Une spiritualité de l’Incarnation (Montfort)

Guido Reni, L'Annonciation (1628-1629), huile sur toile, 237x164 cm. CC.
Guido Reni, L'Annonciation (1628-1629), huile sur toile, 237x164 cm. CC.

L'Incarnation, c'est le mystère du Verbe qui se fait homme : le Fils de Dieu devient Fils de l'homme.

Pour saint Louis-Marie de Montfort, le mystère de l'Incarnation est le «propre mystère» (VD 243) de sa voie spirituelle, il le porte en lui comme une source intérieure jaillissante : «O Sagesse éternelle et incarnée! O très aimable Jésus, vrai Dieu et vrai homme, Fils unique du Père éternel et de Marie toujours vierge !» (ASE 223).

L'Incarnation dépend non seulement de Dieu, mais aussi de la mère de Jésus, de Marie, de son Oui. C'est pourquoi Montfort continue sa prière par «la Consécration de soi-même à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, par les mains de Marie» (ASE 225).


Les «actions» passent, mais les «états» sont permanents et gardent pour nous toute leur force salvifique (leur «vertu»). Par l'Incarnation, pour toujours désormais, le Fils du Père est établi dans «l'état» de «Fils de Marie», et Marie elle-même dans «l'état », de «Mère de Jésus».
La dépendance de Jésus par rapport à Marie devient le fondement de sa voie spirituelle de saint Louis-Marie de Montfort. Se confier à Marie, dépendre d'elle, se livrer à elle, c'est imiter Jésus (ASE 226), et imiter la très sainte Trinité qui a voulu dépendre de Marie pour l'Incarnation (VD 140).


Abréviations :

ASE : Saint Louis-Marie de Montfort, Amour de la Sagesse éternelle.
VD : Saint Louis-Marie de Montfort, Traité de la vraie dévotion.


Résumé par F. Breynaert de : A. Bossard, « Incarnation »,

Dictionnaire de spiritualité montfortaine, Novalis, Outremont (Quebec), 1994.

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