Ste Bernadette Soubirous (1846-1879)

Bernadette Soubirous (1846 - 1879)

François Soubirous, le père de Bernadette est meunier. Marié en 1843 à Louise Castérot, il aura neuf enfants dont l'aînée est Bernadette, venue au monde le 7 janvier 1844.

Les Soubirous ont-ils jamais su que leur patronyme signifie « souverain » ? Ce qui frappe en tout cas à travers les épreuves d'humilité et de pauvreté qui vont être le lot de la famille, c'est une dignité constante, une charité qui reste déployée dans la foi, même au cœur de la misère. Parce qu'il a fait crédit à trop d'indigents, bientôt le meunier doit abandonner son moulin et se louer à la journée. Toute la maisonnée s'installe alors dans une seule pièce mal aérée que les Lourdais surnomment le « cachot ». Plusieurs des enfants y contracteront une mauvaise santé qui fera mourir avant ses dix ans l'un des frères de Bernadette. Elle-même, qui a les bronches fragiles, est sujette aux crises d'asthme et ira vivre quelques temps chez une fermière amie, à Bartrès, pour retrouver des forces au grand air. En outre, on ne mange pas chaque jour au «cachot »...

Malgré une obéissance qui lui fait accomplir avec docilité les travaux qu'on peut lui confier, elle a très tôt une volonté persévérante. Qu'importe le bon air de la campagne. Elle sait ce qu'elle veut : aller au catéchisme, pour pouvoir recevoir la communion. Aussi, ayant informé son père, elle quittera Bartrès, revient au « cachot » et courageusement, entre les crises d'asthme, rattrape, à quatorze ans, au milieu de compagnes plus jeunes, les leçons du catéchisme paroissial.

Le 11 février 1858, à Massabielle, dans un repli de la roche, une Dame très jeune, très belle...

On est au début de 1858, à deux mois de la première communion de Bernadette, qui ne sait encore ni lire ni écrire, et c'est le moment que choisit la Vierge pour venir à la grotte. Ce 11 février, il fait froid. Bernadette a la grippe, mais part quand même avec sa sœur Toinette et leur amie Jeanne chercher du petit bois dans la campagne. Arrivées à l'endroit où le Gave longe une cavité rocheuse que l'on appelle en patois « Massabielle », les fillettes s'arrêtent : il y a des brindilles alentour de la grotte, donc sur l'autre rive. Jeanne et Toinette se déchaussent et passent le torrent. Bernadette enrhumée, hésite d'abord, puis se décide.

Mais avant qu'elle ait fini d'enlever ses chaussettes, comme un souffle de vent se fait entendre de la grotte. Alors, tournant la tête, elle voit, dans un repli de la roche une dame, très jeune, (quinze ou seize ans), très belle, qui fait le signe de la croix et qui lui sourit. D'abord saisie, Bernadette se reprend, tombe à genoux et en présence de l'apparition, récite son chapelet. « Quand j'eus fini (...), elle me fit signe d'approcher. Mais je n'ai pas osé. Alors elle disparut, tout d'un coup ». Pressée par sa sœur qui d'un peu plus loin l'a vue se mettre à genoux, Bernadette finit par avouer sa surprenante aventure et demande le secret à Toinette qui ne le gardera pas et racontera tout, le soir même, en famille.

Le 25 mars 1858 : « Je suis l'Immaculée Conception », confie la Vierge Marie

Une quinzaine d'apparitions vont avoir lieu entre celle du 11 février et celle du 25 mars qui révèlera enfin l'identité de la « belle dame ». Entre temps, par peur des histoires, ses parents veulent retenir Bernadette à la maison ; le procureur la menace, pour trouble de l'ordre public ; quant au curé Peyramale, il ne s'apaisera qu'après la révélation de son nom, par la Vierge elle-même : « Je suis l'Immaculée Conception ». En entendant cette expression encore inusitée parmi les théologiens de l'époque, rapportée par la bouche de Bernadette, l'ignorante, le prêtre est converti ; en ce 25 mars, il croit.


