St François de Sales (1567-1622), docteur de l'Eglise

François de Sales (1567-1622)

François de Sales est né en 1567 à Thorens (en Savoie, près d'Annecy), et il est mort en 1622 à Lyon.

Jeunesse.

Il est né dans une famille de petite noblesse, mère très croyante, père au service des ducs de Nemours (Annecy) et de Savoie (Turin).

Il désire très jeune être d'Eglise, mais son père s'y opposera pendant toutes ses études. Il fait ses études d'humanités puis de philosophie à Paris de 1578 à 1588.
Il traverse une crise existentielle et spirituelle en 1585, à 19 ans "serai-je du nombre des élus ou serai-je damné ?" Inquiétude intellectuelle qui devient angoisse du cœur et épreuve de santé... Il adresse une prière d'amour et d'abandon à la Vierge (dans l'église dominicaine de Saint-Etienne-des-Grès), il est alors libéré de ces angoisses.

Il fait des études de droit à Padoue (1588-1591) en Italie (et visite le sanctuaire de Lorette). Son père le destine au Sénat de Savoie.

Cherchant conseil et aide, il se met sous la direction spirituelle d'un père jésuite qui lui fait faire les Exercices spirituels.

Il préfère être prêtre plutôt que sénateur...

Quand il revint en Savoie en 1592, son père lui achète des terres, et François devint seigneur de Villaroger, il présente aussi à François une fiancée qu'il avait choisi pour lui, et demande à François de s'inscrire comme avocat au barreau de Chambéry...

François est nommé sénateur du fait de la faveur du Duc à 24 ans, au lieu des 30 ans nécessaires, mais il refuse cet honneur.

Il fait alors savoir à son père qu'il a une autre ambition, celle de devenir religieux.

François revêt la soutane, renonce à son droit d'aînesse, ainsi qu'à son titre de seigneur. Il entreprend alors la visite des malades, des prisonniers, participe aux offices, et le 18 décembre 1593, il devient prêtre.

L'évêque de Genève lui obtient l'office le plus élevé dans le diocèse : prévôt de Genève.

Douceur et dialogue avec les calvinistes...

Or, depuis la réforme protestante et l'émergence du calvinisme, le siège de l'évêché de Genève avait été exilé à Annecy. François appelle à la reconquête de Genève, non par les armes, mais par la douceur et par la charité.

La Réforme s'était aussi répandue dans le Chablais. En 1594, François de Sales se porte volontaire pour partir en mission dans le Chablais. Il y est calomnié, accusé de magie, et on refuse de l'écouter. Alors il fait imprimer ses homélies sur des feuilles qu'il placarde dans la ville, ce qui à l'époque était une innovation majeure. Finalement, une grande partie des habitants du Chablais redevint progressivement catholicisme entre 1597 et 1598.

Peu après, le Duc de Savoie décide d'appliquer le principe politique et juridique qui régissait alors la religion : « une foi, un roi, une loi », ce qui signifie désormais des conversions forcées ; François de Sales n'alla pas à l'encontre, sans doute du fait de sa formation de juriste ; néanmoins François cherche à adoucir cette peine, il donne des sauf-conduits aux exilés et il poursuit le dialogue avec eux.

Evêque de Genève.

Le 8 décembre 1602, François de Sales est ordonné évêque de Genève. Nouvel évêque, il décide d'instituer le catéchisme afin de diffuser, de faire connaître et comprendre la foi catholique aux croyants de son diocèse. Comme Charles Borromée, il aura le souci de visiter toutes les paroisses de son diocèse.

Il fonde l'ordre de la Visitation.

En mars 1604, on demande à François de Sales de faire les sermons du carême à Dijon, ce qu'il accepte. Il y rencontre la baronne Jeanne de Chantal.

Peu après, Jeanne de Chantal, veuve, veut devenir religieuse. Cependant François de Sales refuse tant que l'éducation des enfants de Jeanne de Chantal n'est pas finie.

Le dimanche 6 juin 1610, il fonde l'Ordre de la Visitation, avec Jeanne de Chantal et Charlotte de Bréchard. Pour créer son ordre, il choisit une minuscule maison édifiée sur le premier contrefort du Semnoz.

A l'origine, les religieuses visitaient les pauvres en imitant la Visitation de Marie, puis elles durent rester contemplatives.

Ensuite, elles eurent de nouveau une vie apostolique, toujours orientée vers la "Visitation" des personnes, où, dans l'accueil mutuel, chacun révèle à l'autre dans la joie le don de Dieu qu'elle porte en elle.

Il enseigne la vie d'oraison.

En 1608, il écrit Introduction à la vie dévote. Un Best seller.

La première partie enseigne comment passer du désir de Dieu à sa réalisation ; la deuxième partie cherche à apprendre la perfection ; la troisième partie est consacrée à la pratique des vertus ; la quatrième partie indique les obstacles à la prière ; et la dernière considère la façon de renouveler la ferveur du dévot.

En 1615, François de Sales entreprit d'écrire un deuxième traité sur la prière, le Traité de l'amour de Dieu. Ce livre est écrit en partie pour les sœurs de la Visitation.

Quelques amitiés fameuses.

En 1602, lors d'un voyage à Paris, il échange avec Bérulle et Mme Acarie qui introduiront en France l'Ordre du Carmel. Le roi veut le garder mais François refuse et revient en Savoie.

En 1619, lors d'un autre voyage à Paris, il rencontre le futur saint Vincent de Paul qui s'émerveille de sa ferveur.

Sa mort et son rayonnement.

Il meurt le 28 décembre 1622.

Ses reliques se trouvent dans la basilique de la Visitation d'Annecy.

Il fut déclaré bienheureux en 1661, puis saint en 1665. Il est fêté le 24 janvier.

Jean Bosco fonda en 1854 un ordre religieux qui eut pour saint patron François de Sales, dont les membres portent son nom : les Salésiens.

En 1877, François de Sales fut élevé à la dignité de Docteur de l'Église, "Docteur de l'amour".

Et en 1923, il est désigné comme patron des écrivains (parce qu'il fut l'un des premiers catholiques à utiliser l'imprimerie).


Bibliographie :

Hélène Michon, Saint François de Sales une nouvelle mystique, Paris, Cerf, coll. « Patrimoines », mars 2008

André Ravier, François de Sales, Un sage et un saint, Nouvelle Cité, mars 1995 (réimpr. 2009)

Maurice Henry-Coüannier, Saint François de Sales et ses amitiés, Paris, Monastère de la visitation, 1921 (réimpr. 1954, 1979).

Synthèse Françoise Breynaert