Calvin (†1564), l’action de l’Esprit Saint en Marie

Calvin (†1564), l’action de l’Esprit Saint en Marie

Jean Calvin est né à Noyon (Picardie) en 1509, il a perdu sa mère quand il avait 6 ans. Au collège, il reçoit une formation nominaliste et découvre saint Augustin, qu'il apprécie.

Mais un drame marqua sa jeunesse : le chapitre de Noyon excommunie son père et son frère pour les pousser à un compromis fortement en faveur de l'établissement ecclésiastique dans une affaire financière. Son père, ruiné et excommunié, meurt.

A la mort de son père, Calvin adhère aux idées de la Réforme protestante (vers 1533 ou 1534).

Il publie, en mars 1536, l'Institution de la religion chrétienne, qui contient l'essentiel de ses idées sur la loi, la foi, la prédication, les sacrements et les rapports entre les chrétiens et l'autorité civile. Cette publication fait de lui un des principaux réformateurs.

Quand Calvin arrive à Genève à l'été 1536, la ville est déjà largement acquise à la réforme.

Il écrit avec Farel les Confessions de foi et augmente la sévérité des excommunications. Progressivement, les adversaires de Calvin se regroupent et prennent de l'importance. Les deux reproches les plus fréquents sont le mélange permanent du spirituel et du pouvoir temporel, et le fait que ce soit un étranger qui décide de bannir de la ville des genevois.

Calvin et Farel sont bannis de Genève en avril 1538, jusqu'en 1541 où ils sont rappelés.

Calvin s'éteignit le 27 mai 1564, à Genève.

Concernant Marie, nous donnons la parole au groupe oecuménique des Dombes :

§ 65. Quant à Calvin, il est le réformateur qui se prononce le moins sur le sujet [: Marie].

En commentant les passages bibliques, il souligne la dimension historique de Marie, tout en reprenant la doctrine traditionnelle de sa virginité : elle est pour lui « vierge avant, pendant et après l'enfantement ».

Calvin ne met l'accent ni sur le miracle de la virginité comme Luther, ni sur la pureté morale et la fonction diaconale de Marie comme Zwingli, mais sur l'action de l'Esprit-Saint en elle. Le personnage de Marie n'est que l'exemple particulier et historique de ce qui doit arriver à tout chrétien.

Doctrinalement, la figure de Marie perd sa particularité 1) devant le Christ, 2) devant le croyant, 3) devant l'Eglise, et ne garde que sa particularité historique, qui est certes unique. Calvin en fait de même avec Joseph, qu'il revalorise à côté de Marie[1].

En reportant la signification dogmatique de Marie sur l'Eglise, Calvin peut dire que l'Eglise est notre mère[2]. Ce déplacement de la considération mariale vers l'ecclésiologie renforce l'importance du thème de la maternité appliqué par Calvin à l'Eglise.

Néanmoins le titre « Marie mère de l'Eglise » est absent chez Calvin ; Marie n'est « bienheureuse » que par sa qualité individuelle d'exemple pour tous.

§ 66. Cependant, Calvin attribue à Marie une fonction primordiale de formatrice et d'enseignante du salut et de la foi. En revanche, le titre « Marie mère de Dieu » est refusé par le réformateur genevois, pour des raisons de polémique confessionnelle ou pour des motifs pédagogiques. C'est sous cette forme didactique que la théologie mariale de Calvin prend son accentuation christologique : Marie est dite « Mère du Fils de Dieu ». Là encore, l'important ne réside pas dans la maternité de Marie, mais dans la filialité divine de Jésus.

§ 67. Marie est encore pour Calvin un modèle éthique. Sa personne s'efface derrière l'exemple ; c'est celui-ci qu'il nous faut retenir, sans exalter la personne, historique ou doctrinale. Marie est modèle d'écoute, de compréhension, de témoignage. L'accent est mis sur la manifestation des vertus illustrées par Marie et sur l'édification de l'Eglise par ces vertus. Il faut exhorter la communauté à l'imitation de Marie, non à son adoration.[3]


[1] Cf. Les paroles « Et Marie gardait toutes ces choses en son cœur » (Lc 2, 51), Calvin les applique également à Joseph (CO 46, col. 481).

[2] Cf. Institution chrétienne IV, I, 4 ; l'Eglise est « mère de tous ceux desquels Dieu est Père » (IC, IV, I, 1) ; elle « exerce toujours un soin maternel à nous gouverner » (IC, IV, I, 1, 4) ; « Nous sommes nourris par son ministère » (IC, IV, I, 1).

[3] CO 46, col 111.


Groupe des Dombes

Extraits de : Groupe des Dombes,

Marie dans le dessein de Dieu et la communion des saints.

Tome I : Dans l'histoire et l'Ecriture.

Bayard, Paris 1998, § 65.66.67