Déjà afflue à Lourdes une foule venue de toute la France et d'au-delà des frontières, pour recevoir le message de la Mère de Dieu. Il consiste en deux requêtes essentielles que Bernadette a pour mission de transmettre au monde : la prière pour les pécheurs et la conversion dans un esprit de pénitence. Marie revient inlassablement sur cette double demande : prière et pénitence. Lorsque l'on sait que la plus grande des victoires de Satan est de faire perdre à l'homme le sens du bien et du mal, c'est-à-dire celui de sa responsabilité propre, l'on mesure la portée de cette insistance de Marie à rappeler la gravité du péché, aux marches d'un XXème siècle qui n'en reconnaîtra parfois même plus la racine.

La dernière apparition aura lieu le 16 juillet 1858 et sera, comme la première, toute silencieuse. Autour de Massabielle on évoque déjà plusieurs miracles. Chez les Soubirous, la vie devient impossible : les visites sont innombrables, beaucoup de bonnes volontés essaient de faire la charité en « glissant la pièce » à l'un ou l'autre de la famille qui s'en défend comme elle peut et n'accepte rien. Pour avoir gardé un sou de quelqu'un qui lui a demandé un peu d'eau de la grotte, le petit frère reçoit même une gifle de sa sœur, avec ordre de rendre l'argent.

Un caractère bien trempé ; une obéissance à toute épreuve !

Si notre premier mouvement ne nous appartient pas, « le second nous appartient », dira-t-elle. Pour la soustraire aux curiosités, on la place à l'hospice de Lourdes, chez les sœurs, dès 1860. Là pour la première fois, et à seize ans, Bernadette est à l'école, dans une vraie classe où elle apprend enfin à lire et à écrire. Certes, son recueillement, quand elle prie, impressionne beaucoup ses compagnes, mais elle est, de fond, très enjouée, voire même espiègle... Douée d'une robuste gaieté ainsi que d'une autorité naturelle, elle attire l'amitié de ses compagnes. Elle n'en est pas moins d'une obéissance que l'on admire d'autant plus. Jamais elle ne désobéit. Et lorsque, après la défense de Monsieur le Curé d'aller à la grotte, on lui demande : « Si la Vierge t'ordonnait d'y aller, que ferais-tu ? », « Je reviendrais demander la permission à Monsieur le Curé », répond-elle. Les apparitions ont marqué le tournant de la vie de Bernadette.

« Si la Vierge m'a choisie, c'est parce que j'étais la plus ignorante !»

Pendant huit ans, dont six à l'hospice-école de Lourdes, tout en rattrapant son retard scolaire, Bernadette va découvrir un à un les secrets de la vie théologale. Bernadette a vingt-deux ans lorsque le 7 juillet 1864, après avoir hésité entre plusieurs congrégations, elle arrive comme novice chez les sœurs de la Charité du couvent Saint-Gildard, à Nevers. Quitter Lourdes a été très dur. Mais Bernadette sait bien que l'on n'a rien donné tant que l'on n'a pas tout donné. Sa position est délicate : pour le monde, elle est une célébrité. On achète sa photo. Les journaux la citent à la une. Chez les sœurs, on pallie aux adulations extérieures en la traitant sans autres égards que pour la plus ignorée des pensionnaires de la maison.

Cette situation double ne fait que creuser l'humilité de Bernadette qui comme cette autre bergère, celle de Domrémy, n'a jamais été dupe de la gloire mondaine. Lorsque des visiteurs la font demander au parloir, elle se plaint carrément auprès des sœurs : « Vous me montrez comme un bœuf gras ». Elle décourage toutes les marques de respect qu'elle juge déplacées : « Est-ce que je ne sais pas que si la Vierge m'a choisie, c'est parce que j'étais la plus ignorante ». C'est encore à Jeanne d'Arc que l'on pense lorsque, accusée de mensonge, on la menace de prison : « Je suis prête, répond-elle, mettez-m'y, et qu'elle soit solide et bien fermée, autrement je m'en échapperai » ; ou bien lorsqu'à un prêtre qui ne croit pas à son message, elle réplique avec sérénité : « La Vierge ne m'a pas dit de le faire croire ».

