Marie offrant Jésus, modèle de psychologie maternelle

Marie offrant Jésus, modèle de psychologie maternelle

Pour la loi de Moïse (cf. Lv 12,2-8), Marie, comme toute femme ayant enfanté, devait se rendre au temple pour se faire déclarer légalement pure par le prêtre : avant cela elle n’avait pas le droit d’aller dans le temple ni de toucher aux choses sacrées.

De leur propre initiative en dépassant l’obéissance à la loi

Les spécialistes ont observé qu’il n’était pas prescrit que les enfants soient aussi présentés au temple à cette occasion, et néanmoins, c’était une coutume pieuse. Ainsi, Marie et Joseph, en apportant Jésus au temple le font de leur propre initiative en dépassant l’obéissance à la loi ; ils montrent encore une fois une attitude personnelle, authentique, libre et créative, et donnent une autre signification, spirituellement plus élevée au rituel rigoureusement prescrit.

L’aspect législatif de la purification de la femme reste en arrière-fond et laisse émerger la sincérité et la force de leur foi, de l’élan du cœur dans la rencontre spontanée avec les fidèles qui convergent au temple. Leur comportement fait encore penser à l’harmonie avec soi-même, à la joie, à la dynamique de leur rapport personnel avec Dieu.

Du point de vue religieux, présenter leur enfant au temple signifie le consacrer à Dieu, reconnaître que la créature lui appartient.

Un geste aussi authentique a des significations et des répercussions affectives profondes, qui touchent le cœur des parents, qui modifient leur rapport avec le fils.

Il correspond à un pas de plus dans le développement de la conscience parentale, où le parent prend conscience que le fils ne fait pas partie de lui, n’est pas sa propriété, mais qu’il est une autre personne, avec son individualité et son destin. C’est un passage naturellement critique pour les mamans qui doivent, pour respecter l’individuation et l’autonomie des fils, accepter la rupture et la transformation du lien primitif, fait de sentiment de protection et de sécurité ; un détachement qui, comme un creuset, transforme et sublime le désir, qui a tendance à être possessif, à vouloir s’attacher, s’unir, s’appuyer, assouvir ses affections spontanées.

Ce geste ouvre au projet de Dieu sur le Fils

Ce geste ouvre au respect de la vie du fils (c’est-à-dire, dans la vision religieuse, au projet de Dieu sur lui), et appelle pour la mère une autre élaboration et spiritualisation de sa propre identité et de son propre but. A travers l’invisible fil conducteur qui guide les pas de Marie, on peut voir se dessiner le modèle du comportement de la Mère de Jésus. Les aspects religieux ne nient pas mais semblent illuminer ce qui arrive sur le plan psychologique dans le phénomène de l’engendrement.

Aussi, la maternité de Marie ne s’achève pas avec la naissance de Jésus mais elle se développe à chaque instant dans le rapport avec lui.

Mais Marie est toujours attentive à reconnaître en elle et dans la vie, dans le temple et dans la communauté sociale, l’action de Dieu.


Extraits de : Maria Rosa Filzi Curtoni, "Maria di fronte alle parole di Simeone" dans Theotokos 6 (1998), pp. 114-116. Nous remercions l’éditeur A.Valentini qui offre ces pages pour Marie de Nazareth. Extraits choisis par F. Breynaert.

Mary offering Jesus, model of maternal psychology

According to the Law of Moses (cf. Lev 12:2-8), Mary, like any woman who has given birth, was to visit the temple to be declared legally pure by the priest: before that time it was not right for her to go into the temple or to touch the sacred things.

They go on their own initiative, beyond obedience to the law

Experts have observed that it was not prescribed that children be presented also at the temple on this occasion; however, this was the pious custom. Thus, Mary and Joseph bring Jesus to the temple on their own initiative, beyond obedience to the law, and show once again a genuine, free and creative personal attitude, and give a different, spiritually higher meaning, to the strictly prescribed ritual.

The legal aspect of the purification of women remains in the background and lets the sincerity and strength of their faith emerge, as well as the momentum of their hearts in the spontaneous encounter with the faithful who they met at the temple. Their behavior reminds us of their personal harmony, their joy and the dynamics of their personal relationship with God.

From a religious point of view, presenting their child at the temple signifies their devotion to God and their recognition that all creatures belong to him.

Such a meaningful gesture also has a deep and significant emotional impact upon the hearts of the parents, who are changing their relationship with their son.

It represents a further step in the development of their parental conscience, where the parent becomes aware that the son is not part of him, is not his property, but is another person with his individuality and his destiny. Naturally, it is a critical passage for mothers who need to respect the autonomy and individuality of a child, accept the rupture and transformation of the initial bond, made out of a sense of protection and security. In this detachment, as in a crucible, desire, which tends to be possessive, focusing on fusion to satisfy its spontaneous feelings, is transformed into something sublime.

This gesture makes the project of God the Son possible

This gesture shows their respect for the life of their Son (i.e. to the plan of God upon him in a religious aspect), and asks the mother to make a new development and spiritualization of her own identity and purpose in life. Through the invisible thread that guides Mary’s footsteps, we can see the pattern of the Mother of Jesus’ behavior taking shape. The religious aspects do not deny but seem to illuminate what happens on a psychological level during motherhood.

In fact, Mary’s motherhood does not end with the birth of Jesus but grows at every moment of her relationship with him.

Mary is always careful to recognize, in herself and in life, in the Temple and in the social community, the action of God.


Extract by F.Breynaert from : Maria Rosa Filzi Curtoni, "Maria di fronte alle parole di Simeone" in Theotokos 6 (1998), pp. 114-116.

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