Septième jour de la neuvaine à saint Antoine de Padoue
05 septembre 2020

Jour 7 : Le Père des pauvres

Antoine et sa compassion pour les pauvres et les malades


« Réjouis-toi, heureuse cité de Padoue,
par les miracles d’Antoine,
tu  viens au secours à tant de nos misères » (Julien de Spire, Hymne de l’Office).

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Par le don des prodiges, ô saint Antoine, fais-nous comprendre combien ta vie a été agréable à Dieu, et ton intercession, efficace.

 

Parcours

Antoine, « le thaumaturge » :

« Thaumaturge » (littéralement, « qui fait des miracles ») est le titre que l’Église et la dévotion du peuple chrétien lui ont attribué de tout temps et en tous pays.

Selon la théologie, le miracle est un don, comme celui des langues et autres charismes, « au service de la charité qui édifie l’Église » (Catéchisme de l’Église catholique, n°2003), surtout par le témoignage héroïque de foi et de vie évangélique d’un saint de la stature d’Antoine. 

D’après l’Assidua (XXXI, 36), Antoine n’aurait accompli qu’un seul miracle de son vivant : la guérison de la petite Padovana, épileptique et paralysée. Le procès de canonisation lui en attribuera 53. Le Livre des miracles, vers 1367-1370, en recense 66.

Les miracles selon Saint Antoine :

Les Évangiles, celui de Jean en particulier, tiennent à montrer que les miracles n’ont pas pour but de susciter la merveille, de satisfaire la curiosité, voire, chez certains esprits, de tendre des pièges, mais de révéler la mission divine de Jésus et sa Miséricorde pour l’homme blessé. Antoine lui-même explique la signification du miracle, à l’occasion de la guérison de l’aveugle-né. « Jésus cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, et enduisit avec cette salive les yeux de l’aveugle-né (Jn IX, 6). L’aveugle de naissance désigne le genre humain, aveuglé chez les premiers parents. À cet aveugle, Jésus a rendu la lumière lorsqu’il a craché à terre et enduit ses yeux avec de la boue. Le crachat qui descend de la tête désigne la divinité, la terre désigne l’humanité ; le mélange de la salive et de la terre, c’est l’union de la nature divine et humaine. Par cette union le genre humain a été illuminé (Dimanche de la Quinquagésime). »

Le mot illumination, synonyme de baptême, évoque bien notre nouvelle naissance par la foi. De la même manière, les miracles d’Antoine sont les expressions de sa compassion et visent à rétablir chacun dans sa dignité :

  • Un mari en colère arrache les cheveux à sa femme ; Antoine la rassure : « Le Seigneur, vue ta foi, te sauvera. »
  • À la mère qui, rentrant chez elle, trouve son fils mort dans son berceau et supplie Antoine : « Aie confiance, répond celui-ci. Dieu te fera la grâce. »
  • Au Portugal, Serra, très dévote à saint François et à saint Antoine, prit un soir une corde pour se suicider à cause de la conduite libertine de son mari. Au cœur de la nuit, les deux saints frappent à sa porte, ils sont reçus avec grande délicatesse, se mettent à table et tout en consommant leur repas, la réconfortent, lui redonnent espoir, puis disparaissent et la femme renonce à son projet.

Antoine nous apprend donc à déchiffrer les prodiges comme des signes de l’immense amour de Dieu et nous trace la voie pour que, nous aussi, nous l’aimions et soulagions ses pauvres :

  • « Soyez accueillants les uns pour les autres, comme le Christ » (Rm XV, 7). 
  • « Comme le Christ a accueilli les aveugles pour les illuminer, les boiteux pour les faire marcher, les lépreux pour les purifier, les sourds pour leur rendre l’ouïe, les morts pour les ressusciter, les pauvres pour les évangéliser, ainsi devons-nous nous accueillir les uns les autres. Si ton prochain est aveugle par l’orgueil, éclaire ses yeux par ton humilité ; s’il est boiteux par l’hypocrisie, redresse-le par la vérité : s’il est lépreux par la luxure, purifie-le par ta chasteté ; s’il est sourd par l’avarice, propose-lui l’exemple de la pauvreté du Seigneur ; s’il est mort par la gourmandise et l’ivrognerie, ressuscite-le par l’abstinence ; mais aux pauvres annonce la vie du Christ » (Deuxième dimanche de l’Avent).