Soeur Marie Bernard à Nevers

Tous ces interrogatoires sont de cette veine : des répliques nettes qui ont la force de la vérité et la hardiesse martiale de sa liberté intérieure. Le mal du pays ? « C'est le vilain grappin ». C'est avant tout pour se cacher qu'elle a fait ce choix. Si intimement, les sœurs de Nevers attachent beaucoup de prix à la présence et à la prière de cette postulante dont on rapporte déjà les nombreux fruits de conversion, ses supérieures ne seront jamais tendres avec elle. C'est ainsi que lors de la distribution des responsabilités qui suit la cérémonie des professions, Bernadette, ayant reçu son nouveau nom « sœur Marie-Bernard », est décrétée sans charge officielle car « bonne à rien ». En fait, elle aidera au soin des malades et deviendra vite si excellente à cette tâche, qu'officieusement et malgré des périodes de repos forcé dues à sa santé délicate, c'est elle qui va diriger l'infirmerie du couvent jusqu'en novembre 1873.

A cette date, une sœur est nommée infirmière en titre et Bernadette redevient simple seconde, après sept ans d'office. Rude épreuve d'humilité pour elle qui aurait souvent de si bonnes raisons de maintenir ses points de vue. Mais... le cœur à cœur avec Jésus est à ce prix : n'avoir qu'une même aspiration, la volonté du Père. « Seigneur, que votre volonté soit faite ».

Peut-on alors trouver conseils plus précieux que les siens lorsqu'elle met en garde contre l'activisme, cette tentation de tout bon chrétien bien portant, une tentation en forme de quatre obstacles contre notre vocation : « 1° Multiplicité des occupations ; 2° Zèle mal ordonné, à l'exemple des vierges folles ; 3° Recherche de soi-même; 4° Découragement » ?

« O ma Mère, prenez mon cœur et enfoncez-le dans le cœur de mon Jésus »

Après neuf années d'une vie religieuse active, c'est maintenant son dernier emploi que va vivre, quatre ans durant, sœur Marie-Bernard, celui de malade. Dans les moments d'apaisement des crises, la malade s'occupe de petits travaux de couture ou de décoration. La nuit, lorsqu'une énorme tumeur du genou qui a complètement déformé sa jambe, l'empêche de dormir, elle s'unit à toutes les messes perpétuellement célébrées autour du globe. Plus elle offre, plus son amour grandit. Elle implore Jésus : « J'aime mieux être crucifiée avec vous que de goûter sans vous toutes les délices du siècle ».

Le matin du 16 avril 1879, à la fin de la Semaine , on la lève une dernière fois, pour l'installer dans un fauteuil car elle ne peut respirer qu'assise. Elle saisit un crucifix qu'elle pose sur son cœur. Lorsqu'une sœur lui demande si elle souffre beaucoup, elle murmure : « Tout cela est bon pour le Ciel ». Et à trois heures, l'après-midi, elle expire après avoir répété « Marie, Mère de Dieu, priez pour moi pauvre pécheresse », deux fois.


Geneviève Esquier

Saint Bernadette Soubirous (1846-1879)

Bernadette's father, Francis Soubirous (1807-1871) was a miller. In 1843 he married Louise Casterot (1825-1866), and they had nine children (5 of their children died young), the eldest of whom was Bernadette, born on January 7, 1844. Do you suppose the Soubirous knew their name meant "king"? What is striking about this family is their constant dignity, charity and faith through the trials of humility, poverty and even misery that were their lot. Since the miller often allowed credit to the poor, inevitably he was forced to leave the mill and become a day laborer. The whole family had to move into in a stuffy one-room lodging in Lourdes, which the locals had nicknamed the dungeon or "cachot" in French. And there was not always enough food to go around every day in the "cachot." Many of their children were in poor health, and one of Bernadette's brothers died before his tenth birthday. Bernadette had fragile lungs and was prone to asthma attacks. She spent some time on a farm of some family friends outside Lourdes in order to regain her strength in the open air,

Notwithstanding her obedience that made Bernadette gladly accomplish all the work that was required of her, she also had a persevering willpower at a very young age. She couldn't care less about the good country air; she knew she wanted to go to catechism, so that she could receive her first Holy Communion. Therefore, after informing her father, she left the farm, returned to the "cachot" and courageously, between asthma attacks, managed to catch up with the parish's catechism lessons at age fourteen, while the other pupils were much younger than her.

