Quatrième jour de la neuvaine à saint Antoine de Padoue
02 septembre 2020

Jour 4 : Antoine, orant et contemplatif

Dans la solitude, Antoine façonne la chambre de son cœur et sa future mission 


« Je la séduirai,  
je la conduirai au désert, 
et je parlerai à son cœur » (Os II, 14).

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Nous entrons aujourd’hui dans l’espace secret de la dévotion à saint Antoine. Aide-nous, Seigneur, à percer son silence et les profondes aspirations de son cœur, et à nous ouvrir aux mystères des paroles de Dieu. 

Parcours

Placée en exergue du Sermon pour la fête de Jean l’Évangéliste, la prophétie d’Osée résume une expérience spirituelle capitale de notre saint. Rétabli de l’échec de sa mission au Maroc, Antoine avait participé, fin mai, à Assise, au grand rassemblement de la Portioncule, avait entendu François et joui de la présence de plus de 5000 frères. Lorsque chacun retourna dans sa province ou au lieu qui lui avait été désigné, il resta seul, ignoré de tous et, à ses yeux, inutile. Sans aucune allusion à sa culture ni à quelque expérience antérieure, il s’adressa humblement à frère Gratien, provincial de Romagne, et le pria de le requérir auprès du supérieur général, de l’amener avec lui et de lui enseigner la Règle de l’Ordre. Gratien l’accueillit bénévolement et l’amena avec lui à l’ermitage de Montepaolo, sur les Apennins, à 425 m d’altitude et à 25 km de Forlí (Vita secunda, III, 3-5). Ce fut une expérience de jeûne et d’ascèse, de prière et de contemplation, en même temps qu’un approfondissement de l’Écriture selon les méthodes apprises à Lisbonne et à Coimbra. Mais écoutons les témoins.

 

Pensées 

Témoignages de l’Assidua et de Julien de Spire :

- « En soumettant toute sa science et toute son intelligence à l’obéissance au Christ, il déclarait ne vouloir connaître, désirer et embrasser que Lui seul, et Lui crucifié » (1 Co II, 2 ; Assidua VII, 3).

 - « En ce lieu, autant qu’il lui fut possible, tout riche qu’il fût du don de la sagesse, il mena une vie simple parmi les simples et, avec humilité, tint caché pendant très longtemps la lumière de la grâce sous l’apparence de l’ignorance » (Vita secunda III, 10).

- Le frère marmiton :

Le tableau peut paraître banal, mais il a fait le tour de la famille et de la tradition franciscaines.

Dans les brèves communications du père gardien et en conversant avec les frères, il s’était aperçu que tous, en plus de l’application à la prière, étaient occupés aux différents services de la communauté et commença à réfléchir se disant inutile et indigne du pain qu’il mangeait, comme quelqu’un qui recevait des signes de respect de la part des autres, mais ne faisait rien d’utile à la communauté et n’était pas venu pour servir mais plutôt pour être servi.

Il en parla donc à son gardien et le supplia, à genoux, de lui accorder la grâce de laver la vaisselle et de balayer la maison. L’ayant obtenue, il s’en appliqua toujours avec un admirable dévouement et soin. Ainsi, par son travail, il pouvait manger son pain avec une meilleure conscience. Après avoir rempli avec diligence ces tâches domestiques, il retournait dans sa cellule et au goût de la contemplation. (Manuscrit 74 de la Bibliothèque antonienne de Padoue, 4.7.8.)

 

Des Sermons de saint Antoine

- La chambre du cœur :

« Toi, quand tu veux prier…
Retire-toi dans ta chambre », dans le secret de ton cœur,
et après avoir fermé la porte des cinq sens, ne désire plus ni d’être vu, ni d’être entendu, ni d’être loué »
(Premier dimanche de Carême). 

- La chambre secrète de l’Esprit :

« Lui seul a déployé les cieux et foulé les flots de la mer. Il fait l’Ourse et Orion, les Pléiades et les Chambres du Sud. Il est l’auteur d’œuvres grandioses et insondables, de merveilles qu’on ne peut compter » (Jb IX, 7-10).

