Marie accomplit la promesse (Gn 3, 15)

De Eve à Marie

Dieu fit Alliance avec Adam et Eve dans le jardin du Paradis et leur donna un commandement, symbolisé par l'interdiction de manger de l'arbre de la connaissance (magique).

Le Serpent tenta et Eve désobéit. Ce fut alors la chute : "La femme vit que l'arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu'il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea." (Genèse 3, 6).

Les conséquences furent dramatiques. Mais Dieu, maudissant le serpent, formula une promesse:

"Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ton lignage et le sien.
Il t'écrasera la tête
et tu l'atteindras au talon."

(Genèse 3, 15)

Précisions sur la traduction de Genèse 3, 15

Le texte hébreu de Genèse 3, 15 parle de l'inimitié entre le serpent et la femme et entre la descendance des deux. Dans ces paroles adressées au serpent, le pronom personnel (hu'), « Il te meurtrira la tête » est au masculin.

Dans la traduction grecque utilisée dans l'Église ancienne (LXX), le pronom personnel (neutre : autosto sperma) ne peut toutefois pas renvoyer à la descendance mais doit concerner un individu masculin qui pourrait alors être le Messie, né d'une femme.

La Vulgate traduit (mal) l'expression par ipsa conteret caput tuum (« elle te meurtrira la tête »). Ce pronom féminin a appuyé une lecture du passage en référence à Marie, lecture qui est devenue traditionnelle dans l'Église latine.

Toutefois, la nouvelle Vulgate (1986) revient au neutre ipsum, qui renvoie à semen illius : « Inimicitias ponam inter te et mulierem et semen tuum et semen illius ; ipsum conteret caput tuum, et tu conteres calcaneum eius ».


Commission internationale anglicane - catholique romaine (ARCIC),

« Marie : grâce et espérance dans le Christ », 2 février 2004, note 4.

Jean Paul II : l'Incarnation accomplit la promesse de Gn 3, 15

Dans le dessein salvifique de la Trinité, le mystère de l'Incarnation constitue l'accomplissement suprême de la promesse faite par Dieu aux hommes après le péché originel, après le premier péché dont les effets pèsent sur toute l'histoire de l'homme ici-bas (cf. Gn 3, 15).

Voici que vient au monde un Fils, le «lignage de la femme» qui vaincra le mal du péché à sa racine même:

«Il écrasera la tête du serpent».

Comme le montrent les paroles du protévangile, la victoire du Fils de la femme ne se réalisera pas sans un dur combat qui doit remplir toute l'histoire humaine.

«L'hostilité» annoncée au commencement est confirmée dans l'Apocalypse, le livre des fins dernières de l'Eglise et du monde, où réapparaît le signe d'une «femme», mais cette fois «enveloppée de soleil» (Ap 12, 1).

Marie, Mère du Verbe incarné, se trouve située au centre même de cette hostilité, de la lutte qui marque l'histoire de l'humanité sur la terre et l'histoire du salut elle-même.

A cette place, elle qui fait partie des «humbles et des pauvres du Seigneur» porte en elle, comme personne d'autre parmi les êtres humains, la «gloire de la grâce» dont le Père «nous a gratifiés dans le Bien-aimé», et cette grâce détermine la grandeur et la beauté extraordinaires de tout son être.


Jean Paul II, La mère du Redempteur, § 11