Murillo (1618-1682), peintre de la douceur

Bartolomeo Estéban Murillo, Immaculée conception. Vers 1650. Huile sur toile
Bartolomeo Estéban Murillo, Immaculée conception. Vers 1650. Huile sur toile 436 x 297 cm. Couvent de Saint François, Seville (Espagne). Wikimedia CC.

Bartolomé Esteban Murillo est un espagnol, d'Andalousie (Séville, 1618 - Cadix, 3 avril 1682).
L'Andalousie, qui n'avait été libérée de l'occupation musulmane qu'à la fin du XV° siècle, est alors caractérisée par une grande ferveur chrétienne.

Né dans une famille de modeste condition, orphelin à l'âge de quatorze ans, il apprit la peinture chez Juan del Castillo, puis, vers 1640, il rencontra le peintre Pedro de Moya, qui lui transmis la technique flamande. (Sur la planche de bois, on étend à chaud une couche de gypse ou de craie mélangée à de la colle. Ce fond blanc confère aux œuvres une grande luminosité. Les peintres procèdent ensuite par fines couches successives afin d'obtenir la transparence que nous admirons). Murillo reçoit aussi l'influence du ténébrisme de Zurbarán.

Sa première commande importante comporte 11 grandes toiles représentant l'histoire de l'ordre franciscain pour le couvent de cet ordre à Séville. Murillo est aussi surtout célèbre pour les scènes représentant les gens du peuple. Il transpose souvent dans ses tableaux religieux des personnages observés dans les rues de Séville. Les fonds de ces peintures, sombres et avec très peu de détails, font ressortir les personnages, vivants et aimables.

Il fonde et préside en 1660 l'académie des beaux-arts de Séville. Le 3 avril 1682, il chute d'un échafaudage alors qu'il peint un retable au couvent des capucins de Cadix. Il meurt peu après.

Murillo a été beaucoup copié et cette admiration a forgé de lui une image mièvre qui est loin de correspondre à la réalité. Ses compositions sont celle d'un très grand maître. La douceur qu'il représente correspond aux béatitudes de l'Evangile, c'est un fruit de l'Esprit Saint.

Quelques œuvres :

La Vierge et le chapelet ou le rosaire.

Pour la Vierge Marie, ce rosaire signifie le fait que Marie méditait tous les évènements dans son cœur (Luc 2, 19. 51). Pour nous, ce rosaire est une invitation à la prière.

Exemple 1 : La Vierge au Rosaire (1645) est sa première œuvre connue (cliquez pour voir).

Exemple 2 : La Vierge et l'enfant dite La Vierge au Chapelet, vers 1650, hst, 166 x 125 cm, Castres, Musée Goya

L'immaculée conception.

L'Immaculée Conception était le thème préféré des Sévillans de l'époque. On disputait alors de ce qui n'était pas encore un dogme, et le deviendra en 1854.
Exemple 1 : L'Immaculée Conception. Marie est représentée très jeune, avec la lune sous les pieds (Apocalypse 12, 1). Les anges l'entourent. (Cliquez : voir).


Exemple 2 : L'Immaculée Conception, (1678), Musée du Prado, Madrid (Cliquez : voir).
Marie est représentée jeune avec la lune sous les pieds (Apocalypse 12, 1). Elle porte une robe blanche et un manteau bleu.

La naissance de la Vierge.
La naissance de la Vierge, Huile sur toile. 179 cm x 349 cm. voir : cliquez.
La composition est en triangle rectangle. Sainte Anne repose dans le lit, tandis que des anges aident à la toilette de l'enfant. Ce tableau se comprend dans la perspective spirituelle de Pierre de Bérulle.

Scène de la vie quotidienne à Nazareth.
La Vierge à la serviette, 1665-1666. Museo de Bellas Artes, Sevilla, Espagne. Murillo souligne la douceur maternelle de Marie.


Breynaert (Françoise Breynaert)


A propos de l’auteur

Breynaert (Françoise Breynaert) Voir toutes ses publications

Née en 1963. Docteur en théologie (Marianum, Rome). J'ai rencontré les fondateurs du projet "Marie de Nazareth" en septembre 2001 et je me suis mise à leur service en partant à Rome dès le mois d'octobre. J'ai étudié à la faculté pontificale de théologie "Marianum", en apportant au projet des fiches de synthèse en français, entre les années 2002 et 2005. Pendant ces années à Rome, en 2004, j'ai soutenu une thèse de doctorat "L'arbre de vie, symbole de la spiritualité de saint L-M de Montfort", avec la mention Summum cum laude (mention suprême).
En 2006, j'ai donné la formation mariologique au séminaire franciscain de Jérusalem (en italien). Entre temps, j'ai aussi parfois donné des sessions de formations dans des communautés classiques ou dans d... Voir plus