Cap-de-la-Madeleine : Notre Dame du Cap

Ce Sanctuaire marial, le plus important en Amérique du Nord, est confié à la garde des Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée depuis 1902.

Une origine timide

La dévotion mariale est devenue permanente en ce lieu à partir d’une fraternité du rosaire fondée en 1694, et qui avait construit une minuscule chapelle de bois. Le Sanctuaire de la Reine du Très Saint Rosaire commença d’être construit le 13 mai 1714. Mais rapidement, la ferveur des débuts n’y était plus, et le sanctuaire ne fut donné au culte, encore inachevé, qu’en 1720. La petite chapelle de pierre, bâtie en 1720, restaurée en 1888, existe encore aujourd’hui.

Un cadeau généreux

En 1854, année de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception, un paroissien fait don à l'église d'une statue de la Vierge Marie.

Un signe choquant réveille la paroisse endormie

Lorsque l’abbé Désilets fut nommé curé de la paroisse, les paroissiens avaient abandonné la pratique religieuse et la récitation du Rosaire. On avait semé dans la paroisse un climat anticlérical. Un soir, désolé, mais non découragé, M. l’abbé Désilets entre dans le sanctuaire. Quelle ne fut pas sa surprise d’y voir un porc mâchouillant un chapelet. Il s’est dit: «Les hommes abandonnent le Chapelet et ce sont les porcs qui le reprennent.» Ce fut le sujet de son sermon suivant. Les paroissiens entendirent le message. L’abbé Désilets promit à Notre-Dame de raviver la dévotion au saint Rosaire. A partir de ce moment la paroisse changea de visage.

Le 19 mars 1879, fête de saint Joseph:

le miracle du pont de glace

En 1873, Cap-de-la-Madeleine comptait environ 1300 âmes. L’église était devenue trop étroite, il en fallait une neuve. La pierre de l’édifice devait traverser le fleuve. Le transport de ces pierres par bateau étant trop cher, les habitants comptaient sur un pont de glace sur le fleuve au cours de l’hiver.

Or, on avait beau prier, le fleuve restait toujours libre de glace, l’hiver était trop doux. On envisagea de démolir la chapelle dédiée au rosaire, construite en 1714-1720 pour se servir de ses pierres.

Mais le curé fit un vœu à la Vierge Marie :

«Si vous nous accordez de la glace sur le fleuve pour la fête de saint Joseph, nous ne détruirons pas votre petite église, mais nous la dédierons à votre saint Rosaire».

Tout de suite, il fut exaucé, le gel survint et le pont de glace fut possible. Après avoir entendu la messe en habit de travail, et avoir récité le chapelet comme à l’ordinaire, les paroissiens partirent, par un temps magnifique, avec une file de 80 à 100 voitures, vers le sud du fleuve pour commencer le transport des pierres. Ils le firent gratuitement.

On charroya pendant huit jours consécutifs, jusqu’à l’octave de la Saint-Joseph, sans aucun accident… Quand les dernières charges nécessaires furent traversées, la glace commença à se détériorer.

En 1924, en souvenir de cet événement miraculeux, les Oblats de Marie Immaculée construisirent le «pont des chapelets».

Le sanctuaire Notre Dame du saint Rosaire

Durant les années qui suivirent, on restaura aussi l’ancienne église, selon la promesse de M. le curé Désilets, en vue de sa dédicace solennelle à Notre-Dame du saint Rosaire, qui advint le 22 juin 1888.

Le prodige des yeux

Le 22 juin 1888, la statue de la Vierge est placée sur le maître-autel à l'occasion de la consécration à Marie de la petite église nommée désormais le « Sanctuaire ». Du même coup, le P. Frédéric devient le premier directeur des pèlerinages. Le soir même, agenouillés devant l'autel, lui et deux autres témoins voient la statue ouvrir les yeux, moment identifié par la suite comme le «prodige des yeux ».

Les mystères du rosaire

Pour aider à la piété des pèlerins, 15 monuments de bronze représentant les mystères du Rosaire sont érigés dans les jardins entre 1906 et 1910.

Marie mère et reine

En 1898, cinq cents Tertiaires franciscains de l’Immaculée Conception de Montréal, offrent, à Notre-Dame du Cap, au nom de leurs confrères irlandais, un magnifique cœur en or et un très riche diadème.

Le cœur et le diadème devront être inséparables puisqu’ils signifient que Marie est Mère et Reine.

Le cœur est transpercé d’un glaive et surmonté d’un lis, représentant le Cœur douloureux et Immaculé de Marie.

Événements marquants au fil du temps

Le diadème offert précédemment aura, en 1904, l’insigne honneur de servir au couronnement solennel de la statue de Notre-Dame du Cap, au nom du pape Pie X.

1909 : le sanctuaire Notre Dame du Cap est déclaré centre national de pèlerinage.

Lors du voyage de Notre-Dame du Cap vers Ottawa, en 1947, plus d’un million de canadiens ont récité avec ferveur la prière de Pie XII consacrant le genre humain au Coeur Immaculé de Marie, ont signé cette consécration et l’ont déposé au pied de notre Madone pendant que la foule chantait avec conviction:

A votre coeur, ô Mère,

Je veux me consacrer;

C’est le désir du Très Saint Père,

Votre message au monde entier.

En 1955, débute la construction de l'actuelle basilique. Elle est ornée de verrières remarquables, dues au talent du maitre-verrier hollandais Jan Tillemans o.m.i. Les verrières de la basilique, montées selon les méthodes ancestrales, représentent un trésor unique en Amérique du Nord.

La nouvelle basilique fut consacrée en 1964 et elle est le centre d’un rosaire perpétuel dans tout le pays.

Lors de son passage au Canada, le 10 septembre 1984, le pape Jean-Paul II est venu prier dans le Petit Sanctuaire avant de présider l'Eucharistie en plein air devant une foule estimée à plus de 75 000 pèlerins. Nous donnons ci dessous en intégralité son très beau discours, adressé aux pèlerins, aux missionnaires et aux contemplatifs.

La maison de la madone

La Maison de la Madone est située sur les terrains du Sanctuaire National Notre-Dame-du-Cap, et accueille depuis toujours les pèlerins qui viennent prier Marie pour eux et leurs familles. Milieu de repos par excellence, chacun et chacune y trouvent un lieu de réflexion et de réconfort. La Maison de la Madone offre de multiples sessions pour la croissance personnelle et la croissance spirituelle.

____________________
Site officiel : http://www.sanctuaire-ndc.ca

Autres sources : http://www.michaeljournal.org/ndcapf.htm et bibliographie : «Un gardien du Sanctuaire», «Notre-Dame du Cap». Père Rosario Cournoyer, o.m.i., Notre-Dame du Cap»., 8 septembre 1958; James G. Shaw, Notre-Dame du Cap» 1954