Peintures mariales dans les catacombes (Rome)

Rome. Catacombe de Priscilla. Vierge à l'enfant avec le prophète Balaam. IIe siècle
Rome. Catacombe de Priscilla. Vierge à l'enfant avec un prophète pointant une étoile. IIe siècle. (wikipedia.org, CC-PD-Art, http://it.wikipedia.org/wiki/File:Madonna_catacomb.jpg )

Les catacombes ont existé avant l'ère chrétienne : les Romains reprenaient l'ancienne pratique des Étrusques pour ensevelir les morts à l'extérieurs de la ville. En fait, le nom original de ces lieux était « cœmeteria » (dortoirs) et un seul de ces cimetières portait le nom de Catacombe, celui de San Sebastiano à Rome sur la Via Appia dont l'entrée se situait au fond d'une dépression, une combe, une carrière.

Les peintures à caractère marial (Adoration des mages, Vierge à l'enfant) dans les catacombes sont un discret témoignage de la place de Marie dans le culte primitif.

1. L'adoration des Mages:

Dans l'arc central de la "chapelle grecque" des catacombes de Priscille à Rome, datant de l'an 180 environ, la vierge apparaît dans une attitude majestueuse, assise, dans l'acte de présenter son divin fils à l'adoration des mages[1].

2. La Vierge avec l'enfant:

La peinture est située dans un des plus anciens noyaux de la catacombe et on peut le situer vers l'an 210.

La Vierge est représentée avec l'enfant dans les bras; à sa droite il y a un prophète, qui montre une étoile sur le chef du divin enfant; un peu plus loin est représentée la scène du bon Berger qui porte un mouton sur les épaules dans un milieu paradisiaque.
Il est probable que la scène de la Vierge avec l'enfant fasse en même temps allusion à la prophétie d'Isaїe 7,14 sur la Vierge qui enfantera un fils et à la prophétie de Balaam sur l' "étoile qui se lèvera de Jacob" (Nm 24,17).

Dans le cadre du cimetière, les deux peintures donnent vie à une scène de salut: le Christ, annoncé par le prophète, fils de la Vierge Mère est le bon berger que sauve; mais quelques auteurs observent qu'on ne peut pas exclure à priori qu'avec l'acte de foi dans le Christ qui sauve, la scène suggère aussi la confiance dans l'intercession de la mère du Rédempteur pour implorer le salut éternel aux morts. [2]


[1] P. TESTINI, Le catacombe e gli antichi cimiteri cristiani in Roma, Cappellli ed., Bologna 1966, 288.

[2] S. MAGGIO, Come arricchire la catechesi mariana degli adulti leggendo le testimonianze mariane dei primi due secoli, in AA. VV., La Madonna nella vita pastorale, Las, Roma 1982, 143.


Gila (Angelo Gila)


A propos de l’auteur

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Sa formation

Né à Turin le 7 avril 1933, Angelo Gila est frère de l'ordre des Servites de Marie de la province du Piemont-Romagne, et il est ordonné prêtre le 9 février 1958.
Il est docteur en théologie à la faculté théologique pontificale « Marianum » le 3 juillet 1965, avec une thèse sur les textes marials de Sévère de Gabala.

Sa vie de professeur de patristique et de mariologie

Il enseigne au Marianum jusqu'en 2003, année de ses 70 ans où il est devenu émérite.
Son activité de professeur de théologie patristique et de mariologie a été intense, auprès de la fédération intercommunautaire des études théologiques de Turin, auprès du centre d'étude mariologique et écuménique de Turin, auprès de la ... Voir plus