On February 11, 1858 at the grotto in Massabielle, a very beautiful, young lady was standing in a high cranny in the rock.

It was early in the year 1858, two months before the date of Bernadette's First Communion, and she could still neither read nor write. This was the moment that the Blessed Virgin chose to come to the grotto. On February 11th the weather was cold. Bernadette had a head cold, but she went anyway to collect firewood with her sister Toinette and their friend Jeanne. As they arrived at the place where the River Gave ran along a rocky cavity, known in the local dialect as "Massabielle," the girls stopped because they spied some twigs in a nearby grotto on the other side of the river. Toinette and Jeanne took off their shoes and waded across the stream. Bernadette, reluctant at first because of her cold, changed her mind and decided to follow the girls.

However, before she had time to remove her thick wool socks, Bernadette heard a gentle breeze coming from the grotto. When she turned her head, she saw a very beautiful young lady standing in a high cranny near the grotto. The lady made the sign of the cross and smiled. At first Bernadette was overwhelmed by the sight, but she quickly pulled herself together, knelt down and started reciting the rosary in the presence of the apparition. "When I finished praying (...), the lady beckoned for me to approach, but I didn't dare to and then she suddenly disappeared."

Later, Bernadette's sister pestered her to tell her why she had been kneeling. Bernadette confessed her amazing adventure, but asked Toinette to keep it a secret. However, her sister did not keep her word and told their family all about the apparition that evening.

On March 25, 1858: "I am the Immaculate Conception," the Virgin Mary said.

Fifteen apparitions took place between February 11th and the one on March 25th when the "beautiful lady" finally revealed her identity. Bernadette's parents feared gossip and tried to keep Bernadette at home. The district attorney threatened to arrest her for disturbing the peace. As for the parish priest, Fr. Peyramale, he did not relent until after the Virgin revealed her name: "I am the Immaculate Conception." On hearing these words, which were not in common use among theologians of the time, from the mouth of an illiterate girl, the priest was convinced: on March 25th, he came to believe in the apparitions of Our Lady at Lourdes.

Crowds of pilgrims began flocking to Lourdes, coming from all over France and even from beyond the French borders, to hear the messages of the Mother of God. The messages consist of two main requests to Bernadette, which were her personal mission to teach the world: prayer for sinners and conversion in a spirit of penance. Our Lady returned tirelessly to this double request: prayer and penance. We know that Satan's greatest victory is to cause humankind to lose the sense of good and evil, i.e. lose the sense of our own responsibility. This explains the Virgin Mary's insistence to recall the seriousness of sin, at the dawn of the 20th century, when society had begun to no longer even recognize the root of evil.

The last apparition took place on July 16, 1858. It was silent, like the first one. Several miracles had already been claimed to have taken place at the Grotto of Massabielle. In the Soubirous' home, life had become impossible: many, many visitors came and went, some even tried to give a few coins to a member of the family "with good intentions," but the family refused any charity and accepted nothing. When one of Bernadette's little brothers accepted a penny from a person who asked him for some water from the grotto, he received a slap from his sister, with orders to return the money.

A strong character: obedience at any cost!

If we are not responsible for our first impulse, "the second is our own," she once said. In order to get her away from curiosity seekers, she was sent in 1860 to the hospice at Lourdes with the nuns. Here for the first time, and at age sixteen, Bernadette went to school, in a real classroom, and she finally learned how to read and write. Of course, her recollection, when she prayed, impressed many of her companions, but deep down she was very playful, even mischievous ... Gifted with robust gaiety and natural authority, she attracted the friendship of her companions, although she was admired even more for her obedience. She never disobeyed.

