Lc 2, 51 : L’incompréhension porte à la méditation

Lc 2, 19.51 : L’incompréhension porte à la méditation

Israël

La Sagesse est un don de Dieu (Sg 8,21 ; 9,17 ; cf. 1,5) c’est pourquoi l’homme ne pourra jamais la sonder entièrement :

« Car ses pensées sont plus vastes que la mer, ses desseins plus grands que l’abîme. »

(Sirac 24,23-27)

La Sagesse est sans limite, le commandement de Dieu ouvre une perspective large, infiniment large :

« De toute perfection j’ai vu le bout : combien large, ton commandement ! »

(Ps 119,96)

Rabbi Eliezer († vers 90) disait que même si toutes les mers étaient de l’encre et tous les hommes des scribes, cela ne suffirait pas pour écrire la Torah qu’il a appris. (1)

Et Rabbi Akiba : « De la Torah je n’ai pas capté plus que ce que capte celui qui sent un cèdre : il respire le parfum mais le cèdre ne perd rien. » (2)

C’est sur ce fond culturel que jaillit le cri de l’apôtre Paul :

« O abîme de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et ses voies incompréhensibles ! »

(Rm 11,33)

Marie

Pour Marie aussi, les projets de Dieu sont plus grands que ses propres pensées.

Lors des premières paroles que lui adresse l’ange Gabriel, il est dit :

« A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. »

(Luc 1, 29)

Ensemble avec Joseph, elle est étonnée des choses que Siméon dit de l’enfant :

« Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. »

(Luc 2, 33)

Quand Jésus eut douze ans, et qu’au bout de trois jours, « ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. A sa vue, ils furent saisis d’émotion… » (Luc 2,46). Avant de redescendre avec eux à Nazareth, Jésus leur dit: « Pourquoi donc me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père? » Et l’évangéliste ne craint pas d’affirmer :

« Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire. »

(Luc 2,50)

Il s’agit de la difficulté de pénétrer dans l’insondable profondeur de la personne et du mystère du Christ. Bien que la parole et le comportement de son Fils lui soit incompréhensible, Marie ne rejette rien de ses paroles et de ces évènements, mais elle s’y penche dans une méditation persévérante :

« Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur »

(Luc 2,51)

Sa foi est grande, douloureuse et heureuse :

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! »

(Jn 20,29)


Notes :

(1) Cantica Rabbah 1,3.1 ed. M. Simon, The Soncino Press, London 1977, 36

(2) Cantica Rabbah 1,3.1 ed. M. Simon, The Soncino Press, London 1977, 37


A. SERRA

(Marianum, Rome)

Cf. A. SERRA, Memoria e contemplazione (Lc 2,19.51b),

dans “Theotokos” VIII (2000), p. 821-859.

N.B. "Theotokos" : centro Mariano Monfortano, via Romagna, 44 – 00187 Roma.