Troisième jour de la neuvaine à saint Antoine de Padoue
01 septembre 2020

Jour 3 : Franciscain, missionnaire et martyr

Saint Antoine, à la suite des premiers Frères martyrs du Maroc 

 

« Lorsque l’Infant Pedro rapporta de Marrakech les reliques des cinq Frères Mineurs martyrs, 
affirmant avoir été libéré miraculeusement pas leurs mérites, 
Fernand fut frappé par cet événement, 
crut de son devoir de quitter son monastère, afin d’obtenir comme eux la palme du martyre,
et décida de prendre leur habit et de suivre leur genre de vie. 

Des frères de cet Ordre habitaient l’ermitage Saint-Antoine des Olivais, près de Coïmbra, 
et se rendaient au monastère pour demander l’aumône.  
Un jour, ne pouvant se refréner, Fernand les prit à part et leur révéla son projet. 
Les frères, au comble de leur joie, prirent rendez-vous 
et lui imposèrent, dans le même monastère l’habit de leur Ordre.
Fernand changea son nom en celui d’Antoine et passa sans tarder dans la terre des Sarrasins (2,7).

Mais Dieu en disposait autrement. 
Frappé par une grave maladie, il dut faire retour au Portugal, 
Mais une tempête en mer et des vents violents poussèrent le bateau sur les côtes de Sicile  
et Antoine vit s’évanouir son rêve de martyre » (Assidua, 5,1 ; Vita secunda, 1,12. 2,8-10).

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Prions Dieu de nous donner la force de la foi et le courage du martyre qui anima saint Antoine de Padoue. 

Parcours

En cette année 2020, les villes de Padoue, de Coimbra et de Lisbonne ont célébré, par un Jubilé, les huit cents ans de la vocation franciscaine d’Antoine. Le témoignage des premiers martyrs franciscains imprima un virage à 180 degrés au rythme quasi-monotone de sa vie de chanoine. 

Ses biographes sont unanimes. Sa foi fut subitement saisie d’une ferveur extraordinaire : il fallait réparer l’injure faite au Christ, la mort des martyrs, et résister à un pouvoir qui ne connaît que la violence et qui refuse à l’homme toute dignité. La vie simple des Frères vivant d’aumône et sans demeure fixe, toute dédiée à l’annonce de l’Évangile, contraste fortement avec celle d’une abbaye qui jouit des largesses du roi qui l’avait choisie pour sa sépulture. À 25 ans, si l’on s’en tient à la chronologie traditionnelle, plein d’enthousiasme, il décide de quitter les Chanoines réguliers pour l’habit et la vie des Frères morts pour le Christ.

Sans regrets, puisque « frustré une première fois, par volonté divine, de son désir, il n’eut plus la présomption de tenter une nouvelle entreprise, et s’en remit désormais totalement au bon vouloir de Dieu… Dieu le gardait pour de plus grandes entreprises » (Vita secunda III, 11).  

 

Pensées 

- « Heureux celui que l’épée des mauvais n’a pas effrayé, mais a transformé en mieux » (Julien de Spire, Office liturgique).

- « Martyr de désir, Antoine, tu as suivi avec ardeur la mort des martyrs !
Et si l’épée du persécuteur ne t’a pas ôté la vie,
ton âme n’a pas perdu la palme du martyre » (Rigaldina IV, 8). 

- Saint Antoine, frappé par la manière franciscaine d’accueillir et de vivre l’Évangile, s’est levé du milieu de nous, est passé par notre cité d’hommes et nous a tracé de manière exemplaire les chemins de sagesse qui nous sauvent. (Don Virgilio do Nascimento Antunes, évêque de Coimbra, 13 juin 2020, Saint Antoine dos Olivais)

Dans les Sermons d’Antoine, le mot “martyr” revient 29 fois, à propos de Jean l’évangéliste, de Marie et des Apôtres Pierre et Paul, pour en évoquer la dureté des souffrances et de la mort et souligner les germes de vie pour les martyrs eux-mêmes et pour l’Église.

- Jean n’a pas terminé sa vie par le martyre, mais fut cependant martyr, plongé dans un tonneau d’huile bouillante, relégué en exil à Patmos et obligé d’avaler du poison (Saint Antoine, Fête de saint Jean l’Évangéliste).

