Marie et l'Apocalypse

Vue d’ensemble du livre de l’Apocalypse

Jean : un prophète.

Jean s'est considéré comme un prophète chrétien et il s'est situé dans la tradition des prophètes de l'Ancien Testament. Il décrit son investiture prophétique (Ap 10, 8-11) sous une forme qui reproduit celle d'Ezéchiel (Ez 2, 9 - 3, 3). Son grand oracle contre Babylone (18, 1 - 19, 8) fait écho aux oracles prophétiques de l'Ancien Testament.[1]

Une apocalypse.

L'œuvre de Jean est aussi apocalyptique : Jean est transporté dans le ciel afin de voir le monde dans la perspective du ciel.

L'originalité de l'Apocalypse de Jean par rapport à d'autres apocalypses tient au fait que le symbolisme visuel est plus important, et qu'il s'agit d'une vision unique, les images sont communes à l'ensemble. De plus, Jean écrit en son nom propre, sans utiliser de pseudonyme tel que Hénoch, Abraham ou Esdras. [2]

Une lettre circulaire.

Le livre entier de l'Apocalypse est une lettre circulaire adressée à sept Eglises spécifiques (Ap 2-3). Ce livre devait donc être compris par ces lecteurs du premier siècle.

Le fait que les sept messages introduisent au reste du livre est spécialement visible dans les promesses aux vainqueurs qui concluent chacun d'eux. L'appel est de vaincre, mais le sens de la victoire ne devient clair que dans le reste du livre. La formule de la promesse au vainqueur réapparaît alors une seule fois dans la vision de la Nouvelle Jérusalem (21, 7). [3] En un sens, tout le livre traite de la manière dont les chrétiens des sept Eglises peuvent, en étant victorieux dans les situations spécifiques de leurs propres Eglises, entrer dans la Nouvelle Jérusalem.

Un combat.

Il y a donc un combat : on donna à la Bête « de mener campagne contre les saints et de les vaincre » (Ap 13, 7). Les chrétiens étaient une petite minorité de gens sans puissance contre le pouvoir écrasant de l'Etat et la pression débordante de la société païenne. Mais le message de Jean est que, vues d'une perspective céleste, les choses apparaissent bien différemment[4].

Un message universel.

Sept est le nombre de la totalité. En écrivant à sept Eglises, Jean écrit à toutes les Eglises. « Que celui qui a des oreilles entendent ce que l'Esprit dit aux Eglises ». (Ap 2,7 ; 2,11 ; 2,17 ; 2,29 ; 3,6 ; 3,13 ; 3,22)

Ce message universel est centré sur le contenu du rouleau scellé. Le livre n'est ouvert qu'au chapitre 10. Ce qui vient avant : la vision du ciel, l'adoration de l'Agneau et les évènements qui accompagnent l'ouverture des sept sceaux et les sept trompètes sont une préparation à la compréhension de ce rouleau. Un auteur récent, Richard Bauckham, permet de mieux repérer le contenu du rouleau, et donc d'attirer davantage l'attention sur le chapitre 11, et les chapitres 12-15 qui l'explicitent.

Que contient le rouleau ? Les malheurs (Ap 6-9) n'avaient pas obtenu la conversion des nations païennes (Ap 9, 21), or, le martyre des témoins du Christ l'obtient (Ap 11).

Ces témoins sont les fils de la femme revêtue de soleil, c'est-à-dire du Christ ressuscité ; ils sont vainqueurs de la bête (Ap 12).

Leur victoire n'est pas pour eux seulement, ils conduisent les nations à se prosterner devant Dieu (Ap 15, 3-4), pour finalement entrer avec eux dans la Jérusalem nouvelle (Ap 21).

"Le Livre ouvert est remis à Jean (Ap 10, 8-9) et, à travers lui, à l'Église entière." [5]


[1] Cf. Richard Bauckham, La théologie de l'Apocalypse, Cerf, Paris 2006, p. 14-15

[2] Cf. Ibid., p. 18-22

[3] Cf. Ibid., p. 23-25

[4] Cf. Ibid., p. 107

[5] JEAN PAUL II, Exhortation apostolique Ecclesia in Europa, 28 juin 2003, § 44


Synthèse F. Breynaert