est repoussée de 7 mètres pour gagner de la place. Sur le mur nord, on voit bien l’endroit à partir duquel la nef a été allongée de 7 mètres pour agrandir l’édifice. Le plan de l’église est cruciforme. La façade penche légèrement vers la gauche pour symboliser la tête penchée du Christ sur la croix.

La crypte est plus ancienne que l’église. Les fondations des piliers se confondent avec la structure originale du sanctuaire primitif.

Suite au départ des croisés de Jérusalem, l’église Sainte-Anne fut préservée de la destruction grâce à une formidable acoustique qui la fit convertir en école coranique.

En 1856, elle fut offerte à Napoléon III par le Sultan, en remerciement de son soutien lors de la guerre de Crimée. Confiée aux Pères Blancs du cardinal Lavigerie, elle fut restaurée par le gouvernement français à la suite des dommages survenus pendant la guerre des six jours de 1967.


[1] S. Mimouni, Dormition et Assomption de Marie. Histoire des traditions anciennes, Paris, Beauchesne, 1995, p.

[2] Hymne anacréontique n°XX, lignes 81-94


Breynaert (Françoise Breynaert)


A propos de l’auteur

Breynaert (Françoise Breynaert) Voir toutes ses publications

Née en 1963. Docteur en théologie (Marianum, Rome). J'ai rencontré les fondateurs du projet "Marie de Nazareth" en septembre 2001 et je me suis mise à leur service en partant à Rome dès le mois d'octobre. J'ai étudié à la faculté pontificale de théologie "Marianum", en apportant au projet des fiches de synthèse en français, entre les années 2002 et 2005. Pendant ces années à Rome, en 2004, j'ai soutenu une thèse de doctorat "L'arbre de vie, symbole de la spiritualité de saint L-M de Montfort", avec la mention Summum cum laude (mention suprême).
En 2006, j'ai donné la formation mariologique au séminaire franciscain de Jérusalem (en italien). Entre temps, j'ai aussi parfois donné des sessions de formations dans des communautés classiques ou dans d... Voir plus