Bx John Henry Newman (1801-1890)

Bx John Henry Newman (1801-1890)

John Henri Newman (1801-1890) est anglican jusqu'en 1845, catholique ensuite.

Sa jeunesse en proximité des évangélistes :

John-Henry est né à Londres le 21 février 1801.

A l'âge de 15 ans, il vit une expérience intense de sa relation personnelle à Dieu le Créateur. Sa « conversion » l'amène dans le protestantisme évangélique et calviniste. Son expérience correspond mal à l'effervescence des réunions de prière et aux étapes d'une conversion typiquement évangélique, cependant, il a trouvé une nourriture spirituelle qui le nourrit durant les années de solitude et d'intense travail étudiant.

Sa carrière anglicane (1822-1841) :

John-Henry Newman étudie les Pères de l'Eglise primitive de manière très approfondie. Il obtient le statut prestigieux de « fellow » au meilleur collège d'Oxford, celui d'Oriel.

Un incident révèle déjà sa conscience de la dignité de la Vierge Marie : en 1824, il veut offrir à son frère cadet un tableau de la Vierge. Son frère est furieux. Newman se contente de répliquer "Vous êtes bénie entre toutes les femmes" (Lc 1, 42) et il reprend son cadeau[1].

Il est ordonné prêtre anglican en 1828. Il est prédicateur à la paroisse St Marys's, la paroisse universitaire.

En 1932, après une courte maladie, il s'engage dans la réforme de son Eglise anglicane : il défend l'indépendance de sa religion face à la couronne britannique, par des "tracts". Ainsi naît le "Mouvement d'Oxford", dont Newman est l'un des principaux acteurs.

Ce mouvement est aussi un "revival" spirituel, et dans c'est pourquoi Newman publie aussi les vies de saints anglais (en tant qu'exemples, non pas en tant qu'intercesseurs).

Le tournant :

Il publie Les Ariens du IV° siècle (1834), et voit dans la crise de l'arianisme au IV° siècle des similitudes avec les crises qui touchent le christianisme au XIX° siècle.

Newman s'oppose à la hiérarchie anglicane au sujet de la "comprehensiveness" qui est un flou doctrinal permettant aussi un libéralisme moral.

En 1842 son tract 90 déclenche une tempête sans précédent : Newman démontre que la charte doctrinale de l'Église anglicane (les 39 articles publiés en 1553) est parfaitement conciliable avec la doctrine du Concile de Trente.

Il quitte alors Oxford et s'établit à Littlemore, un petit village tout proche.

Là, il prépare son « Essai sur le développement de la doctrine chrétienne », où il explique comment la doctrine se développe à partir de la vérité centrale de l'Incarnation.

L'épilogue de cet « Essai » est sa propre conversion à l'Eglise de Rome, en 1845.

Sa carrière catholique (1845-1879) :

Newman est ordonné prêtre catholique en 1847.

En 1948, il introduit l'Oratoire en Angleterre. Le rôle de l'Oratoire va être considérable dans le développement de l'Église catholique en Angleterre.

Newman et son ami Wiseman deviennent les grands artisans du printemps catholique en Angleterre : des séminaires, des congrégations et une hiérarchie catholiques fleurissent.

Marie : Au cours de l'année 1848, deux parmi les conférences données à l'Oratoire de Birmingham sont consacrées à Marie. Newman commente le titre de Marie mère de Dieu, sa conséquence au plan de la dévotion mariale, et la cohésion entre le mystère de l'Incarnation, la pureté de Marie et son Assomption.

Recteur de l'université de Dublin (1852-1858), ses idées sur l'éducation ne sont pas comprises (« Idea of a University »). C'est une période où il se sent peu utile... Newman est aussi un précurseur en ce qui concerne le rôle des laïcs dans l'Église et la nécessité de consulter les fidèles en matière de doctrine. Il est incompris des catholiques !

En 1864, il publie avec succès « Apologia », où il expose les étapes de son cheminement intellectuel. Beaucoup de ses anciens amis de l'Église anglicane reprennent contact avec lui.

En 1870, il publie « Grammaire de l'assentiment » où il montre que la foi peut avoir ses raisons sans obéir à la raison.

Au sujet de l'exégèse moderne, il voit le danger de l'oubli de l'interprétation mystique pour lui préférer l'analyse de quelques citations isolées de l'ensemble de la révélation : ce danger, est l'arianisme, le refus la divinité du Christ sous prétexte que l'Incarnation dépasse trop notre raison.

En 1875, il défend l'infaillibililité du pape à partir d'une réflexion sur la conscience.

Léon XIII le fit cardinal en 1878.

Newman meurt à Edgbaston le 11 août 1890.

- Jean-Paul II Le proclama Vénérable en 1991.

- Benoît XVI le béatifia le 19 septembre 2010.

Quelques mots de Jean-Paul II sur J.-H. Newman :

« La pensée philosophique et théologique et la spiritualité du cardinal Newman, si profondément nourries de la Écriture et de l'enseignement des Pères, gardent toujours leur originalité et leur valeur particulières.

Figure maîtresse du Mouvement d'Oxford et plus tard d'un authentique renouveau de l'Église catholique, Newman apparaît comme ayant une vocation œcuménique spéciale non seulement pour son pays, mais pour toute l'Église.

[...]

En disant que « l'Église doit être préparée pour les convertis, de même que les convertis doivent être préparés pour l'Église »[2], sa vaste vision théologique anticipait déjà, dans une certaine mesure, l'un des thèmes fondamentaux du IIe Concile du Vatican et l'une des orientations de l'Église après le Concile. »

Jean Paul II,

Lettre à l'archevêque de Birmingham, George Patrick Dwyer, 7 avril 1979.

Quelques mots de Benoît XVI sur J.-H. Newman :

« [J. H. Newman dit : ] "Si des anges avaient été vos prêtres, mes frères, ils n'auraient pas pu souffrir avec vous, avoir de la sympathie pour vous, éprouver de la compassion pour vous, sentir de la tendresse envers vous et se montrer indulgents avec vous, comme nous; ils n'auraient pas pu être vos modèles et vos guides, et n'auraient pas pu vous amener à sortir de vous-mêmes pour entrer dans une vie nouvelle, comme le peuvent ceux qui viennent du milieu de vous"[3]. Il a vécu à fond cette vision profondément humaine du ministère sacerdotal dans l'attention délicate avec laquelle il s'est dévoué au service du peuple de Birmingham au long des années qu'il a passées à l'Oratoire, fondé par lui, visitant les malades et les pauvres, réconfortant les affligés, s'occupant des prisonniers. »

Benoît XVI,

homélie du dimanche 19 septembre 2010, béatification de John Henry Newman.



[1]Séan O'Faolain, Newman's Way, 1952, p.83.

[2] J. H. Newman, Autobiographical Writings, Ed. H. Tristam

[3] J. H. Newman, «Hommes, non pas Anges: les prêtres de l'Évangile», Discourses to Mixed Congregations, 3

Cf. Jean Honoré, La pensée christologique de Newman, Desclée 1996.

F. Breynaert