For instance, after the parish priest had forbidden her to go to the grotto, she was asked: "What if the Virgin ordered you to go, what would you do?" Bernadette answered: "I'd ask for the priest's permission." The apparitions marked the turning point in Bernadette's life.

If the Blessed Virgin chose me, it must be because I'm the most ignorant person !

For eight years, including six at the hospice school of Lourdes, while catching up on the retard of her schoolwork, Bernadette discovered the secrets of religious life one by one. She was twenty-two years old when, on July 7, 1864, after some hesitation in choosing between several congregations, she finally arrived as a novice at the Sisters of Charity of Saint Gildard's convent in Nevers. It was very difficult for Bernadette to leave Lourdes, but she knew that nothing is given without giving everything. Her position in the world was bothersome; she was a celebrity. People bought her photograph. She was mentioned in the headlines of newspapers. As for the sisters, they compensated for Bernadette's public popularity by treating her without any more respect than they would have done for the simplest residents of the convent.

This double situation only reinforced Bernadette's humility, which, like another shepherdess, Saint Joan of Arc, was never taken in by worldly glory. When visitors asked to see her in the parlor, she complained frankly to the sisters: "You show me off like a fattened ox." She discouraged all signs of recognition that she found awkward: "I don't know why the Blessed Virgin chose me, but it might be because I'm the most ignorant person in the world!" Here again she reminds us of Saint Joan of Arc who said when she was threatened to be sent to jail for lying: "I'm ready, go ahead and put me in there, but make sure the bars are strong and securely closed otherwise I shall escape." Another time, when a priest didn't believe in her message, she calmly replied: "The Blessed Virgin never asked me to make you believe."

Sister Marie Bernard in Nevers.

Almost all the interrogations were in a similar vein. Bernadette would reply with her truthful force and the daring of her interior freedom. Was she homesick? "It's because they wanted to get me into their clutches." This was the primarily reason she chose to hide her whereabouts. If, deep inside, the Sisters of Nevers attached an importance to the presence and prayer of the postulant of whom many fruits of conversion were already attributed, her superior was never affectionate to Bernadette. Thus when jobs were distributed following the professions ceremony, Bernadette, who was given the name Sister Marie Bernard, was left without an official responsibility, because she was a "good for nothing." In actual fact, she would help care for the sick and quickly became so good at this task, that she informally ran the infirmary at the convent until November 1873, despite periods of forced rest due to her delicate health.

At this date another nun was officially named "head nurse" and Bernadette was only her assistant after seven years of service. This was a hard strain on her humility since she would have had good reasons many times on insisting to make her own decisions. But, having a heart-to-heart relationship with Jesus has its price and that is having a common aspiration: the Father's will. "Lord, Thy will be done." Two years later she fell ill again, so ill that she was dismissed from all of her duties. Asthma and tuberculosis kept her in a hospital bed for the rest of her days.

Can a person ever find more valuable tips than Bernadette's in warning against activism, a temptation of every good, healthy Christian? Temptation can come in the form of four different obstacles against vocations: "1 -Multiplicity of occupations - 2 Poorly directed zeal, like the foolish virgins - 3 Self-seeking desires - 4 Discouragement".

O Mother, take my heart and place it inside the heart of my Jesus.

After nine years of living an active life as a nun, Sister Marie Bernard's final job for the last four years of her life was that of being ill.

In moments when Bernadette's asthma attacks eased, the patient did a little mending or decorating. At night, a huge tumor on her knee (that had completely deformed her leg) prevented her from sleeping. So she united all her prayers to the Masses perpetually celebrated around the world. The more she offered up, the more her love grew. Once she implored Jesus, saying: "I would rather be crucified with you than enjoy the delights of the century without you."

On the morning of April 16, 1879, at the end of Holy Week, she was lifted out of bed for the last time and settled in a wheelchair because she could only breathe when she was seated. She took a crucifix and placed it on her heart. When a sister asked her if she was in pain, Bernadette whispered: "It's worth the pain to go to heaven." And at three o'clock PM, she expired after reciting twice: "Holy Mary, Mother of God, pray for me, a poor sinner."


Genevieve Esquier