Marie et la divine miséricorde

Marie et la divine miséricorde

Notre foi doit rectifier les projections spontanées liées au mythe de l'éternel féminin.

« [Les archétypes de la féminité] habitent en nous et orientent notre discours, notre poésie, notre théologie, quand nous parlons de la Vierge Marie. Ces archétypes ne peuvent pas être ignorés. Autrement, nous risquerions de les subir sans les rectifier. De la sorte, on projetterait, d'une manière incontrôlée, sur la Vierge Marie révélée par la Bible, l'archétype de l'éternel féminin, de la maternité qui entoure, ou parfois qui accapare, ou des déesses-mères. C'est pour avoir subi l'illusion de tels mythes que les auteurs du XVII° siècle ont opposé à la justice venderesse du Christ la miséricorde de sa Mère « Jésus veux damner, Marie veut sauver », écrivait alors Binet. C'était projeter sur la communion parfaite du Christ et de la Vierge le mythe de la brutalité virile et de la tendresse féminine. »[1]

Marie a expérimenté l'amour miséricordieux de Jésus, elle sait combien il est grand.

« Personne n'a expérimenté autant que la Mère du Crucifié le mystère de la croix, la rencontre bouleversante de la justice divine transcendante avec l'amour : ce "baiser" donné par la miséricorde à la justice. [...] Marie est donc celle qui connaît le plus à fond le mystère de la miséricorde divine. Elle en sait le prix, et sait combien il est grand. En ce sens, nous l'appelons aussi Mère de la miséricorde. »[2]

« L'Immaculée reflète la miséricorde du Père. Conçue sans péché, elle fut capable de pardonner également ceux qui abandonnèrent et blessèrent son Fils au pied de la croix. »[3]

Marie nous fait mieux comprendre l'amour miséricordieux de Dieu.

« Dans le visage maternel de Marie, les chrétiens reconnaissent une expression très particulière de l'amour miséricordieux de Dieu qui, par la médiation d'une présence maternelle, fait mieux comprendre la sollicitude et la bonté propres du Père.

Marie apparaît comme celle qui attire les pécheurs et qui leur révèle, par sa sympathie et son indulgence, l'offrande de réconciliation. »[4]

L'enseignement de l'Eglise orthodoxe s'exprime dans la liturgie.

Citons par exemple :

« Vous êtes vraiment, ô Souveraine, une Source d'eau vive. Vous purifiez les maladies des âmes et des corps, vous guérissez tous les maux par votre seul contact, Vous qui versez le Christ, lequel est l'eau du salut. »[5]


[1] René Laurentin, Court traité sur la Vierge Marie, 1968, p. 153

[2] Jean Paul II, Lettre encyclique, Dives in misericordia. § 9

[3] Benoît XVI, Lettre aux évêques d'Espagne, 19 mai 05

[4] Jean Paul II, Audience du 11 mai 83

[5] Liturgie grecque, tropaire de l'Orthros

Synthèse F. Breynaert