L'Immaculée en lutte contre le mal selon saint Jean-Paul II (1987)

Jean Paul II : l’Immaculée en lutte contre le mal

10. La Lettre aux Ephésiens, parlant de la «gloire de la grâce» dont «Dieu et Père nous a gratifiés dans le Bien-aimé», ajoute: «En lui nous trouvons la rédemption, par son sang» (Ep 1, 7).

Selon la doctrine formulée dans des documents solennels de l'Eglise, cette «gloire de la grâce» s'est manifestée dans la Mère de Dieu par le fait qu'elle a été «rachetée de façon suréminente».

En vertu de la richesse de la grâce du Fils bien-aimé, en raison des mérites rédempteurs de celui qui devait devenir son Fils, Marie a été préservée de l'héritage du péché originel. [...]

11. Dans le dessein salvifique de la Trinité, le mystère de l'Incarnation constitue l'accomplissement suprême de la promesse faite par Dieu aux hommes après le péché originel, après le premier péché dont les effets pèsent sur toute l'histoire de l'homme ici-bas (cf. Gn 3, 15).

Voici que vient au monde un Fils, le «lignage de la femme» qui vaincra le mal du péché à sa racine même: «Il écrasera la tête du serpent».

Comme le montrent les paroles du protévangile, la victoire du Fils de la femme ne se réalisera pas sans un dur combat qui doit remplir toute l'histoire humaine.

«L'hostilité» annoncée au commencement est confirmée dans l'Apocalypse, le livre des fins dernières de l'Eglise et du monde, où réapparaît le signe d'une «femme», mais cette fois «enveloppée de soleil» (Ap 12, 1).

Marie, Mère du Verbe incarné, se trouve située au centre même de cette hostilité, de la lutte qui marque l'histoire de l'humanité sur la terre et l'histoire du salut elle-même.

A cette place, elle qui fait partie des «humbles et des pauvres du Seigneur» porte en elle, comme personne d'autre parmi les êtres humains, la «gloire de la grâce» dont le Père «nous a gratifiés dans le Bien-aimé», et cette grâce détermine la grandeur et la beauté extraordinaires de tout son être.

Marie demeure ainsi devant Dieu et aussi devant toute l'humanité le signe immuable et intangible de l'élection par Dieu dont parle la Lettre paulinienne: dans le Christ, «il nous a élus, dès avant la fondation du monde..., déterminant d'avance que nous serions pour lui des fils adoptifs» (Ep 1, 4. 5).

Il y a dans cette élection plus de puissance que dans toute l'expérience du mal et du péché, que dans toute cette «hostilité» dont l'histoire de l'homme est marquée.

Dans cette histoire, Marie demeure un signe d'espérance assurée.


Jean Paul II, Lettre encyclique Redemptoris Mater § 10-11