La nécessité de l'unité « pour que le monde croie » (Jn 17,21)

« Que tous soient un »

La prière solennelle du Christ au soir du Jeudi Saint à la Cène se conclut par cette prière que tous ses disciples soient « un » (Jn 17,21) « pour que le monde croie ». Le témoignage des chrétiens au Dieu d'amour ne sera en effet pas crédible ni recevable s'ils ne manifestent pas entre eux cet amour et si on ne peut pas dire d'eux comme au temps des Apôtres qu'ils n'ont « qu'un seul coeur et qu'une seule âme » (Ac ou comme Tertullien le rapporte : « voyez comme ils s'aiment ! » (Apologeticum, 39)

Un engagement « irréversible » et « irrévocable »

Chacun des derniers Papes ont insisté sur la nécessité de l'oecuménisme, parlant même d'engagement « irréversible » et « irrévocable » des catholiques sur le chemin de l'Unité des chrétiens. Au temps des premiers Conciles, de Nicée, Constantinople, Chalcédoine, au premier millénaire, l’Église était « une ». Il y avait bien sûr des tensions, des divisions, dès le premier jour, mais en gros il y avait une seule Église. À partir du Vème siècle cependant, cette unité commence à se casser, à se lézarder, et cette division va s’accentuer et culminer en l’année 1054 lors de ce grand schisme entre l’Orient et l’Occident, puis dans la crise protestante. Autrement dit depuis 1.500 ans, depuis 15 siècles les Églises se multiplient : 3000, 4000, 5000 on n’ose pas les compter. Mais depuis 1 siècle environ, les chrétiens ont pris conscience de la blessure que leurs divisions infligent au Coeur du Christ, de la nocivité de leur contre-témoignage et de la nécessité de se retrouver et de travailler ensemble, pour l'évangélisation du monde.