Le grand Canon de saint André de Crète

Le grand canon de saint André de Crète est un chant ou une poésie liturgique inspirée des saintes Ecritures et ayant pour but de produire des fruits dignes du repentir.

Nous ne présentons ici qu'un très petit extrait, une partie des odes chantées aux complies du mardi :

Ode1

1. (Hirmos) Le Seigneur est mon aide et mon protecteur, c'est lui qui m'a sauvé, c'est lui mon Dieu, je le glorifierai ; c'est le Dieu de mes pères et je l'exalterai, car il a fait éclater sa gloire.
Ps 118 ; Ex 15*1-2

10. Nous aussi, âme endurcie, à l'exemple de Caïn nous n'avons offert au Créateur de toutes choses que des actions souillées, des sacrifices répréhensibles et une vie mauvaise, c'est pourquoi nous avons encouru la condamnation.

Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi.

11. Comme un potier façonnant l'argile, tu m'as donné une chair et des os animés d'un souffle de vie, aujourd'hui, ô mon Créateur,ô mon Rédempteur, ô mon Juge, ne repousse pas ma pénitence. Gn 2*7

Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi.

12. Je confesse devant toi, ô mon Sauveur, les péchés que j'ai commis, je dévoile les blessures de mon âme et de mon corps, telles que me les ont faites, semblables à des brigands, mes pensées meurtrières.
Ps 32*5 ; Lc 10*30

Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi.

13. J'ai péché, ô mon Sauveur, mais je connais ton amour pour l'homme, tu frappes avec clémence et tu compatis avec ardeur,Tu me vois en pleurs et tu cours au devant de moi comme le père accueillant le fils prodigue.
Lc 15*20

Gloire au Père*...

Ô Trinité supersubstantielle, qui es adorée dans ton Unité, soulage-moi du fardeau pesant de mes péchés, et accorde-moi dans ta compassion des larmes de repentir.

Maintenant et toujours*...

Ô Mère de Dieu, espérance et protection de ceux qui te chantent,allège le poids, le fardeau de mes péchés ;très-sainte Dame, accueille-moi transformé par le repentir.

Ode 9

198. (Hirmos) Virginalement conçu d'une mère sans époux et engendré sans corruption, le fruit divin demeure inexplicable ; la naissance de Dieu renouvelle la nature des êtres. C'est pourquoi toutes les générations te magnifient et te saluent fidèlement, ô Mère et Épouse de Dieu !

Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi.

207. Le Christ connut la tentation, le diable l'éprouva lui montrant les pierres pour qu'il les transforme en pains ; il l'emporta au sommet d'une haute montagne pour étaler à ses regards tous les royaumes de la terre : redoute, ô mon âme, les artifices du démon, veille, prie et invoque sans cesse le Tout-Puissant !
Lc 4*3-8 ; Mt 26*41

Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi.

208. Comme la tourterelle hantant les solitudes, la voix du Précurseur s'est fait entendre dans le désert, proclamant la pénitence ; mais Hérode s'abandonne au péché avec Hérodiade !Prends garde, ô mon âme, de te laisser surprendre par les pièges des impies, mais embrasse la conversion !
Mt 3*1-3 ; 14*3-12

Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi.

209. Le Précurseur de la grâce habitait le désert, et toute la Judée et la Samarie accouraient à lui pour l'entendre, et confessant leurs péchés, recevaient le baptême avec empressement ; toi seule, ô mon âme, tu n'as pas suivi leur exemple !
Mt 3*5-7

Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi.

210. Le mariage est digne d'être honoré, chaste est le lit nuptial, car le Christ venu dans la chair les a bénis l'un et l'autre aux noces de Cana. Il changea l'eau en vin, accomplissant ainsi son premier miracle, ô mon âme, pour que tu te transformes aussi.
Jn 2*1-11

Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi.

211. Le Christ redressa le paralytique et lui fit emporter son lit de douleur. Il ressuscita le fils de la veuve et le serviteur du centurion, puis,se faisant connaître à la Samaritaine, il t'enseigna ainsi, ô mon âme, l'adoration en esprit.
Lc 5*24 ; 7*12-15 ; Mt 8*5-13 ; Jn 4*6-26

Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi.

212. Le Seigneur guérit par le contact de sa robe la femme atteinte d'un flux de sang, il purifia les lépreux, rendit la lumière aux aveugles, et redressa les boiteux. Il guérit par sa seule Parole les sourds-muets et la femme courbée, t'offrant, ô âme misérable, les présages de ton salut ! Lc 17*11-14 ; 13*10-17

Gloire au Père*...


* Pour compléter l'usage du Grand Canon aux Grandes Complies, les louanges mariales et les invocations à saint André de Crète qui terminent chaque ode, ainsi que les invocations à sainte Marie l'Égyptienne, de même que certains louanges trinitaires, ont été ajoutées au texte du Grand Canon. Ces strophes sont tirés du Triode de Carême, tome 1 (Collège Grec de Rome, 1978).


L'édition française du Grand Canon est disponible à

l'Abbaye Saint-Michel de Bois-Aubry, 37120 Luzé, France,

ou sur http://www.pagesorthodoxes.net/metanoia/grand-canon1.htm