Jésus né d'une femme (Ga 4, 4)

Né d'une femme pour nous diviniser

« (a) Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils,

(b) né d’une femme,

(c) né sujet de la loi.

(d) afin de racheter les sujets de la Loi,

(e) afin de nous conférer l’adoption filiale.»

(Ga 4,4-5)

«Né d’une femme» : l’assimilation aux autres hommes

Le parallélisme entre les deux modalités (a) « né d’une femme » et (b) « né sujet de la loi » permet de préciser leur orientation. Dieu a été placé «sous» la Loi, il a connu une situation de subordination. La 1e modalité ne peut pas prendre une direction inverse : elle s’abstient donc d’attirer l’attention sur ce qui distinguerait le Christ des autres hommes, mais exprime seulement son abaissement à leur niveau. Elle dit ce qu’il a de commun avec eux. «Né d’une femme» va dans le sens de l’assimilation aux autres hommes.

«Né d’une femme» : la descente de Dieu qui nous élève à l'adoption divine

La disposition de l’ensemble apporte une autre confirmation. D’un coté, en (b), le mouvement descendant du Fils de Dieu, qui est abaissé par sa naissance terrestre au niveau des enfants des femmes, êtres faibles et fragiles ; de l’autre coté, en (e), le mouvement ascendant qui, grâce à l’adoption, élève les enfants des femmes au niveau glorieux de la filiation divine. De ce point de vue aussi, la structure du texte exige en (b) le choix de l’expression humble « né d’une femme » et exclut, à cet endroit du texte, la mention du privilège que constitue la virginité de la mère.

Nous ne voyons pas que la conception virginale soit insinuée dans ce passage… Nous ajouterions que cette omission n’a rien d’étonnant, car elle est exigée par la perspective particulière qui est celle de Paul en ce passage. L’omission ne peut donc être invoquée comme argument contre la conception virginale.

Paul s’accorde sans difficulté avec la tradition des évangiles de l’enfance

Il y aurait plutôt lieu d’observer que la formulation utilisée par Paul s’accorde sans difficulté avec la tradition des évangiles de l’enfance, puisqu’elle présente le Christ comme le « Fils » de Dieu, d’une part, et comme «né d’une femme», d’autre part, sans faire aucune mention de paternité humaine. Dans le texte, les deux expressions «son fils» et «né d’une femme» se suivent immédiatement l’une l’autre.


VANHOYE A.
Extraits de : VANHOYE A., La Mère du Fils de Dieu selon Ga 4,4, in Marianum 40 (1978), pp.237-247., p. 241-243

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