Le livre des Actes des Apôtres (Ac)

De saint Luc aux Actes des apôtres

Le livre des Actes des apôtres se présente explicitement comme le prolongement de l’évangile de saint Luc : « J'ai consacré mon premier livre, ô Théophile, à tout ce que Jésus a fait et enseigné. » (Actes 1,1). Il n’y a donc rien d’étonnant au fait de trouver des points communs entre les deux livres.

Les apôtres, à la suite de Jésus, annoncent une année de grâce (1).

Au seuil de sa mission, dans la synagogue de Nazareth, Jésus lit un passage d’Isaïe :

« L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur. »

(Luc 4, 18-19 = Is 61, 1-2a)

Tout l’évangile de saint Luc est ensuite le récit d’un récit du retour à la vue, de libération et de pardon, jusqu’à la mission donnée aux apôtres, une mission de pardon (Lc 24, 47).

Dans les Actes des apôtres, saint Pierre en fait un thème majeur,

Le jour de la Pentecôte :

« Pierre leur répondit: "Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit. »

(Actes 2, 38)

Et chez Corneille :

« C'est de lui que tous les prophètes rendent ce témoignage que quiconque croit en lui recevra, par son nom, la rémission de ses péchés. »

(Actes 10, 43)

De même saint Paul dans la synagogue d’Antioche :

« Sachez-le donc, frères, c'est par lui que la rémission des péchés vous est annoncée. L'entière justification que vous n'avez pu obtenir par la Loi de Moïse, c'est par lui que quiconque croit l'obtient. »

(Actes 13, 38-39)

Les apôtres, à la suite de Jésus, lumière des nations (2)

Dans la synagogue de Nazareth, le bref commentaire de Jésus sur Isaïe 61 avait provoqué un émerveillement puis un rejet.

Il en sera de même pour Paul et Barnabé dans la synagogue d’Antioche. Le rejet va les conduire à la décision de se tourner vers les nations. Selon les mots de Paul, cette décision est même un ordre divin : « Je t’ai établi lumière des nations pour que tu apportes le salut aux extrémités de la terre. » (Ac 13, 47, citation de Isaïe 49, 6).

Or, au seuil de l’Evangile de Luc, l’expression « lumière des nations » désigne Jésus dans la bouche de Siméon dont les yeux voient alors un « salut préparé à la face des peuples.» (Lc 2, 29-32).

Et dans la synagogue de Nazareth, Jésus est « envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue » (Lc 4, 18).

Ainsi, Paul et Barnabé sont associés à Jésus.

Dans l’évangile, Jésus est à la fois la lumière et celui qui l’annonce. Dans les Actes, les apôtres annoncent Jésus qui est la lumière.

Les apôtres, à la suite de Jésus, pour la chute et le relèvement d’un grand nombre.

Siméon annonce que Jésus sera un signe de contradiction, « pour la chute et le relèvement d’un grand nombre » (Lc 2, 34). Ces mots peuvent revenir à la mémoire du lecteur lorsque Jésus est chassé de la synagogue de Nazareth (Lc 4, 16-30) mais aussi tout au long des Actes des apôtres car le thème de la division en scande le récit. D’abord bien accueillie, la prédication rencontre ensuite des résistances (Ac 13, 13-52 … Ac 28, 24-31).

« Il appartient au destin du prophète, comme de Jésus, comme de Paul, d’être rejeté par les siens. Mais il n’appartient pas au prophète, ni à Jésus, ni à Paul, de rejeter ce peuple. » (3)


(1) Cf. Philippe LEONARD et Gérard BILLON, Pierre et Paul, lecteurs de l’Ecriture selon Luc, Cahier évangile n°128, juin 2004, p. 29-39, p. 33

(2) Cf. Philippe LEONARD et Gérard BILLON, Pierre et Paul, lecteurs de l’Ecriture selon Luc, Cahier évangile n°128, juin 2004, p. 29-39, p. 33-39

(3) Daniel MARGUERAT, La première histoire du christianisme, les actes des apôtres, « lectio divina » 180, Paris Genève, Le Cerf-labor et fides, 1999, 2° édition 2003, p 219


Synthèse F. Breynaert