Sixième jour de la neuvaine à saint Antoine de Padoue
04 septembre 2020

Jour 6 : L’envoi en mission

Antoine, lumière de science et de grâce pour les hommes 


« Dieu ne voulut pas qu’une lumière de science si élevée
 fût mise sous le boisseau, mais sur le lampadaire » (cf. Mt V,15) ; Rigaldina VI,11).

 

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Que notre foi et notre vie soient lumière et pain savoureux pour ceux que nous rencontrons sur notre chemin.

 

Parcours

Pour Jésus, comme pour le peuple hébreu, le désert fut un temps d’épreuve, de réflexion et de préparation à une mission. De même devait-il l’être pour Antoine : tant de préparation culturelle et une si intense expérience spirituelle ne pouvaient rester enfermée dans les limites d’une simple satisfaction personnelle. Dieu le destinait à une mission et il ne tarda pas à la lui révéler, à Forlì, où Frères Mineurs et Frères Prêcheurs étaient réunis à l’occasion d’une ordination sacerdotale. Au moment de prononcer la conférence d’usage, Frères Mineurs et Frères Prêcheurs s’en déchargeaient les uns sur les autres : les premiers par humilité, les seconds parce que leur Règle leur défendait de parler en public sans préparation. Le Père gardien eut alors recours à frère Antoine. Tous le savaient habile à laver la vaisselle, mais non à donner des sermons, bien que quelques-uns l’aient parfois entendu parler latin… Qui sait, pensait-il, s’il ne cache pas son savoir par excès de discrétion… Lui-même, par humilité, essaya de s’esquiver se déclarant le moins apte pour une telle tâche, mais c’était raisonner à la manière humaine, car :

- « Celui qui avait décidé de le placer sur le lucernaire, au fur et à mesure qu’il parlait, éleva son parler à une telle élégance et profondeur de pensée mystique, que tous les présents, surpris par un événement aussi inattendu, admiraient Antoine et avouaient n’avoir jamais entendu de paroles semblables. Remplis d’une grande consolation, les frères vénéraient ensuite la splendeur de la sagesse céleste révélée divinement, et non moins la vertu d’une humilité déjà solidement éprouvée » (Vita secunda IV, 7-8). 

- « Peu de temps après, la nouvelle parvint aux oreilles du ministre général qui obligea Antoine à paraître en public et lui imposa la charge de la prédication. Le ministère de la parole lui échoua bien à propos. Expert dans la sagesse divine, reconnu pauvre en esprit dans une communauté de pauvres, il ne s’était pas approprié cet honneur par orgueil, mais en force d’un appel » (Vita secunda IV, 9-10). 

Envoyé d’abord dans la région de Rimini, infestée par les Cathares, il reçut ensuite de François lui-même la mission d’enseigner la théologie aux frères, prêcha dans le Sud de la France, à Montpellier, à Toulouse, à Limoges et à Bourges, fut chargé du gouvernement des Frères dans la région de Milan et de toute l’Italie du Nord, fut associé par le pape Grégoire IX aux croisades contre des hérétiques et les partis contraires à l’Église, puis se lia d’amitié avec les habitants de Padoue où il prêcha pendant 40 jours d’affilée le premier Carême de l’histoire, avant de s’éteindre, par épuisement, dans le petit couvent de la Cella aux portes de Padoue le 13 juin 1231.

 

Pensées 

« Ses contemporains sont les témoins de la grande lumière qu’il répandit, en partant de la parole de Dieu » (Pie XII, Saint Antoine, Docteur de l’Église, 16 janvier 1946). Un de ses contemporains est certainement Julien de Spire qui nous offre un portrait saisissant de la prédication d’Antoine dont il serait dommage de se priver. Écoutons-le :

