Le baptême sauve la justice et détruit l'injustice

Nous lisons dans l'Ancien Testament qu'au temps de Noé, comme tout le genre humain était en proie au péché, les cataractes du ciel se sont ouvertes et que pendant quarante jours les eaux de la pluie se sont abattues ; symboliquement, c'est pendant quarante jours que la terre a reçu l'eau. Il s'agit là moins d'un déluge que d'un baptême.
C'est bien un baptême qui a emporté l'iniquité des pécheurs et épargné la justice de Noé.

Ainsi donc le Seigneur, aujourd'hui comme à cette époque, nous a donné à nous aussi le Carême pour que, pendant le même nombre de jours, s'ouvrent les cieux pour nous inonder de l'ondée de la miséricorde divine.
Une fois lavés dans les eaux salutaires du baptême, le sacrement nous illumine ; comme autrefois, les eaux emportent l'iniquité de nos fautes et affermissent la justice de nos vertus.
La situation aujourd'hui est la même qu’au temps de Noé. Le baptême est déluge pour le pécheur et consécration pour ceux qui sont fidèles.
Dans le baptême, le Seigneur sauve la justice et détruit l'injustice.

Nous le voyons dans l'exemple d'un seul et même homme ; l’apôtre Paul, avant d'être purifié par les préceptes spirituels, était persécuteur et blasphémateur. Une fois baigné de la pluie céleste du baptême, le blasphémateur est mort, mort le persécuteur, mort Saul ; alors prend vie l'apôtre, le juste, Paul… Quiconque vit religieusement le Carême et observe les prescriptions du Seigneur voit mourir en lui le péché et vivre la grâce ; se succédant en quelque sorte à lui-même, il meurt comme pécheur et vit comme juste.


Saint Maxime de Turin,

Sermon pour le Carême ; Sermon 50 ;

PL 57, 585A-586B