« Les “Chambres du Sud” désignent l'Esprit Saint qui habite dans le secret de la contemplation, dans la joie de l’esprit, dans la suavité de la douceur intérieure, et en y habitant, y souffle la brise suave de son amour » (Cinquième dimanche de Pâques).

- Sur la trace des grands mystiques :

« Je la séduirai, je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur » (cf. Os II, 14). 

 « Qu’elle est alors profonde, dans son cœur, la grandeur de la dévotion, de l’émerveillement et de l’exultation ! » (Fête de saint Jean l’Évangéliste)

« Notre cité, dit l’Apôtre, se trouve dans les Cieux » (Ph III, 20). 

« Il y a trois cieux, explique Richard de Saint-Victor. Le premier, c’est l’esprit de finesse ; le deuxième, l’éclat de la justice ; le troisième, la hauteur de la gloire.
Dans le premier, notre ignorance est éclairée ; dans le deuxième, la convoitise est éteinte ; dans le troisième, la misère est détruite.
Si la lumière de la vérité brille autour de toi, tu es en possession du premier ciel. Si la flamme de l’amour t’enflamme, tu habites le deuxième. Si tu as éprouvé le goût de la douceur intérieure, tu es admis au troisième. »
(Richard de Saint-Victor, Commentaires mystiques des Psaumes)

- Ce goût est l’union par laquelle l’époux s’unit à son épouse. « Celui qui s’unit à Dieu, dit l’Apôtre, est avec lui un seul esprit. » (1 Co VI, 17) (Guillaume de Saint-Thierry, Lettre aux Frères du Mont-Dieu, S.C., 223, 275) 

- La prière, une école d’amour :

« Antoine nous rappelle que la prière a besoin d’une atmosphère de silence, qui ne coïncide pas avec le détachement du bruit extérieur ; c’est une expérience intérieure qui vise à éliminer les distractions provoquées par les préoccupations de l’âme, en créant le silence dans l’âme elle-même. (…) Dans cet enseignement de saint Antoine sur la prière, nous saisissons l’un des traits spécifiques de la théologie franciscaine, dont il a été l’initiateur, c’est-à-dire le rôle assigné à l’amour divin (…). En effet, lorsque nous aimons, nous connaissons » (Benoît XVI, 10 février 2010).

 

Méditation 

« En lien, depuis de nombreuses années, avec la Basilique de Padoue et la revue Le Messager de saint Antoine, j’attends chaque mois avec impatience de recevoir cette nourriture spirituelle. » (Un lecteur)

Pour certains, la dévotion à saint Antoine tiendrait de l’attachement infantile, voire de la superstition, mais qui peut démêler la masse de sentiments qui se tissent dans le fond de l’âme humaine ? Derrière un mot, un geste, parfois une boutade, il y le besoin de combler un vide intérieur. Saint Antoine y répond par les nombreuses facettes de sa personnalité, de son histoire humaine et de sa compassion pour les souffrances physiques et spirituelles. Et par une sensibilité intérieure que seul le contact avec Dieu miséricordieux révèle. « Regardez et voyez, écrit-il, combien le Seigneur est bon, puis descendez, aidez et conseillez, car c’est cela dont le prochain a besoin »… À la fois admirative et confiante, la dévotion perçoit instinctivement cette richesse, même si elle en ignore les véritables contours. 

 

Invocations et prières 

« Ô saint Antoine, apprends-nous à prier comme tu savais si bien le faire. Aide-nous à devenir des hommes et des femmes de prière, afin qu’une immense clameur monte sans cesse de la Terre pour transformer le monde actuel et le rendre agréable à Dieu et vivable pour tous »
(Ermitage Saint-Antoine – Lac Bouchette – Québec).

 

Prions donc saint Antoine, puisons à sa profondeur spirituelle et remettons nos grandes et nos petites demandes à la puissance de son intercession.  

 

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