« Toute sorte de doute sur l’origine divine de la mission d’Antoine et la force de son message, est dissipée autant par sa vie que par sa mort.
Durant son séjour terrestre, il brilla par sa vie et sa doctrine. La première fut méritoire par le renoncement volontaire à soi, l’innocence et l’amour de la discipline ; la seconde fut confirmée par la charité jointe au zèle, la modestie et la manière dont il annonçait à tous la vérité.
Il rendait à chacun son dû, avec un tel juste équilibre que, parlant tant aux grands qu’aux petits, il blessait également tous par le dard de la vérité (retenons l’image).
Lui qui avait tant désiré boire au calice de la Passion, ne renonçait à la vérité ni face à quelque grandeur que ce soit, ni face à la mort, mais résistait résolument même devant le despotisme des grands. Il se lança avec une telle sévérité contre certains hauts personnages dont la conduite était répréhensible, que d’autres grands prédicateurs éprouvaient de la honte devant sa fermeté et son courage et, préférant l’éviter quand ils le rencontraient, couvraient le trouble de leur visage avec leur main ou leur vêtement.
Son parler était toujours assaisonné, en toute occasion, du sel de la grâce, agréable et sévère au point d’inspirer à ceux qui l’écoutaient l’amour et la crainte.
Ainsi l’expérience de son pèlerinage terrestre, lumineux par sa vie et sa doctrine, prouve-t-il l’origine divine de sa vocation, que confirmera, après sa mort, la splendeur de nombreux miracles »
(Vita secunda IV, 11-19). 

 

Méditation 

La vérité, dans la pensée et la vie de saint Antoine, n’est pas une notion philosophique : c’est une personne, Jésus-Christ qui dit : « Je suis… la Vérité » (Jn XIV, 6). Je suis « LA » vérité qui donne sens à toutes choses : « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jn I, 4). La vérité qui chasse la fausseté et l’erreur : « Je suis venu dans le monde pour… rendre témoignage à la vérité » (Jn XVIII, 37). La vérité qui transforme la vie : « Qui fait la vérité vient à la lumière » (Jn III, 21), devient, comme le Christ, lumière pour soi, lorsque l’œil est simple (Mt VI, 22), et lumineux pour les autres, pour l’empêcher de tomber dans le fossé (Mt XV, 14).

Au nom de la vérité, Jésus a été sacrifié sur la Croix. Qu’est-ce, en effet, que le procès de Jésus sinon une suite de mensonges ? La trahison de Judas ? Un piège : tu le trahiras par un baiser, mais, ton regret, « que nous importe ? à toi de voir » (Mt XXVI, 48 ; XXVII, 3). Le projet des grands prêtres ? Un complot (Jn XI, 47-50). Les accusations ? Des faux (Mt XXVI, 59-61). Le reniement de Pierre ? Une lâcheté (Mt XXVI, 69-75). La libération du criminel ? Un outrage à la justice (Mt XXVII, 15-23). Les moqueries des soldats ?  Une insulte (Mt XXVII, 39-44). La consigne des chefs ? Un mensonge : « Vous direz, en échange d’argent, qu’on a dérobé son corps » (Mt XXVIII, 12-14)…    

Saint Antoine a incarné, proclamé, défendu, pratiqué la vérité, de qui, de quoi pouvait-il avoir peur ? « La vérité est grande et forte par-dessus toutes choses », écrit-il.

Cette vérité nous interroge. Posée devant nous comme un miroir, elle révèle nos faux-fuyants, nos incohérences et nos trahisons, jusqu’aux plis les plus cachés de notre conscience où Dieu voit tous nos secrets (cf. Mt VI, 1-18). 

Que notre vie, nos pensées et nos paroles soient donc un témoignage en faveur de la vérité et nous serons, comme lui, lumineux pour nous-mêmes et éloquents pour les autres.

 

Invocations et prières 

« Saint Antoine, tu as été proclamé Docteur évangélique de l’Église pour ta profonde sagesse, ton exemple de vie évangélique et ton zèle incomparable d’Apôtre de l’Évangile. Obtiens-nous du Seigneur une foi forte, une espérance ferme, une vie droite, une charité ardente ; rends-nous attentifs à l’enseignement de l’Église, notre mère, et fais que notre vie soit conséquente avec la foi que nos professons. »
(Treizaine à Saint Antoine - Grottes de Brive)

 

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