Cinquième jour de la neuvaine à saint Antoine de Padoue
03 septembre 2020

Jour 5 : L'appel de la Croix, à la suite de saint François d'Assise

Au cœur de l’expérience spirituelle et mystique de saint Antoine 


« Cloué à la Croix de la pénitence, avec le Christ crucifié, 
vivant pour le Christ et mourant au monde, 
il subissait dans sa vie un martyre continuel » (Rigaldina V,16).

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Demandons aujourd’hui au Seigneur, par l’intercession de saint Antoine de Padoue, le courage de prendre sur nous les croix de chaque jour, en union avec son offrande sur l’autel de la Croix et  pour apprendre à aimer sa sainte volonté.

 

Parcours

Le terroir de la vie mystique est, pour tout chrétien, la grâce reçue au baptême, mais il y a un moment, objet à la fois d’une grâce spéciale et de la réponse généreuse de l’homme, que les maîtres spirituels désignent par l’expression « attention à une présence » . Une présence qui s’impose avec force, que l’on perçoit à une profondeur à laquelle on veut obéir et dont on veut prendre la forme. Chez les grands mystiques, ce moment particulier, ce seuil à partir duquel se produit l’expérience, furent, par exemple : l’appel de Paul sur la route de Damas, la « nuit de feu » de Pascal, la confession de Charles de Foucauld à l’abbé Huvelin à l’Église Saint-Augustin de Paris, l’image de saint Joseph pour Thérèse d’Avila, la révélation de « l’amour miséricordieux » pour Thérèse de Lisieux, l’agonisant sur le mouroir de Calcutta pour Mère Teresa.

Pour le jeune Fernand de Lisbonne, cette « attention » s’est imposée avec force dès la nouvelle du martyre des Frères Mineurs du Maroc. Le mystère de la Croix du Christ reste, comme pour François, au cœur de l’expérience spirituelle et mystique de saint Antoine. Le vocabulaire de la croix revient 685 fois dans le champs de sa vie – Sermons et biographes –, avec une insistance sur les mot « croix », 232 fois ; « passion », 297 fois ; « lance », 132 fois ; « clous », 24 fois, etc.

 

Pensées 

Le témoignage des biographes

Le choc et l’émotion qui assaillent le jeune augustinien donnent lieu, chez les biographes, à une accumulation de sentiments – surprise, admiration, louange – qui traduisent l’impact que le martyre des cinq frères franciscains a eu sur la suite de sa vie et sur toutes ses activités. L’unique comparaison est avec le langage imagé des Écritures, que les lecteurs pouvaient facilement assimiler pour le voir reproduit dans les catéchèses, les chants, les enluminures, les sculptures et les vitraux des cathédrales :  

  • « La rumeur de la mort des dits martyrs ne parvint pas inutilement aux oreilles de Fernand » (Vita secunda I, 11).
  • Subitement, en peu de temps, il se dressa par la force de l’Esprit, « ceignit ses reins avec la ceinture de la foi et fortifia son bras avec l’armure du zèle » (Pr XXXI, 17 ; Is XI, 5) (Assidua V, 1).
  • « Il pensait n’avoir plus rien à faire si ce n’est d’affronter la férocité des tyrans pour obtenir, pour le Christ, la même palme des dits martyrs » (Vita secunda I, 12 ; Rigaldina IV, 5).

 

Le témoignage de saint Antoine

À ces réactions des biographes, répond l’âme du jeune Fernand : 

- « Ah, si le Très-Haut daignait me faire partager la couronne de ses saints martyrs ! Si l’épée du bourreau pouvait me trouver, à genou, lui tendant le cou pour le nom de Jésus ! Crois-tu que je pourrai voir ce jour ? Crois-tu que je pourrai atteindre ce moment heureux ? » 

- « Chers frères, j’aimerais, avec un vif désir, recevoir l’habit de votre Ordre. Mais promettez-moi que sitôt que je serai des vôtres, vous m’enverrez dans la terre des Sarrasins, car je voudrais moi aussi mériter et partager la couronne avec ces saints martyrs » (Assidua V, 5).

Dans la Basilique de Padoue, dans l’ancienne Salle du chapitre, au-dessus de l’autel, une fresque de l’École de Giotto (fin XIIIe s.), aujourd’hui effacée par l’humidité du lieu et du support, et représentant le martyre des cinq Frères faisait pendant à celle de François recevant les stigmates.

Méditation 

Le prodige des stigmates a suggéré à saint Bonaventure un hymne dans lequel saint Antoine reçoit la bénédiction de saint François stigmatisé, au chapitre d’Arles (1225), alors qu’il prêche sur l’inscription de la croix : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs » :

« Désormais, personne ne doit t’être importun, à cause des stigmates du Seigneur que tu portes en ton corps ; bien plutôt, tout serviteur du Christ est tenu de t’être dévoué de toute son affection.
Désormais…, toi soulevé dans l’air selon la figure de la Croix, lorsque saint Antoine prêchait sur l’inscription de la Croix, tu as été vu non par vision imaginaire, mais par révélation céleste, […].
La Croix du Christ…, proposée et assumée dès les premiers jours de ta conversion et portée ensuite en ta propre personne… montre que tu as donné le plus haut degré de la perfection évangélique avec une si grande clarté de certitude que nul vraiment dévot n’abjure, nul vraiment fidèle ne combat, nul vraiment humble ne dédaigne cette démonstration de la sagesse chrétienne écrite sur ta chair »
(Saint Bonaventure, Légende majeure XIII, 9-10).

 

Invocations et prières 

« Saint Antoine, dans la Croix du Christ, tu nous invites à découvrir le prix de notre vie et à mesurer la profondeur de notre blessure que seul le Sang du Fils de Dieu pouvait guérir. Aide-nous à comprendre de quel amour nous sommes aimés et à offrir nos souffrances pour le Salut du monde. »
(Neuvaine à Saint Antoine – Grottes de Brive)

 

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