L'Esprit Saint, Avocat, Paraclet, et la Vierge Marie

L'Esprit Saint, Avocat, Paraclet, et la Vierge Marie

Le concile Vatican II a précisé que la médiation de Marie doit être comprise comme une médiation subordonnée à celle du Christ.

50 ans plus tard, les théologiens de la PAMI pensent que la médiation de Marie doit aussi être pensée comme étant subordonnée à l'Esprit Saint.

La médiation de Marie est subordonnée au Christ et à l'Esprit pour le simple motif qu'elle n'a pas de nature divine[1].

L'Esprit Saint Avocat, Consolateur

Avant que les premiers pères de l'Eglise n'appellent Marie « avocate », Jésus avait désigné l'Esprit Saint comme étant le Paraclet (l'avocat, le défenseur, le consolateur).

Le Catéchisme de l'Eglise catholique (CEC) nous rappelle ces passages important de l'Evangile, et il nous les explique :

L'Esprit Saint est désigné par Jésus comme Paraclet (avocat) dans le discours d'Adieu pendant la dernière Cène.

« Avant sa Pâque, Jésus annonce l'envoi d'un "autre Paraclet" (Défenseur), l'Esprit Saint. A l'oeuvre depuis la création (cf. Gn 1,2), ayant jadis "parlé par les prophètes" (Symbole de Nicée-Constantinople), il sera maintenant auprès des disciples et en eux (cf. Jn 14,17), pour les enseigner (cf. Jn 14,26) et les conduire "vers la vérité tout entière" (Jn 16,13). L'Esprit-Saint est ainsi révélé comme une autre personne divine par rapport à Jésus et au Père. » (CEC 243)

« Jésus, lorsqu'il annonce et promet la venue de l'Esprit Saint, le nomme le "Paraclet", littéralement: "celui qui est appelé auprès", "ad-vocatus" (Jn 14,16 ; 14,26 ; 15,26 ;16,7). "Paraclet" est traduit habituellement par "Consolateur", Jésus étant le premier consolateur (cf. 1Jn 2,1). Le Seigneur lui-même appelle l'Esprit Saint "l'Esprit de Vérité" (Jn 16,13). » (CEC 692)

L'Esprit Saint Paraclet-avocat défend la foi en faisant voir où est le péché et où la rédemption de Jésus.

« Avec la progression de la Révélation est éclairée aussi la réalité du péché. Bien que le Peuple de Dieu de l'Ancien Testament ait connu d'une certaine manière la condition humaine à la lumière de l'histoire de la chute narrée dans la Genèse, il ne pouvait pas atteindre la signification ultime de cette histoire, qui se manifeste seulement à la lumière de la Mort et de la Résurrection de Jésus-Christ (cf. Rm 5,12-21). Il faut connaître le Christ comme source de la grâce pour connaître Adam comme source du péché. C'est l'Esprit-Paraclet, envoyé par le Christ ressuscité, qui est venu "confondre le monde en matière de péché" (Jn 16,8) en révélant Celui qui en est le Rédempteur. » (CEC 388)

L'Esprit Saint et Marie

La mère de Jésus est sans cesse associée au don de l'Esprit Saint, elle semble préparer les disciples à recevoir le don de l'Esprit Saint :

- Dans l'Evangile de Jean, sur la croix, après avoir donné au disciple sa mère, Jésus remet l'Esprit (Saint) ;

- Dans les Actes des apôtres, après un temps où la mère de Jésus était en prière avec les disciples, l'Esprit Saint est donné sur l'assemblée réunie au cénacle.

Nous pouvons dire de Marie en rapport avec l'Esprit Saint ce que le concile Vatican II dit de Marie en rapport avec le Christ :

« Unique est notre Médiateur selon les paroles de l'Apôtre: "Car, il n'y a qu'un Dieu, il n'y a aussi qu'un Médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même, qui s'est donné en rançon pour tous" (1Tm 2,5-6 ). Mais le rôle maternel de Marie à l'égard des hommes n'offusque et ne diminue en rien cette unique médiation du Christ: il en manifeste au contraire la vertu. Car toute influence salutaire de la part de la bienheureuse Vierge sur les hommes a sa source dans une disposition purement gratuite de Dieu: elle ne naît pas d'une nécessité objective, mais découle de la surabondance des mérites du Christ ; elle s'appuie sur sa médiation, dont elle dépend en tout et d'où elle tire toute sa vertu ; l'union immédiate des croyants avec le Christ ne s'en trouve en aucune manière empêchée, mais au contraire aidée. »[2]

« La bienheureuse Vierge est invoquée dans l'Eglise sous les titres d'avocate, d'auxiliatrice, de secourable, de médiatrice, tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n'en résulte quant à la dignité et à l'efficacité de l'unique Médiateur, le Christ. Aucune créature en effet ne peut jamais être mise sur le même pied que le Verbe incarné et rédempteur. Mais tout comme le sacerdoce du Christ est participé sous des formes diverses, tant par les ministres que par le peuple fidèle, et tout comme l'unique bonté de Dieu se répand réellement sous des formes diverses dans les créatures, ainsi l'unique médiation du Rédempteur n'exclut pas, mais suscite au contraire une coopération variée de la part des créatures, en dépendance de l'unique source.
Ce rôle subordonné de Marie, l'Eglise le professe sans hésitation ; elle ne cesse d'en faire l'expérience ; elle le recommande au coeur des fidèles pour que cet appui et ce secours maternels les aident à s'attacher plus intimement au Médiateur et Sauveur.»[3]

Le rôle de Marie est subordonné à celui du Christ et de l'Esprit Saint, mais il est réel :

L'Esprit Saint est Dieu et avec le Père et le Fils, il reçoit l'adoration. Tout comme l'unique médiation du Christ n'exclut pas la médiation de Marie, l'action divine de l'Esprit Saint n'exclut pas l'efficacité de l'action humaine de la bienheureuse Vierge Marie.

Ainsi, nous pouvons aussi dire que Marie est Avocate, aide, consolatrice : nulle addition n'en résulte quant à la dignité et à l'efficacité de l'Esprit Saint, Paraclet, Avocat, Consolateur.

Au contraire, Marie nous conduit à mieux vivre de l'Esprit Saint.

Le rôle de Marie comme avocate et auxiliatrice manifeste le rôle de l'Esprit Saint comme Avocat et Consolateur souverain.

Marie est la mère de Dieu, ce qui ne se pas à une simple fonction biologique. Son rôle comme avocate n'est pas une nécessité objective mais découle d'une disposition gratuite de Dieu.

Le rôle de Marie est certes subordonné à celui du Christ et de l'Esprit Saint, mais il est réel :

« Ce rôle subordonné de Marie, l'Eglise le professe sans hésitation ; elle ne cesse d'en faire l'expérience ; elle le recommande au coeur des fidèles. »


[1] Cf. E. Mühlen, Una mystica Persona. La Chiesa come il mistero dello Spirito santo in Cristo e nei cristiani: una sola persona in molte persone, Città Nuova, Roma 1968, pp. 722-723.

[2] Vatican II, Lumen Gentium 60

[3] Vatican II, Lumen Gentium 62

Adaptation pour Marie de Nazareth de :

Grzegorz BARTOSIK (ofmconv),

Mariologia e pneumatologia : temi condivisi e problematici,

Intervento alla PAMI (Pontificia Academia Mariana Internationalis), Roma, 7 settembre 2011.

Synthèse Françoise Breynaert