Les femmes dans le Coran

« Les femmes » est le titre de la sourate 4, mais on en parle aussi ailleurs.

Il y a une parité entre les femmes et les hommes en tant que croyants :
Coran 3, 195 ; 33, 35 ; 57, 12.
Citons par exemple :
« Les Musulmans et Musulmanes, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, donneurs et donneuses d'aumônes, jeûnants et jeûnantes, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent de Dieu et invocatrices : Dieu a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. » (Sourate 33, 35)

Mais la femme est une "tentation" :
« Ô vous qui avez cru, vous avez de vos épouses et de vos enfants un ennemi [une tentation]. Prenez-y garde donc. Mais si vous [les] excusez passez sur [leurs] fautes et [leur] pardonnez, sachez que Dieu est Pardonneur, Très Miséricordieux. » (Coran 64, 14)

Les questions d'héritages sont liées au questions de dots :
Les sourates 4, 9-12 sur les normes des héritages entre fils et filles ou entre mari et femme (en général, la part de la femme est la moitié de celle l'homme) sont liées aux sourates concernant les dots (sourate 4, 4 ; 2, 229 ; 2, 236 ; 33, 50 ; 60, 10-11).
Certains disent que c'est parce que l'homme paye à la femme une dot lorsqu'il se marie qu'il reçoit une double part d'héritage.
D'autres constatent que ce système maintient la femme dans une situation secondaire comme dans tout le système musulman, car la raison est théologique : l'islam a rejeté la foi trinitaire ; Dieu, selon le Coran, est solitaire, c'est donc seulement l'homme qui est à l'image de Dieu. De là l'infériorité de la femme.

Dans la vie quotidienne, les femmes sont soumises aux hommes :
Citons par exemple :
« Vos épouses sont pour vous un champ de labour; allez à votre champ comme [et quand] vous le voulez et oeuvrez pour vous-mêmes à l'avance. Craignez Dieu et sachez que vous le rencontrerez. Et fais gracieuses annonces aux croyants ! » (Sourate 2, 223)
(On peut remarquer avec un peu de finesse que l'homme n'est justement pas libre de labourer quand il veut... Allah ne savait-il donc pas que l'on ne laboure pas n'importe quand, mais seulement en automne ? Et s'il ne sait pas cela, est-il Dieu ?)

« Et quiconque parmi vous n'a pas les moyens pour épouser des femmes libres (non esclaves) croyantes, eh bien (il peut épouser) une femme parmi celles de vos esclaves croyantes. Dieu connaît mieux votre foi, car vous êtes les uns des autres (de la même religion). Et épousez-les avec l'autorisation de leurs maîtres (Waliy) et donnez-leur un mahr (dot) convenable. [...] » (Sourate 4, 25)

« Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs que Dieu accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection de Dieu.
Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Dieu est certes, Haut et Grand ! » (Sourate 4, 34)


Mariages illicites (les femmes que l'on ne peut pas épouser) :
N.B. Quand le coran dit « exception faite pour le passé », il s'agit du passé de la vie du prophète Mahomet.

« Et n'épousez pas les femmes que vos pères ont épousées, exception faite pour le passé. C'est une turpitude, une abomination, et quelle mauvaise conduite ! » (Sourate 4, 22)
« Vous sont interdites vos mères, filles, sœurs, tantes paternelles et tantes maternelles, filles d'un frère et filles d'une sœur, mères qui vous ont allaités, sœurs de lait, mères de vos femmes, belles-filles sous votre tutelle et issues des femmes avec qui vous avez consommé le mariage; si le mariage n'a pas été consommé, ceci n'est pas un péché de votre part; les femmes de vos fils nés de vos reins; de même que deux sœurs réunies - exception faite pour le passé. Car vraiment Dieu est Pardonneur et Miséricordieux. » (Sourate 4, 23)
« Et parmi les femmes, les dames (qui ont un mari), sauf si elles sont vos esclaves en toute propriété. [...] » (Sourate 4, 24)

Les femmes émigrées, étrangères, mécréantes ou converties à l'islam :
[N.B. Les croyantes font la profession de foi musulmane.
Les mécréantes sont ici les non-musulmanes, par exemple les chrétiennes]:

« Ô vous qui avez cru !
Quand les croyantes viennent à vous en émigrées, éprouvez-les;
Dieu connaît mieux leur foi; si vous constatez qu'elles sont croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants. Elles ne sont pas licites [en tant qu'épouses] pour eux, et eux non plus ne sont pas licites [en tant qu'époux] pour elles. Et rendez-leur ce qu'ils ont dépensé (comme mahr). Il ne vous sera fait aucun grief en vous mariant avec elles quand vous leur aurez donné leur mahr.
Et ne gardez pas de liens conjugaux avec les mécréantes.
Réclamez ce que vous avez dépensé et que (les mécréants) aussi réclament ce qu'ils ont dépensé.
Tel est le jugement de Dieu par lequel Il juge entre vous, et Dieu est Omniscient et Sage. » (Sourate 60, 10)

« Et si quelqu'une de vos épouses s'échappe vers les mécréants, et que vous fassiez des représailles, restituez à ceux dont les épouses sont parties autant que ce qu'ils avaient dépensé. Craignez Dieu en qui vous croyez. » (Sourate 60, 11)

Le divorce :
Les ex-conjoints doivent avoir une gentillesse réciproque (Coran 2, 228)
Les procédures sont décrites en 2, 226-237. 240-241 ; 33, 4.49 ; 58, 1-4.


Le divorce doit être précédé d'une tentative de réconciliation :
« Si vous craignez le désaccord entre les deux [époux], envoyez alors un arbitre de sa famille à lui, et un arbitre de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Dieu rétablira l'entente entre eux. Dieu est certes, Omniscient et Parfaitement Connaisseur. » (Sourate 4, 35)

Le divorce doit être précédé d'un délai qui permet de prendre en compte une grossesse éventuelle :
« Pour ceux qui font le serment de se priver de leur femme, il y a un délai d'attente de quatre mois. Et s'ils reviennent (de leur serment) celui-ci sera annulé, car Dieu est certes Pardonneur et Miséricordieux ! » (Sourate 2, 226)
« Et les femmes divorcées doivent observer un délai d'attente de trois menstrues; et il ne leur est pas permis de taire ce que Dieu a créé dans leurs ventres, si elles croient en Dieu et au Jour dernier. Et leurs époux seront plus en droit de les reprendre pendant cette période, s'ils veulent la réconciliation. Quant à elles, elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. Mais les hommes ont cependant une prédominance sur elles. Et Dieu est Puissant et Sage. » (Sourate 2, 228)


Source : Index analytique du Coran, dans :

Cherubino Mario Guzzetti, Bibbia e Corano, San Paolo, Torino 19.

La traduction française du saint Coran est celle du site http://oummatv.tv/coran/index.php

F.Breynaert