Oruro et la diablata

Origine

Depuis la fin du XVI° siècle, les mineurs (des mines d’argent) vénèrent « la Vierge de la chandelle » (Virgen de la Candelaria) ou encore « Virgen del socavon » (Vierge du tunnel).

Selon la tradition, la Vierge serait apparue au peuple alors qu’il était pris dans un curieux combat surnaturel contre des démons : les démons étaient apparus au nord avec des crapauds, au sud avec des serpents, et à l’est avec des fourmis géantes. La Vierge transforma en sable les fourmis et en pierre les serpents, et elle mis en fuite les crapauds. (1)

La fête de la diablata rappelle ce prodige.

La diablata

Elle se célèbre un samedi de Carnaval.

Le cortège avance un groupe derrière l’autre, et il entre dans le sanctuaire. Et les danseurs entrent et sortent du sanctuaire sans jamais tourner le dos à la statue de Notre Dame.

Un défilé représente des diables, menés par Lucifer et par la « China supay » qui incarne la féminité charnelle. Il y aussi les anges qui les combattent et marchent avec saint Michel.

Remarquable aussi, le fait que plusieurs fraternités composées distinctement d’Indiens, de métis et de blancs se réunissent à la périphérie de la ville et se rendent groupe par groupe pour saluer la Vierge Marie.

Ce défilé pluri-ethnique est en soi une grande victoire sur le démon qui cherche à diviser et provoquer des discriminations, ou d’inhumaines conditions de travail dans les mines. C'est une manifestation de l'unité chrétienne autour de Jésus et Marie.

N.B. Associer la Vierge Marie à la victoire contre le Démon, et contre tous les démons de nos sociétés modernes, c’est exactement le message du nouveau Testament, et notamment de l’Apocalypse de saint Jean au chapitre 12. La Femme enfante un Fils menacé par Satan, le Fils est emporté à la droite de Dieu (c’est l’Ascension de Jésus après sa Passion et resurrection), tandis que Satan lutte contre les autres enfants de cette Femme qui est à la fois l’Eglise et Marie. C'est ce que nous vous proposons de lire en approfondissement.

Fêtes :

2 février : Notre Dame de la chandelle
Samedi de carnaval : la diablata

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(1) Cf. Attilio GALLI, Madre della Chiesa dei Cinque continenti, Ed. Segno, Udine, 1997, p. 885-891