Aparecida (Brésil) : discours de Benoît XVI

Aparecida, Benoît XVI à la conférence épiscopale

La V° Conférence générale de l'épiscopat latino-américain et des Caraïbes, s’est tenue au Sanctuaire de Notre-Dame d'Aparecida, patronne et Reine du Brésil. Cette Conférence générale a pour thème: "Disciples et missionnaires de Jésus Christ, afin que nos peuples aient la vie en Lui". Elle a été inaugurée le 13 mai 2007 par le pape Benoît XVI, qui parla ainsi :

« Il faut inévitablement parler du problème des structures, surtout de celles qui créent de l'injustice.

En réalité, les structures justes sont une condition sans laquelle un ordre juste dans la société n'est pas possible. Mais comment naissent-elles ? Comment fonctionnent-elles ?

Le capitalisme, tout comme le marxisme, promirent de trouver la route pour la création de structures justes et ils affirmèrent que celles-ci, une fois établies, auraient fonctionné toutes seules; ils affirmèrent que non seulement elles n'auraient pas eu besoin d'une moralité individuelle antécédente, mais que celles-ci auraient promu la moralité commune. Et cette promesse idéologique s'est révélée fausse. Les faits l'ont démontré.

Le système marxiste, lorsqu'il est arrivé au gouvernement, n'a pas seulement laissé un triste héritage de destructions économiques et écologiques, mais également une douloureuse oppression des âmes.

Et nous constatons également la même chose à l'ouest, où croît constamment la distance entre les riches et les pauvres et où se développe une inquiétante dégradation de la dignité personnelle à travers la drogue, l'alcool et les mirages de bonheurs trompeurs.

Les structures justes sont une condition indispensable pour une société juste, mais elles ne naissent pas et ne fonctionnent pas sans un consensus moral de la société sur les valeurs fondamentales et sur la nécessité de vivre ces valeurs avec les renoncements nécessaires, même contre son propre intérêt personnel.

Là où Dieu est absent - le Dieu au visage humain de Jésus Christ - ces valeurs n'apparaissent pas avec toute leur force, et l'on ne parvient pas à un consensus sur celles-ci.

Je ne veux pas dire que les non-croyants ne peuvent pas vivre une moralité élevée et exemplaire; je dis seulement qu'une société dans laquelle Dieu est absent ne trouve pas le consensus nécessaire sur les valeurs morales et la force pour vivre selon le modèle de ces valeurs, même contre ses propres intérêts. […]

En d'autres termes, la présence de Dieu, l'amitié avec le Fils de Dieu incarné, la lumière de sa Parole, sont toujours les conditions fondamentales pour la présence et l'efficacité de la justice et de l'amour dans nos sociétés.»


Benoît XVI, extraits du discours du 13 mai 2007, § 5, sur l’esplanade du sanctuaire d’Aparecida

www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2007

Chapitre : Le travail et les biens extérieurs