 

Pensées 

Des Sermons de saint Antoine

- Le plus grand miracle, c’est la vie sainte :

  • « Faire d’un impie un juste est plus merveilleux que Ciel, Terre et anges… La puissance de Dieu est la même, mais justifier des impies est œuvre de plus grande Miséricorde » (21e dimanche après la Pentecôte).

- La Bonne Nouvelle pour les pauvres :

  • « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient… la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres » (Mt XI, 4-5).
  • « Seuls les pauvres, c’est-à-dire les humbles, seront évangélisés, car ce qui est concave reçoit les liquides ; ce qui est convexe, au contraire, les rejette. « Si quelqu’un a soif, dit le Seigneur, qu’il vienne à moi et il boira » (Jn VII, 37). Car, comme il le dit lui-même en Isaïe : « Je répandrai l’eau sur le sol assoiffé et des ruisseaux sur la terre desséchée » (Is XLIV, 3). C’est de la parole de vie, de l’eau salutaire de la sagesse qu’ont aujourd’hui soif les pauvres, les simples, les ignorants, les paysans et les petites vieilles. Les sages et les conseillers du Pharaon, comme dit Job, « sont pleins de paroles, et leur intérieur est comme un vin nouveau sans issue, qui fait éclater les outres neuves » (Jb XXXII, 18-19). Croyez-moi, ce ne sont pas eux, mais les pauvres seulement qui seront évangélisés » (Saint Antoine, Deuxième dimanche de l’Avent).

 

Méditation 

Saint Antoine, comme tout bon exégète, ne manque pas de citer saint Paul, 1 Co XIV, 22 : « Les signes sont donnés, non aux fidèles mais aux infidèles. » Sont-ils pour autant refusés aux fidèles ? Antoine applique la citation à Zacharie, frappé de mutisme pour avoir douté de la promesse de l’ange. À la différence de Marie, en effet, qui cherchait une explication : « Comment cela sera-t-il ? », il doute, demande un signe, une preuve : « À quoi connaîtrai-je cela ? » et le signe lui est donné. Il n’en sera délivré que lorsque l’enfant promis sera là et il faudra lui donner un nom, donné par Dieu lui aussi. Marie a reçu, elle aussi, un signe : la présence physique de l’ange Gabriel. Ce signe, explique saint Thomas, ne lui a pas été donné pour susciter ou confirmer la foi qu’elle avait déjà, mais en surplus, « comme manifestation du mystère, par respect pour elle, pour lui montrer l’événement divin d’une manière spéciale ».

Les signes et les miracles ne sont donc pas refusés aux croyants : ils sont toujours donnés pour enrichir l’Église, et à chaque croyant, pour le bien de l’Église. Mais prenons garde ! L’attitude du croyant face à une manifestation extraordinaire ne doit pas être l’engouement ou la curiosité, mais la gratitude : « Mon âme exalte le Seigneur », dit Marie, pour cette grande merveille. De même, puisque les dons sont donnés pour l’utilité de l’Église, c’est à son discernement que l’on doit se conformer. Que de problèmes pourrions-nous éviter à nos pasteurs, si tel était notre comportement.

 

Invocations et prières 

« Ô saint Antoine, toi qui sais intercéder en notre faveur pour obtenir les grâces de guérison dont nous avons besoin, donne-nous d’imiter en Jésus la compassion de Dieu envers les malades. Qu’à ton exemple, nous apportions toujours notre assistance à nos frères et sœurs malades pour soulager leurs souffrances et les aider à recouvrer la santé de l’âme et du corps. »
(Ermitage Saint-Antoine – Lac Bouchette – Québec)

 

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