- Les 12 étoiles (Ap. XII, 1) furent les 12 prérogatives de Marie, au Ciel, dans sa chair et dans son cœur… Les prérogatives du cœur furent une humble dévotion, une pudeur réservée, une grande foi et le martyre du cœur, car « une épée a transpercé son âme » (Lc I, 31) (Saint Antoine, Annonciation de la Vierge Marie II).

- Tout martyre est semence de conversion.

- Par l’effusion de leur sang, les martyrs ont arrosé les âmes dans le jardin de l’Église, pour qu’elle persévère dans la verdeur, la force et la vigueur de la foi (Saint Antoine, Fête des saints Pierre et Paul).

- La Passion du Christ est appelée “transgression” et “excès” : elle a outrepassé la douleur et la Passion de tous les martyrs et excédé toute autre passion (Saint Antoine, Premier dimanche après Noël).

- « Ils ont offert des sacrifices de justice. » Par leur martyre, Pierre et Paul ont immolé au Seigneur, en victimes de justice, leurs corps justes et saints (Saint Antoine, Fête des saints Pierre et Paul).

- « Ils suceront, comme du lait, les inondations de la mer. » Une mer qui déborde est d’un aspect effrayant et d’un goût amer ; le lait, au contraire, a une couleur agréable et une saveur douce. Sucer signifie désirer avec avidité et goûter avec plaisir.
Ô amour du Christ, qui rends douce toute chose amère ! Le martyre des Apôtres fut effrayant et amer, mais l’amour du Christ le changea en douceur ; ils le reçurent avec avidité et plaisir, et jouirent ensuite avec Lui pour l’éternité (Saint Antoine, Fête des saints Pierre et Paul).

 

Méditation 

« Que chacun se glorifie de son propre martyre »…

L’aspiration d’Antoine au martyre était inscrite dans l’âme même de l’Ordre des Frères Mineurs. À ceux qui tiraient gloire du martyre des Frères du Maroc, François répondit que mourir martyr était l’affaire de chacun et en donna lui-même l’exemple, en entreprenant par trois fois le voyage en Terre Sainte et parmi les infidèles. Comme l’écrit Thomas de Celano, son biographe, « il avait l’ardent désir du martyre ». « L’ardeur de la charité, ajoute saint Bonaventure, le poussait à imiter la gloire des saints martyrs, car rien ne pouvait éteindre la flamme de leur amour ou affaiblir leur force d’âme. » 

Il y a deux sortes de martyre, tous deux aussi exigeants par le don de soi et éloquents par le témoignage en faveur du Christ qui s’est offert à son Père sur la Croix : la mort sanglante ou “martyre du sang” et l’offrande de sa propre vie en sacrifice spirituel agréable à Dieu, comme le Christ s’est offert lui-même à son Père sur la Croix.

Ainsi, François s’est-il identifié au Christ jusqu’à mourir nu, sur la terre nue. Et Antoine, dans la vision et la joie de son Seigneur (Assidua XVII, 12).

Ce genre de mort est aussi le nôtre. Il ne nous est pas demandé d’exposer nos corps aux persécuteurs, bien que nombreux soient encore aujourd’hui les chrétiens persécutés et les martyrs par le sang, mais d’offrir nos œuvres, nos prières, le travail de chaque jour, nos gestes de compassion et de consolation pour nos frères souffrants, nos maladies et tous les désagréments de la vie, en immolation et en holocauste. Par l’immolation nous devenons victimes et sacrifice ; par l’holocauste, « nous brûlons sur l’autel du Seigneur en parfum agréable au Seigneur » (Saint Antoine).

 

Invocations et prières 

« Saint Antoine, dans la Croix du Christ, tu nous invites à découvrir le prix de notre vie et à mesurer la profondeur de notre blessure que seul le Sang du Fils de Dieu pouvait guérir.
Aide-nous à comprendre de quel amour nous sommes aimés et à offrir nos souffrances pour le Salut du monde. Amen. »
(Neuvaine à saint Antoine - Grottes Saint-Antoine de Brive).

 

Saint Antoine, nous te confions nos malades, les sans travail, nos difficultés dans la recherche du nécessaire à la vie de notre famille et de nos enfants, ceux qui sont exposés aux lourds travaux et à des mauvaises conditions de santé et de sécurité, les accidentés du travail, des maladies professionnelles et de la route, et toutes les petites et grandes croix de notre vie quotidienne. Donne-nous de les accomplir avec amour, sur ton exemple et avec Jésus.

 

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