L'Immaculée Conception selon saint Jean-Paul II (29 mai 1996)

Gn 3, 15 et l'Immaculée Conception (Jean Paul II)

Jean Paul II commente le verset :

Je mettrai une hostilité entre toi [le serpent satanique] et la femme,

entre ton lignage et le sien. Il t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon."

(Genèse 3, 15)

Dans un premier temps le pape fait remarquer que c'est la descendance de la femme qui atteint le serpent, en conséquence, l'Immaculée est victorieuse en vertu de son Fils.

Dans un second temps, il fait remarquer que l'hostilité entre la femme et le serpent satanique implique le fait que Marie soit totalement sans péché, immaculée conception.

Par la grâce du Fils

Parallèlement au récit de Luc de l'Annonciation, la Tradition et le Magistère ont indiqué le Proto-évangile (Gn 3, 15) comme source écrite de la vérité sur l'Immaculée Conception de Marie. Ce texte a inspiré, à partir de l'ancienne version latine: «Elle t'écrasera la tête », de nombreuses représentations de l'Immaculée qui écrase le serpent sous ses pieds.

Nous avons déjà eu l'occasion de rappeler précédemment que cette version ne correspond pas au texte hébreu, dans lequel ce n'est pas la femme, mais sa lignée, son descendant, qui écrase la tête du serpent, le texte n'attribue donc pas à Marie, mais à son Fils, la victoire sur Satan.

Toutefois, comme la conception biblique instaure une solidarité profonde entre un parent et sa descendance, la représentation de l'Immaculée qui écrase le serpent, non par sa propre vertu, mais par la grâce du Fils, est cohérente avec le sens original du passage.

L'hostilité entre la femme et le serpent indique que la femme est immaculée

Le même texte biblique proclame en outre l'hostilité entre la femme et son lignage, d'une part, et le serpent et sa descendance, de l'autre.

Il s'agit d'une hostilité expressément établie par Dieu, qui revêt une importance particulière si l'on considère le problème de la sainteté personnelle de la Vierge.

Pour être l'ennemie inconciliable du serpent et de sa descendance, Marie devait être exempte de toute domination du péché. Et cela, dès le premier moment de son existence. A ce propos, l'Encyclique "Fulgens corona", publiée par le Pape Pie XII, en 1953, pour commémorer le centenaire de la définition du dogme de l'Immaculée Conception, s'exprime ainsi:

« Si à un moment déterminé,

la Bienheureuse Vierge Marie avait été privée de la grâce divine, ayant été contaminée lors de sa conception par la tache héréditaire du péché,

entre elle et le serpent n'aurait plus existé cette inimitié éternelle

- tout au moins durant ce laps de temps, aussi court fut-il -

dont il est question dans la tradition primitive jusqu'à la définition solennelle de l'Immaculée Conception,

mais il aurait existé un certain asservissement. » (AAS 45 [1953], 579).

L'hostilité absolue établie par Dieu entre l'homme et le démon présuppose donc en Marie l'Immaculée conception, c'est-à-dire une absence totale de péché, dès le début de sa vie. le Fils de Marie a remporté la victoire définitive sur Satan et il en a fait bénéficier sa mère de façon anticipée, en la préservant du péché.

En conséquence, son Fils lui a accordé le pouvoir de résister au démon, en accomplissant ainsi dans le mystère de l'Immaculée Conception l'effet le plus important de son œuvre rédemptrice.


L'appellation «pleine de grâce» (Lc 1, 28) et le Protoévangile, en attirant notre attention sur la sainteté particulière de Marie et sur le fait qu'elle est totalement soustraite à l'influence de Satan, laissent deviner, dans le privilège unique qui lui est concédé par le Seigneur, le début d'un nouvel ordre, qui est le fruit de l'amitié avec Dieu et qui comporte, en conséquence, une hostilité profonde entre le serpent et les hommes.


Jean Paul II, audience du 29 mai 1996

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