Deuxième jour de la neuvaine à saint Antoine de Padoue
31 août 2020

Jour 2 : La vie religieuse dans le cadre des monastères augustiniens

Saint Antoine : un chemin de formation

 

« Après avoir passé sereinement les années de son enfance, 
sans céder aux séductions, du monde et de la chair, propres à l’adolescence,
il décida de servir Dieu seul dans l’Ordre de Saint-Augustin 
et y revêtit l’habit religieux » (Vita secunda, 1,3-4).

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Dieu de nous garder dans la foi, d’éveiller nos enfants à la prière, à l’exemple des parents du jeune Fernand, et de les guider sur le chemin de l’amour pour toi et pour leurs frères. 

 

Parcours

Ces fondations furent solides par le choix de la Règle de Saint-Augustin, déjà ancienne, mais récemment renouvelée, qui alliait vie commune, étude de l’Écriture, activité pastorale dans les terres appartenant aux monastères, hospitalité et assistance sanitaire aux pèlerins et aux croisés revenant de Terre Sainte. L’époque, ne l’oublions pas, est celle des Croisades. Les lieux de formation du jeune Fernand furent, pendant deux ans, São Vicente de Lisbonne, sur la colline dominant la Mer de Paille ; et, pour la durée de huit ans, Santa Cruz de Coimbra, fondée en 1132 et devenue, par le choix d’Alphonse Henrique, le panthéon des Rois du Portugal. 

Le futur auteur des Sermons compare ces années au minutieux travail de l’abeille qui butine avec persévérance, et chaque fois sur une seule fleur, et au glaneur qui ramasse les épis laissés par les moissonneurs.  

Venant après les grands exégètes Augustin, Jérôme et Grégoire le Grand, successeur et contemporain des théologiens et mystiques des siècles d’or du Moyen Âge, Bernard et Guillaume de Saint-Thierry, il en cueille l’héritage. En même temps, des maîtres formés à l’École de Saint-Victor de Paris l’initient au maniement de l’Écriture pour en extraire, par-delà la lettre, « l’intelligence spirituelle ». Glanons, nous aussi, quelques grains de ce parcours à la suite de Julien de Spire :

Perturbé par la présence importune et insistante de parents et d’amis,
après deux ans, il se transféra au monastère de Santa Cruz de Coimbra
afin d’y trouver la paix du cœur et de l’esprit. (Vita secunda, I, 5)
Il avança à tel point dans la vie religieuse
que le changement ne pouvait être attribué à la légèreté de cœur. (I, 6)
Non seulement, il s’appliquait à extirper les vices chez les autres
et à y semer des vertus,
mais il cultivait avant tout son propre champ,
et se munissait des solides sentences des Pères
pour appliquer la norme de la foi et réfuter les erreurs. (I, 7)

 

Pensées 

- Une prédication vivante :

   « Dans ses Sermons, Antoine commente les textes de l’Écriture présentés par la Liturgie, en utilisant l’interprétation patristique et médiévale des quatre sens, le sens littéral ou historique, le sens allégorique ou christologique, le sens tropologique ou moral, et le sens anagogique, qui conduit vers la vie éternelle. 

   Aujourd'hui, on redécouvre que ces sens sont des dimensions de l’unique sens de l’Écriture Sainte et qu’il est juste d’interpréter l’Écriture Sainte en recherchant les quatre dimensions de sa parole. Ces Sermons de saint Antoine sont des textes théologiques et homilétiques, qui rappellent la prédication vivante, dans lesquels Antoine propose un véritable itinéraire de vie chrétienne » (Benoît XVI, Antoine de Padoue, 10 février 2010).

- L’abeille et le curieux :

   « L’abeille, lorsqu’elle vole, ne se pose pas sur différentes fleurs, ni ne laisse une fleur pour aller dans une autre, mais cueille d’une seule fleur ce dont elle a besoin et retourne à sa ruche. Là, elle travaille, à l’intérieur, et s’alimente du fruit de son travail. 

      Ô toi, curieux, qui entreprends beaucoup d’affaires en même temps, va, je ne dis pas chez la fourmi, mais chez l’abeille et apprends la sagesse. L’abeille ne s’applique pas à différentes fleurs, etc.

     De même, ne t’applique pas aux belles fleurs des mots, ne laisse une fleur pour aller dans une autre, comme font les pointilleux qui tournent des pages, analysent des sermons, soupèsent des mots, mais n’aboutissent jamais à la vraie science. Cueille d’une seule fleur ce dont tu as besoin et place-le dans la ruche de ta mémoire » (Saint Antoine, Onzième dimanche après la Pentecôte).

 

Méditation 

Un jeune enfant, à la veille de sa première communion, me dit : « Voici une Bible. Pose-moi les questions que tu voudras et j’y répondrai. »  
- « Tu as bien du courage, je lui ai répondu. La Bible a plus de mille pages, peux-tu retenir tout ce qu’il y a d’écrit ? »
- « Vas-y ! », me dit-il. En effet, après l’avoir interrogé sur Adam, Noé, Abraham et quelques épisodes des Évangiles, je me suis bien gardé d’aller trop loin… Quelques années plus tard, je l’ai à nouveau interrogé, mais cette fois, je n’ai eu aucune réponse. En grandissant, l’adolescent et le jeune homme s’était passionné par l’école, avec succès, il faut le reconnaître, par le sport, les motos, les pistes de ski, mais la Bible était restée au fond du tiroir… « Ils n’ont plus le temps », commenta sa mère. Et le père : « Il y a la vie, les copains, les examens, à quoi vont lui servir la Bible, les Évangiles et tout le reste… » 

Ainsi, rares sont les jeunes qui poursuivent une formation religieuse au-delà de leur Communion, privée ou solennelle, et encore plus rares sont les parents qui fréquentent la lectio divina d’une paroisse ou d’un monastère. Saint Antoine a des paroles sévères pour les chrétiens qui ne se contentent que de leur nom de chrétiens et qui ne font rien pour que leur foi prenne racine et s’incarne dans leur vie.  

Reste, pour reprendre quelques-uns de ces mots : qu’il n’y a pas de vraie science en dehors des Saintes Écritures ; que la science qui donne toute connaissance, c’est l’amour ; et que toute science est vide si elle se remplit de beaux discours, mais ne porte pas de fruit.

 

Invocations et prières 

Prière à saint Antoine, Docteur de l’Église

Saint Antoine,
tu as été proclamé Docteur évangélique de l’Église
pour ta profonde sagesse,
ton exemple de vie évangélique
et ton zèle incomparable d’apôtre de l’Évangile.

Obtiens-nous du Seigneur
une foi forte et une espérance ferme,
une vie droite et une charité ardente ;
rends-nous attentifs à l’enseignement de l’Église, notre mère,
et fais que notre vie soit conséquente avec la foi que nos professons.
(Treizaine à Saint Antoine - Grottes de Saint-Antoine de Brive)

 

« Double est la douceur de la contemplation : 
l’une est dans l’amour : c’est celle de la vie ; 
l’autre, dans l’intelligence, et c’est celle de la science. » (Saint Antoine, Conversion de Saint Paul). 

 

Rester informé

Recevoir la newsletter de l'association

Recevoir le magazine Ave Maria