L'Annonciation, un Oui qui a bouleversé l'histoire du monde

Ce Oui de Marie qui a bouleversé l'histoire de l'univers

Dans l'ordre de la nature, le mois de mars est celui qui voit éclore les premières fleurs du printemps et dans l'ordre de la grâce, c'est également le mois qui voit fleurir deux fêtes admirables. La première, le 19, célèbre un homme hors du commun : Joseph. La seconde, le 25, honore une femme exceptionnelle : Marie, dans l'événement prodigieux de l'Annonciation.

L'événement prodigieux de l'Annonciation

Parce que cet événement a bouleversé l'Histoire et renversé le cours des choses il est nécessaire que nous prenions le temps d'en méditer la signification et d'en mesurer les conséquences. A partir de cette annonce faite à Marie nous sommes vraiment entrés dans une ère nouvelle : «Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme...» (Ga 4,4).

Il m'arrive très souvent de penser à cette heure précise de l'Histoire où le destin du monde s'est joué dans la conscience de cette femme nommée Marie. A cet instant décisif, Marie détenait le sort de l'humanité. C'est peut-être pour cela que j'aime tant la statue de la Chapelle de la rue du Bac à Paris qui la représente tenant un globe entre ses mains, c'est-à-dire l'humanité tout entière, et donc, vous et moi. Souverainement libre, qu'allait répondre Marie ? Sa réponse est tombée de ses lèvres, simple et précise:

"Fiat ! Oui, j'accepte."

A partir de cette heure ce fut pour le monde un véritable déluge de grâces :

Grâce au «oui» de Marie, le Sauveur pouvait naître.

Grâce au «oui» de Marie, l'Evangile serait proclamé.

Grâce au «oui» de Marie, la Mort serait vaincue.

Grâce au «oui» de Marie, l'Espérance serait rendue au monde.

Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de notre immense reconnaissance. D'où ces titres donnés à Marie : Cause de notre joie ; Porte du Ciel ; Etoile du Matin... En vérité, cette fête de l'Annonciation fut et demeure un véritable printemps pour le monde. L'Eglise l'a d'ailleurs fort bien compris au point de nous le rappeler matin, midi et soir dans cette belle prière de l'Angélus qui récapitule et actualise cette grâce originelle du Salut.

L'Angélus nous redit chaque jour que Dieu est entré pleinement dans notre temps et que ce temps est désormais rempli de sa Présence : «Et moi, je suis avec vous, tous les jours jusqu'à la fin des temps» (Mt. 28,20). Par là nous sommes invités a nous ouvrir à sa Présence, à Lui consacrer toutes les heures du jour et de la nuit, celles qui sont ensoleillées et celles qui sont envahies par les ombres, nos heures de plénitude et nos heures de finitude, nos heures d'allégresse et nos heures de détresse, «maintenant et à l'heure de notre mort».

«Ne crains pas d'aimer trop la Vierge...»

Méditant ce mystère, Thérèse, qui était entrée au carmel de Lisieux « le jour où le carmel célébrait la fête de l'Annonciation» (Ms 4,68 v°), devait écrire au soir de sa vie : «Ô Mère bien-aimée, malgré ma petitesse, comme toi je possède en moi le Tout-Puissant, mais je ne tremble pas en voyant ma faiblesse: le trésor de la mère appartient à l'enfant» (PN 54). Relisant récemment sa correspondance je suis tombé sur ces lignes qui sont peut-être mystérieusement adressées au lecteur qui les lira :

«Ne crains pas d'aimer trop la Vierge, jamais tu ne l'aimeras assez, et Jésus sera bien content puisque la Vierge est sa Mère» (LT 92).

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Père R. Zambelli